Le 28 août 2026
- Acteur : Julien de Saint Jean
- Festival : Festival du Film Francophone d’Angoulême 2026
Crédit photo : Julien de Saint Jean dans "Arrête avec tes mensonges" (2023) © TS Productions. Photo : Michael Crotto. Tous droits réservés / All rights reserved.
Nous avons échangé avec ce jeune talent déjà confirmé, membre du jury du Festival du Film Francophone d’Angoulême.
Membre du jury présidé par Franck Dubosc au Festival du Film Francophone d’Angoulême, Julien de Saint Jean n’a éludé aucun sujet à notre micro, de sa révélation dans Arrête avec tes mensonges à sa consécration dans Le comte de Monte-Cristo, sans oublier d’évoquer le production de la nouvelle version du Fantôme de l’opéra dans laquelle il incarne le rôle-titre.
Vous avez déjà eu l’occasion d’être membre d’un jury… notamment au Nikon Film Festival ou au Festival du Film Romantique de Cabourg. Comment vivez-vous ce genre d’expérience, qui demande une grande force de conviction et de persuasion ?
J’ai pu avoir des différends avec certains confrères ou certaines consœurs au cours de mes expériences de jury mais c’est toujours intéressant de se confronter aux avis des uns et des autres. Rien ne doit jamais se faire dans la force. Aucun des jurys auxquels j’ai participé n’a rendu de palmarès unanime. Ce qui m’excite à Angoulême, c’est qu’on y trouve des thématiques et des typologies de films très différents. Les membres de jury sont aussi issus de milieux et d’univers très différents. C’est très excitant. Avant, je craignais de ne pas être légitime. Mais tout spectateur est légitime à un endroit, notamment dans son ressenti personnel, qu’il ait les codes du cinéma ou pas.
Comment définiriez-vous votre cinéphilie ?
Je pense être un spectateur éclectique, même si je regarde davantage de films français aujourd’hui. Plus jeune, je découvrais surtout le cinéma américain. Puis je me suis laissé saisir par les univers d’Emmanuelle Bercot ou de Xavier Dolan.
Vous entretenez une relation particulière avec le Festival d’Angoulême où vous avez été révélé il y a quelques années.
Absolument ! C’était à l’occasion de la présentation de Arrête avec tes mensonges. C’était mon premier film, mon premier rôle au cinéma, mon premier festival… J’ai eu la chance d’être accompagné par un réalisateur fédérateur et une équipe soudée. Cela peut sembler évident, mais il est toujours préférable de réussir sa première expérience de cinéma. Sans quoi, cela peut être traumatisant et impacter votre parcours. Mon privilège, c’est d’avoir été accompagné par des metteurs en scène qui m’ont donné envie de faire encore plus de cinéma.
Aujourd’hui, après le triomphe du Comte de Monte-Cristo, que retenez-vous de cette expérience qui marquera probablement votre vie à jamais ?
C’était une aventure d’autant plus extraordinaire pour moi que je venais d’enchaîner une année entière à passer des castings mais sans en réussir un seul avant celui-ci (rires). Et d’un coup, me voilà à décrocher un tel rôle dans un tel film. Quel cadeau ! Le présenter à Cannes a également été l’accomplissement d’un rêve de gosse. Les deux réalisateurs ne nous ont jamais fait sentir qu’ils étaient à la tête d’un projet aussi lourd financièrement. Ils étaient si sereins et habités par leur vision. Pierre Niney m’a d’emblée accueilli avec bienveillance. Grâce à ce film, d’autres metteurs en scène ont souhaité travailler avec moi. Et j’ai eu la chance de retrouver Anamaria Vartolomei peu de temps après dans la série Merteuil.

- Julien de Saint Jean
- © Pathé Films
Vous dites que vous avez passé une année sans décrocher un rôle : comment vit-on des périodes professionnelles aussi complexes ?
Ce qui est difficile dans ce métier, c’est qu’on dépend toujours du désir des autres, que ce soit les auteurs, les réalisateurs, les spectateurs ou les financiers. Ce qui m’a sauvé, c’est que j’ai commencé à tourner alors que j’étudiais encore dans la classe libre du cours Florent. À tel point que j’avais déjà deux films à mon actif alors que je n’étais même pas encore diplômé. J’avais déjà amorcé quelque chose. Je n’ai pas été jeté dans le monde du travail sans aucune expérience. C’est toujours un peu vertigineux d’être confronté à l’absence de projets. Je le vis du mieux que je peux… même si cela m’angoisse parfois un peu. Je profite beaucoup mieux de mes « coupures » quand j’ai des tournages qui arrivent. C’est le cas actuellement.
Qu’avez-vous appris au cours de vos différentes formations ?
Au Conservatoire à rayonnement régional de Lyon, je pense avoir découvert la rigueur du travail et la liberté qu’on peut y trouver. Ensuite, à l’École supérieure d’art dramatique de Paris, j’ai surtout pris conscience de ce que je ne voulais pas faire (rires). Et enfin, à la classe Libre du cours Florent, j’ai découvert la force du groupe en rencontrant plein de camarades avec lesquels je rêve de pouvoir travailler un jour.
Comment avez-vous vécu votre non-nomination aux César pour Le Comte de Monte-Cristo… assez invraisemblable il faut le dire ?
C’est sûr que cela a été la douche froide, pour moi comme pour mon partenaire Vassili Schneider, car tout le monde pensait que nous serions nommés. C’est dommage, certes, mais d’un autre côté nous avons été révélés dans un film qui a été vu par dix millions de spectateurs. Alors autant dire que je m’en suis vite remis (rires) et je ne changerai rien à cette aventure.
Vous ne lâchez plus les projets d’envergure puisque vous serez prochainement à l’affiche du Fantôme de l’Opéra. Que pouvons-nous en attendre ?
Là aussi, c’est une expérience d’autant plus fantastique que j’ai toujours admiré les films américains d’une grande envergure, que ce soit des films fantastiques ou des purs divertissements. Le fantôme de l’opéra s’inscrit dans cette vision. Le réalisateur Alexandre Castagnetti a opté pour une adaptation très différente des précédentes. Celle-ci est hyper contemporaine et met davantage en avant la musique et la danse. Alexandre est un cinéaste très motivant, plein d’idées, et qui entretient un rapport horizontal avec ses comédiens, en nous intégrant à son processus de création. J’ai hâte de voir comment le film sera reçu mais ce sera un grand rendez-vous de cinéma. D’autant plus qu’il donne un aperçu inédit de l’opéra de Paris où nous avons tourné durant trois semaines entières.
Quelques mots sur vos projets en cours ou à venir ?
Je vais bientôt tourner le prochain film de Cédric Klapisch et je serai prochainement à l’affiche de Demande à la montagne, avec Pierre-Yves Cardinal et Emmanuelle Béart, puis dans Le cœur fou, aux côtés de Karin Viard et Camélia Jordana.
Propos recueillis par Nicolas Colle
Galerie photos
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