Le 10 janvier 2026
Un récit un peu trop millimétré pour raconter le destin méconnu mais cependant extraordinaire d’un homme hors du commun.
- Réalisateur : Jean-Paul Salomé
- Acteurs : Lolita Chammah, Camille Japy, Reda Kateb, Sara Giraudeau, Bastien Bouillon, Olivier Loustau, Quentin Dolmaire, Pierre Lottin, Vincent Poirier
- Genre : Drame, Historique
- Nationalité : Français
- Distributeur : Le Pacte
- Durée : 2h08mn
- Date de sortie : 14 janvier 2026
- Festival : De l’écrit à l’écran Montélimar 2025, Arras Film Festival 2025, Festival Jean Carmet - Moulins 2025, Festival Lumière Lyon 2025, FIFH (festival international du film d’histoire) Pessac 2025, Festival du film de Royan 2025
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Résumé : Jan Bojarski, jeune ingénieur polonais, se réfugie en France pendant la guerre. Il y utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l’occupation allemande. Après la guerre, son absence d’état civil l’empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions et il est limité à des petits boulots mal rémunérés… jusqu’au jour où un gangster lui propose d’utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets. Démarre alors pour lui une double vie à l’insu de sa famille. Très vite, il se retrouve dans le viseur de l’inspecteur Mattei, meilleur policier de France.
Critique : Après La daronne et La syndicaliste, Jean-Paul Salomé continue à s’intéresser au parcours incroyable de personnages marginaux et complexes. Inspiré de faits réels, à mi-chemin entre thriller psychologique et intrigue policière, le treizième long-métrage de ce réalisateur altruiste relate l’histoire d’un faux-monnayeur à l’âme d’artiste surnommé « Le Cézanne de la fausse monnaie ». En effet, les billets qu’il fabriquait en catimini dans la cabane de son jardin étaient plus beaux que ceux émis par la Banque de France.

- Copyright 2025 Guy Ferrandis - Le Bureau Films - Les Compagnons du Cinéma
Privilégiant la réalité à la fiction, le scénario reconstitue avec une précision méticuleuse d’une part les années d’après-guerre où la vie des femmes était encore confinée et d’autre part les procédés employés par notre fabricant de fausse monnaie. Tout est mis en œuvre pour recréer l’ambiance populaire d’antan, les décors (Lyon, Paris, Vichy), les costumes, les méthodes de travail. Une volonté documentaire qui a le mérite d’informer sans ambages sur la teneur d’une époque autant que sur l’ingéniosité de ce falsificateur aussi étonnant que discret mais dont la rigueur atténue toute forme d’émotion. Le jeu du chat et de la souris entre un Bojarski (Reda Kateb) en mal de reconnaissance et le commissaire Mattei (Bastien Bouillon) à la détermination sans failles élargit le champ d’action et nous emmène sur la piste du film policier avec juste assez de tension pour éveiller l’attention, sans toutefois forcer le trait. Ossature solide, ce duo dépareillé constitue la part la plus savoureuse du récit en nous servant une tranche pertinente du comportement humain, additionnée d’une dimension sociale intéressante.

- Copyright 2025 Guy Ferrandis - Le Bureau Films - Les Compagnons du Cinéma
Émigré polonais mis à l’écart de la société, Bojarski met son génie au service d’une cause illégale. Si aux yeux de la loi cela fait de lui un voyou, il n’en a pas l’étoffe. Cet être décrit comme doux et besogneux ressemble plus à un artiste qu’à un criminel. Ses diplômes n’étant pas reconnus, il se lance dans la fabrication de faux papiers, d’abord pendant la guerre pour rendre service. Puis, entre rencontres et nécessité de gagner sa vie, il devient faussaire. Une activité qu’il finit par considérer comme un art, lui qui s’applique à faire de ses billets des peintures. Derrière la trajectoire romanesque d’un artiste, aussi contestable que perfectionniste et besogneux, se dessine une forme de mépris dirigée vers tous les exilés européens (Espagnols, Italiens, Portugais) de l’après-guerre qui résonne encore de nos jours vis-à- vis de populations venues d’autres contrées. Face à lui, le commissaire Mattei est son exact opposé. Grand bourgeois, dandy élégant, policier méthodique et rigoureux, il est connu pour sa ténacité et son expertise. Pourtant, fasciné par la personnalité hors-norme de celui qu’il poursuit, il l’observe pendant quinze ans. Une lutte qui interpelle malgré une mise en scène trop sage.
Dans ce rôle d’homme replié sur lui-même, en mal de reconnaissance, Reda Kateb puise dans les tréfonds de son talent pour donner toutes ses lettres de noblesse à ce personnage en demi-teinte. Bastien Bouillon, bien loin des rôles qui lui ont été jusqu’à présent attribués, joue la carte de l’austérité tandis que Sara Giraudeau, délicieuse de réserve et de malice, apporte sa note de sensibilité et Pierre Lottin celle de l’amitié. Si la tiédeur de la réalisation bride l’enthousiasme, ce film présente l’avantage de mettre à jour un pan méconnu de notre Histoire à travers le parcours d’un homme qui symbolise toute la complexité de la nature humaine.
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