Le 10 juillet 2026
En revisitant le mythe de Robin des Bois, Michael Sarnoski crée une œuvre sombre et fascinante, malgré des longueurs et des bavardages un peu inutiles.
- Réalisateur : Michael Sarnoski
- Acteurs : Hugh Jackman, Bill Skarsgård, Noah Jupe, Jodie Comer, Murray Bartlett, Faith Delaney
- Genre : Drame, Aventures, Action, Thriller
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Metropolitan FilmExport
- Durée : 2h02mn
- Titre original : The Death of Robin Hood
- Âge : Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
- Date de sortie : 1er juillet 2026
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Résumé : Hanté par son passé après une vie de crimes et de violence, Robin des Bois est laissé pour mort à l’issue d’un combat qu’il pensait être le dernier. Recueilli par une femme mystérieuse, il se voit offrir une ultime chance de rédemption…
Critique : Quand on pense à Robin des Bois au cinéma, la référence à Disney est évidente, avec ces personnages hauts en couleur et en bonhomie, à commencer par l’astucieux renard épris de justice sociale et son acolyte de toujours, le gros ours Petit Jean. Ici, le point de vue est très différent. Robin des Bois est un homme avancé en âge, qui n’éprouve aucune compassion et sème la terreur dans les contrées où il sévit en tant que gangster. Aujourd’hui, on l’assimilerait à un terroriste qui ne recule devant aucune cruauté pour assouvir sa pulsion meurtrière. Le film s’ouvre d’ailleurs sur le massacre d’une jeune fille partie à sa recherche, déterminée à venger une famille décimée.

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On l’appelait Robin des Bois s’affiche comme un film sombre, d’une violence implacable, à la limite du gore. Les massacres que le héros engendre avec son compagnon Petit Jean ne reculent devant aucune forme de torture physique et mentale. Michael Sarnoski n’est plus un inconnu depuis Pig et surtout Pas un bruit : Jour 1 dont l’appartenance au genre horrifique est incontestable. Le cinéaste se plaît à filmer les visages transpercés de flèches et les scènes de barbarie qui semblent parfois sorties d’une série Z. On n’est pas devant un monstre sanguinaire digne d’un film de Wes Craven, mais le thriller sanguinolent n’est jamais très loin, au moins dans la première partie du film.
En effet, toute la deuxième partie s’ingénie à raconter le chemin de transformation et de repentir du célèbre voleur. Robin des Bois, après avoir échappé à la mort, se retrouve dans un village où il est recueilli par femme aux allures de religieuse, réputée pour ses talents de guérisseuse. Ainsi, le long-métrage raconte le parcours de rédemption d’un homme qui va tenter d’instituer le crime comme un geste de réparation des injustices sociales. Il y a quelque chose d’une figure christique dans ce personnage, proche du parcours d’un François d’Assise, passé d’une vie de jouissances à une existence monastique et dépouillée. Mais la comparaison avec le saint s’arrête là, avec l’ombre d’un homme qui ne cesse de se remémorer les crimes qui ont été les siens.

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La qualité première d’On l’appelait Robin des Bois est sa capacité à détourner un mythe qui traverse l’imaginaire des enfants depuis toujours. Pour autant, le film souffre de longueurs qui parfois ne parviennent pas à maintenir le spectateur en haleine. La complaisance du réalisateur à faire jaillir le sang et à décrire des scènes de barbarie complètes desservent en quelque sorte l’intérêt de cette histoire, censée décrire le parcours de rédemption d’un homme. La fin est très belle, avec l’aveu qu’il fait à ses proches et la mort qui le saisit. Elle sauve complètement un récit qui aurait pu laisser le goût amer d’un acharnement pervers de la part du réalisateur à décrire la gratuité du mal.
Hugh Jackman est très convaincant dans le rôle de ce macabre héros vieillissant, rongé par la colère. Il s’agit sans doute de l’un de ses meilleurs rôles de composition, l’acteur nous ayant habitués à une filmographie souvent dominée par les productions populaires, pour ne pas dire parfois inégale. Voilà donc un film d’un abord assez difficile, mais qui parvient non sans talent à réécrire un mythe à travers une figure sombre et âpre, en quête d’une existence nouvelle, débarrassée des démons qui la hantent.
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