Les herbes folles - la critique

Haute voltige

Le 16 décembre 2013

Nouvelle fantaisie et nouvelle réussite pour l’inusable Alain Resnais. Un grand souffle de liberté jouissif qui dépoussière le cinéma français.

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Vos avis

  • 9 octobre 2009, par Norman06

    Les Herbes folles n’est même pas un « grand film malade », pour reprendre l’expression de Truffaut : c’est une œuvre mineure manquée, semblable aux ratages des derniers Renoir (Le Testament du docteur Cordelier), Clair (Les Fêtes galantes) ou Chabrol (Bellamy). Si Resnais est un metteur en images fantastique, il n’a jamais été meilleur que lorsqu’il a collaboré avec des scénaristes inspirés, tels Marguerite Duras, Jorge Semprun, sans oublier Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri dont la verve des dialogues n’était pas pour rien dans la réussite de On connaît la chanson. Certes, un ouvrage littéraire moyen peut aboutir à un film magistral (c’était le cas de Mélo) . Mais ici, le matériau littéraire est de trop piètre qualité, au même titre que la pièce de théâtre dont Cœurs était l’adaptation. Seulement, dans cet avant-dernier opus, le montage de Hervé de Luze et la photo de Eric Gautier créaient malgré tout une certaine sensation de virtuosité et de maîtrise. Ici, on attend en vain la flamme (ou à défaut l’étincelle) qui permettrait au film de décoller. On sait par ailleurs que l’humour n’est pas ce que Resnais réussit le mieux, à moins de recourir à un second degré distancié (l’opérette Pas sur la bouche). Ici , le non marivaudage tourne aussi à vide que le burlesque des séquences contemporaines de La Vie est un roman ou la fantaisie de I want to go home.

  • 10 novembre 2009, par Frédéric de Vençay

    "Les herbes folles" signe le retour en grande forme d’Alain Resnais : après l’atone "Coeurs", c’est le meilleur film du cinéaste depuis longtemps. Le film scrute l’humain et la romance dans ses élans fous, parfois inquiétants, toujours surprenants. Resnais, en bon surréaliste, veut nous faire ressentir (et non nous faire voir) cette série d’affects, et y parvient, avec une fantaisie et une liberté rares, grâce à tout une foule de procédés cinématographiques utilisés intelligemment : mouvements de caméra, usage de la musique et de la bande-son, effets de surimpression, cuts violents, doux ralentis qui suspendent le temps, voix-off délicieuse d’Edouard Baer... Sans désir de rationnaliser, on se laisse emporter avec plaisir, surtout au début, un peu moins vers la fin ; le radicalisme de Resnais est parfois un peu inutile, voire agaçant (le final en queue de poisson, avec les fameuses "croquettes"), mais donne lieu à de purs instants de grâce (le vol en avion comme image de l’explosion sensuelle, ou la scène de la première rencontre à la sortie d’un cinéma).
    Que dire de plus ? Ah oui : Dussollier, dans l’un des meilleurs rôles de sa carrière (drôle, terrifiant, touchant, cruel, amoureux, merveilleux, mystérieux... on ne sait jamais comment le cerner), est tout simplement extraordinaire

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