Le 25 septembre 2026
- Acteur : Marina Vlady
- Voir le dossier : Nécrologie
Marina Vlady a illuminé plusieurs décennies du cinéma français et européen. De Delannoy à Ferreri ou Tavernier, elle a tourné avec des cinéastes aux univers très divers, qui ont su mettre en valeur son talent et son charme slave.
News : Marina Vlady mérite mieux que des accroches réductrices, la cantonnant à « l’actrice primée à Cannes en 1963 », à une « comédienne franco-russe » — ce qu’elle n’était pas — ou à « l’ex-épouse de Robert Hossein ». Sa carrière, surtout féconde des années 1950 aux années 1980, lui a permis de se confronter à des univers différents, sous la direction de cinéastes importants, même si sa filmographie comporte aussi quelques titres mineurs (mais quel acteur échappe à la règle ?). Sa beauté slave, sa voix musicale et un réel tempérament dramatique ont suscité l’admiration du public, et ce dès ses débuts à l’écran.
Née à Clichy de parents émigrés russes, Marina Vlady est l’une des quatre sœurs Poliakoff, avec Olga Varen, Odile Versois et Hélène Vallier. Toutes quatre se sont tournées vers le monde artistique.
Elle débute au cinéma en 1949 et tourne rapidement plusieurs productions, entre Paris et Cinecittà. André Cayatte est le premier à mettre en avant son réel talent avec le drame judiciaire Avant le déluge, en 1954, où elle incarne une adolescente délinquante. La même année, elle est tête d’affiche du film italien Jours d’amour de Giuseppe De Santis. La jeune fille devient alors une vedette des années 1950 et constitue le meilleur atout de films tels que Les salauds vont en enfer (1956) de Robert Hossein et La sentence (1959) de Jean Valère. Un cinéma parfois académique qui lui vaut de remporter un grand succès avec La princesse de Clèves (1961) de Jean Delannoy.
Dans les années 1960, Marina Vlady est l’une des actrices françaises les plus sollicitées dans le cinéma européen. En France, elle est à son avantage dans Adorable menteuse (1962) de Michel Deville et Les bonnes causes (1963) de Christian-Jaque, tandis que Marco Ferreri utilise son image de façon plus subversive avec Le lit conjugal, qui lui vaut, la même année, le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes. Elle se meut ensuite avec bonheur dans l’univers de Godard pour Deux ou trois choses que je sais d’elle (1967) et confirme sa volonté de jouer dans un cinéma d’auteur ouvertement militant avec le méconnu Le temps de vivre (1969) de Bernard Paul. La même année, elle collabore avec Miklós Jancsó pour Sirocco d’hiver.
Dans les années 1970 et 1980, la comédienne ralentit le rythme des tournages. On la remarque en complice de Jean Yanne dans Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (1972), en épouse de Michel Piccoli dans Sept morts sur ordonnance (1975) de Jacques Rouffio, en noble libertine dans Que la fête commence (1975) de Bertrand Tavernier ou, plus tard, en ouvreuse nostalgique dans Splendor (1989) d’Ettore Scola. D’autres cinéastes la sollicitent, à l’instar de Luigi Zampa, Márta Mészáros et Fernando Solanas.
Marina Vlady a également été active dans l’écriture et à la télévision, notamment dans La chambre des dames (1983), tout en poursuivant une importante carrière théâtrale. Elle fut notamment resplendissante dans La Mouette de Tchekhov, mise en scène par Georges Wilson en 1999. De plus en plus présente sur le petit écran à partir des années 1980, elle y apparaît encore dans les années 2000 et 2010. Elle revient au cinéma en 2010 avec Quelques jours de répit, d’Amor Hakkar, et tient un dernier rôle à l’écran dans un téléfilm diffusé en 2018.
Marina Vlady est décédée le 24 septembre 2026, à l’âge de 88 ans.
Galerie photos
aVoir-aLire.com, dont le contenu est produit bénévolement par une association culturelle à but non lucratif, respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. Après plusieurs décennies d’existence, des dizaines de milliers d’articles, et une évolution de notre équipe de rédacteurs, mais aussi des droits sur certains clichés repris sur notre plateforme, nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe. Ayez la gentillesse de contacter Frédéric Michel, rédacteur en chef, si certaines photographies ne sont pas ou ne sont plus utilisables, si les crédits doivent être modifiés ou ajoutés. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.


































