Le 21 août 2026
- Scénariste : Eric Stalner>
- Dessinateur : Eric Stalner
- Genre : Action
- Editeur : Grand Angle
- Famille : BD Franco-belge
- Date de sortie : 2 septembre 2026
Eric Stalner écrit et dessine cette histoire qui se déroule au dix-huitième siècle, évoquant dans un récit d’action les tensions entre catholiques et protestants et la tyrannie d’un bourgeois qui se croit au-dessus des lois, surnommé l’Ogre.
Résumé : {Le fils de l’ogre} commence dans les Cévennes, en 1743. Au cœur de la nuit, un couple d’aristocrates endormi surprend un mystérieux homme en noir. Il est armé et cherche leur argent. Le mari prétend ne rien avoir, mais la femme propose un marché, si elle révèle où ses richesses sont cachées, en échange, le voleur tue son époux...
Critique : Eric Stalner nous raconte une traque au cœur des Cévennes. Le voleur qui entre en scène au début du récit se retrouve pourchassé par l’Ogre, un riche bourgeois qui a la région a sa botte. On se retrouve face à une inversion des valeurs, celui qui enfreint la loi a un caractère juste et noble, alors que l’aristocrate au pouvoir ne respecte aucune règle, ne suit aucune morale et recourt sans hésitation au meurtre pour arriver à ses fins. Deux hommes que tout oppose se pourchassent donc jusqu’au dénouement final.
Si le voleur colle à l’archétype du brigand au grand cœur, mais qui le cache, son antagoniste est un peu plus touffu. L’Ogre subit la pression familiale et il ne parvient à s’en libérer qu’en exerçant une pression encore plus dure sur les autres. Son entourage suit par peur, ou simplement parce que leur patron paye bien. Eric Stalner partage les pensées de ses personnages avec le lecteur, par l’intermédiaire d’une troisième voix omnisciente. On découvre les émotions du voleur et de l’ogre.
Le conflit central est axé sur ces deux hommes, ils sont entourés chacun de personnages secondaires qui renforcent l’intérêt du récit. Amie fidèle, garde du corps honorable, on découvre au fil de l’histoire leur caractère qui s’avère moins simple qu’il n’y paraît. Mais la grande histoire est là puisque les tensions entre catholiques et protestants ont un rôle important et favorise l’oppression exercée par l’Ogre.
© Eric Stalner / Grand Angle
Au dessin, on retrouve le trait fin et semi-réaliste de Eric Stalner, qui nous offre une galerie de visages inoubliables. La dynamique des corps en mouvement nous entraînent dans l’histoire. Les décors de forêts magnifiques, de riches demeures, de villages provinciaux dessinés d’un trait précis sont rehaussés par les couleurs. Les feuilles qui volent au vent, les tentures lourdes, les colombages des maisons, les vieux corps de ferme, sans oublier les costumes, tout nous immerge dans cette fin de dix-huitième siècle. La nuit presque noire nous rappelle que sans éclairage, à l’époque, il ne reste que la lune, avec un peu de chance, pour voir son chemin. La composition variée nous offre de beaux dessins pleine page, des cases avec une mise en scène nerveuse et des arrêts sur les expressions joyeuses ou apeurées des personnages. Cette BD se termine sur une fin ouverte et l’on se demande ce que réserve l’avenir à ces personnages.
Le fils de l’ogre nous raconte une histoire de chasse à l’homme au dix-huitième siècle, un conflit latent entre deux individus aux valeurs opposées.
104 pages – 19,90 €
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