Critique

CINÉMA

Seven swords - la critique

Jeu des sept épées

Le 16 décembre 2010

La virtuosité formelle de Tsui Hark ne suffit pas à compenser l’indigence du script. Déception !

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spip-bandeau
  • LiMuBai 10 août 2006
    Seven swords - la critique

    STAIRCASE

    Tsui Hark, considéré par Quentin Tarantino comme le plus grand réalisateur du monde, est l’un des cinéastes les plus importants de Hong-Kong et il le prouve en menant SEVEN SWORDS, un projet à l’ambition démesurée. L’histoire est basée sur le roman « Les Sept Epées de la montagne Tian » de Liang Yu Sheng et fait penser aux SEPT SAMOURAIS d’Akira Kurosawa. La naissante dynastie Ching interdit les arts martiaux en Chine et engage une armée de mercenaires pour écraser les villages qui essaieraient de se rebeller. Une communauté arrive toutefois à rallier sept guerriers retirés dans les montagnes, chacun affublé d’une épée particulière. Tsui Hark ne recherche pas à trouver un scénario original mais, ayant vu le film de sabre coréen SWORD IN THE MOON, il a eu envie de revenir aux bases la tradition du wu xia pian, en se référant à son film culte THE BLADE, désastre commercial considéré par beaucoup de ses fans comme le film de sabre ultime caractérisé par une utilisation des câbles avec retenue et parcimonie et des combats réalistes allant ainsi à contre courant des réalisations wu xia pian produites ces derniers temps (on pense immédiatement à TIGRE ET DRAGON, HERO ou encore LE SECRET DES POIGNARDS VOLANTS).

    SEVEN SWORDS s’inscrit pleinement dans la continuité dans l’œuvre des bons films de Tsui Hark. On notera que l’esthétique est bien au rendez-vous et ce dès les premières scènes. L’alternance de couleurs chaudes ou froides habilement mises en valeur par une utilisation impeccable des filtres, la beauté des paysages naturels ou du fort des mercenaires ou encore la virtuosité des combats magnifiés par la présence des sept épées fantastiques et l’utilisation des câbles avec parcimonie sont les marques de fabrique du film et des atouts indéniables du métrage. La musique de Kenji Kawaï fait preuve tantôt une force inattendue tantôt d’une certaine poussivité ; de ce fait la bande sonore s’en trouve inégale. Côté casting, Tsui Hark a, un peu à la manière de LEGEND OF ZU, su s’entourer de stars du cinéma local comme Donnie Yen, Leon Lai ou Charlie Young, casting certes prestigieux mais malheureusement pas totalement convaincant car, si les prestations martiales sont indéniablement réussies (merci Liu Chia-Liang), les passages dramatiques demeurent parfois assez froids, la faute à des acteurs pas toujours totalement impliqués ou dépassés par la force dégagée par leur personnage mythique et leurs armes fantastiques. On pourra de plus regretter que Donnie Yen soit quelque peu sous exploité mais agréablement surpris par la prestation de haute volée de Sun Honglei dans le rôle de Ravage, chef des mercenaires. L’apparence bestiale de ces derniers reste d’ailleurs une des réussites de SEVEN SWORDS, leurs armes invraisemblables, leurs looks sombres et inhumains tout droit sortis de tout contexte temporel, leur sauvagerie et leur avidité en tant que défense contre l’existence sans lendemain que leur propose les Puissants du royaume ajoutent une dimension héroïc fantasy assez jouissive et bienvenue.

    L’univers voulu par Tsui Hark est extrêmement riche et il est un peu décevant de voir que seules de vagues bases nous sont présentées : le contexte politico-historique brutal et chaotique est survolé, les personnages parfois difficilement différenciables sont à peine présentés et on peut avoir du mal s’attacher à eux malgré les triangles amoureux présents dans l’histoire et malgré la lutte du Bien contre le Mal, la défense des faibles et la lutte contre l’injustice qu’ils symbolisent durant 2 h 25 minutes. Néanmoins, ils dégagent, un mystère, une fascination, une assurance et une impassibilité peut-être voulue par le réalisateur et propre à leur personnalité mystique et c’est ce qui m’a paru être lors d’un second visionnage. C’est peut-être pour cette raison que Tsui Hark a choisi d’évoquer uniquement leur passé de manière brève lors des combats de sabre finaux.

    Tsui Hark aurait dû éviter les nombreuses coupes qu’il s’est ou qu’on lui a imposées. La richesse du récit aurait amplement mérité un traitement de 4 heures comme nombre de rumeurs l’ont évoqué ci et là. Toutefois, ne boudons pas notre plaisir, les quelques imperfections évoquées ne suffisent pas à diminuer la valeur intrinsèque de SEVEN SWORDS car même si ses défauts l’empêchent d’être considéré comme une œuvre incontournable et qu’il a pu décevoir les plus fervents admirateurs du Maître (qui venait quand même de tourner BLACK MASK 2 et LEGEND OF ZU), il faut bien reconnaître que SEVEN SWORDS s’impose comme un excellent wu xia pian du XXIème siècle, un wu xia pian peut-être vidé en partie de la spontanéité, de la fraîcheur et de la naïveté du cinéma de Hong-Kong d’hier mais pourtant représentatif d’un cinéma plus mature que j’espère déclencheur de nombreuses autres heures de spectacle brut et spectaculaire de cette qualité. Merci M. Tsui Hark. J’attends la suite avec impatience.

  • alinea 6 avril 2007
    Seven swords - la critique

    Une "boucherie" en 1660... Cette adaptation du roman Les 7 Epées de la montagne Tian, est d’une rare violence. Entre rupture de ton et de rythme, mise en scène théâtrale manquant de simplicité et sentiments simples et justes... le spectateur est balladé. Les combats (âmes sensibles, s’abstenir !) sont superbement filmés avec forces et détails. Hark s’attarde davantage sur les armes que sur les guerriers mais l’hémoglobine est omniprésente. Les acteurs rivalisent de charme et de vengeance inassouvie. Un monde très "asiatique", rempli de héros sacrifiés et de pauvres femmes faibles et soumises (c’est tjs la même histoire !) Les rebondissements sont sans surprise mais l’univers particulier est prenant et les images superbes. Les détails (coiffures, habits, armes...) sont soignés bien que j’ai trouvé le montage confus. Certaines lenteurs outre les 2h20 de film, et une lumière trop sombre à mon goût (quasi noire et blanche)Sinon, l’ensemble est stylé et la musique colle parfaitement et les paysages laissent rêveur.

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