Le 26 octobre 2026
- Réalisateur : Rudi Rosenberg
- Distributeur : Ad Vitam
- Festival : Festival du Film Francophone d’Angoulême 2026
– Sortie en salles : 28 octobre 2026
Nous avons échangé avec le réalisateur lors de sa venue au Festival du Film Francophone d’Angoulême où son très beau film était présenté.
Onze ans après Le Nouveau, Rudi Rosenberg revient au cinéma avec un deuxième long métrage tout en sensibilité et dont il nous dévoile les coulisses.
Votre film aborde tellement de thématiques : l’adolescence, la famille, les relations parents-enfants, et par le prisme de l’émotion et de l’humour… D’où la question : quelle était votre désir d’origine ?
À l’origine, mon moteur très profond, c’était de rendre hommage aux mamans. Initialement, je pensais raconter l’histoire d’une petite fille qui cherche son père. Mais finalement, le film est devenu un hommage aux mères en général et à cette mère célibataire en particulier, qui se bat, fait ce qu’elle peut, et offre tout son amour à ses enfants.
Comme je le disais, le film est à la fois drôle, délicat, subtil et émouvant. Cela vous tenait à cœur de brasser toutes ces émotions ?
Absolument même si je tenais à ce qu’il y ait davantage d’émotion dans ce film que dans mon précédent, Le Nouveau, qui était vraiment une pure comédie sur la nostalgie des années collège. Ici, l’histoire est plus dramatique. J’avais donc besoin d’y injecter de la comédie, notamment par pudeur, car j’aime faire un pas de côté afin que les spectateurs ne soient pas pris en otage dans l’émotion. Cela fait du bien d’affronter les épreuves avec l’humour, une arme redoutable.

- Copyright Chi Fou Mi Productions
Sans spoiler quoi que ce soit, ce qu’il y a de beau ici à travers le parcours de cette adolescente, c’est qu’en cherchant son père… elle trouve sa mère !
C’est autant l’histoire d’une enfant qui cherche son père que d’une enfant qui ne voit pas l’amour de sa mère, de son frère, de sa meilleure amie, de son chien. C’est de cela dont parle le film. L’être humain est attiré par les choses qui lui résistent et ne voit pas ce qui est important, inconditionnel, acquis, et donc précieux.
Autre chose importante : elle a besoin d’aller au bout de sa démarche. Après quoi, elle a comme un déclic et passe à autre chose…
Et c’est quand elle lâche prise que beaucoup de choses peuvent se résoudre et que bien des nœuds se dénouent. L’un des sujets du film, c’est aussi l’obsession. Son attitude est parfois limite… mais c’est parce qu’elle souffre et qu’elle a besoin de se libérer.
Cette histoire vous est-elle personnelle ?
Absolument pas. Je voulais simplement raconter quelque chose d’universel. En l’occurrence, la quête des liens du sang est universelle. Et en même temps, le film montre qu’il n’y a pas que les liens du sang qui comptent. Nous rencontrons parfois des personnes qui nous apportent bien davantage que des membres de notre propre famille.
Que pouvez-vous dire sur votre collaboration avec Hafsia Herzi, absolument parfaite dans ce rôle de mère louve ?
Elle compose un personnage à la fois fort et fragile mais tout en sobriété. Elle dégage une forme de mystère mais tout en retenue. À l’écriture, son rôle était très différent de ce qu’elle en a fait et elle avait raison car son personnage a gagné en profondeur et perdu en excentricité. Les enfants aussi ont apporté une sensibilité inouïe.

- Copyright Chi Fou Mi Productions
J’ai entendu dire que votre producteur, Hugo Sélignac, avait été très précieux dans l’aboutissement du projet et l’avait même sauvé…
En effet car nous avons eu un dépassement financier assez lourd. Tourner avec des enfants implique de réduire les prises de vues quotidiennes et d’étaler le tournage sur la durée. Nous ne pouvions pas tourner de nuit non plus. Dès lors, nous avons été contraints de construire le décor de l’appartement en studio. Cela a engendré des coûts importants. Mais Hugo a tenu à aller jusqu’au bout et a remis de l’argent sur la table alors qu’il aurait pu tout perdre : je ne l’en remercierai jamais assez.
Un dernier aspect : j’avais vraiment apprécié votre premier film, Le Nouveau, sorti en 2015. À tel point que j’attendais votre film suivant… qui aura donc mis plus de dix ans à se concrétiser. Comment l’expliquez-vous ?
Tout simplement parce que je n’avais pas d’inspiration. J’ai donc travaillé dans la publicité avec l’agence Romance, en charge des publicités pour Intermarché. C’était comme réaliser des courts métrages. J’y ai pris beaucoup de plaisir tant ils m’ont offert un super cadre de création. Cela dit, j’ai attendu dix ans pour faire mon deuxième film, mais je tourne mon troisième très prochainement. Vous n’aurez donc pas à attendre aussi longtemps cette fois (rires).
Propos recueillis par Nicolas Colle
Galerie photos
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