Le 22 mai 2026
Cette histoire d’amour entre deux soldats sur fond de Première guerre mondiale demeure une véritable déception par rapport aux deux premiers longs-métrages de Lukas Dhont couronnés à Cannes.
- Réalisateur : Lukas Dhont
- Acteurs : Valentin Campagne, Emmanuel Macchia, Jonas Wertz
- Genre : Drame, Historique, Romance, Musical, LGBTQIA+
- Nationalité : Français, Belge, Néerlandais
- Distributeur : Diaphana Distribution
- Durée : 2h00mn
- Festival : Festival de Cannes 2026
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– Festival de Cannes 2026 : Sélection officielle, En compétition
Résumé : 1916. Première guerre mondiale. Front belge. Pierre vient de rejoindre les troupes, impatient de faire ses preuves. Derrière les lignes, dans l’équipe de ravitaillement en vivres et en matériel, Francis organise des spectacles pour maintenir le moral des soldats. Alors que les combats font rage, chacun tente d’échapper à la brutalité de la guerre, ne serait-ce qu’un instant.

- © 2026 Festival de Cannes
Critique : La Première guerre mondiale est un sujet intarissable pour les cinéastes du monde, et l’un des plus mémorables demeure 1917 de Sam Mendes avec ce plan-séquence exceptionnel de plus de deux heures. Le cinéaste talentueux de Girl et Close s’aventure sur le terrain de l’arrière-fond des tranchées, cet endroit où les militaires n’étaient pas confrontés directement à la bataille mais avaient pour mission de récupérer les corps mutilés sur le champ de bataille. Aussi, pour agrémenter le quotidien des combattants, un petit groupe s’organise et se met à élaborer des spectacles de cabaret. C’est dans ce contexte que naît une histoire d’amour entre Pierre, le militaire engagé, et Francis, le boute-en-train de la troupe.
C’est tout de même une drôle d’idée que d’imaginer une romance sur le terrain boueux et macabre des tranchées. On imagine aisément que ce type d’histoire ait pu se réaliser en vrai, mais le mettre en scène dans un film de deux heures apparaît comme un projet risqué. Le réalisateur emprunte tous les artifices d’un cinéma romantique avec des acteurs plus que charmants, dont les personnages nouent des amours et s’étreignent. La triste vérité de cette époque, c’est que la très grande majorité des soldats partis au combat ne sont jamais revenus d’une boucherie historique, ce qui leur a laissé peu de temps voire aucun pour vivre des flirts.

- © 2026 Diaphana Films. Tous droits réservés.
Le film est très joli en soi. L’amour qui se tisse entre les deux garçons est très beau ; mais en toute franchise, un tel sujet au milieu du charnier qu’a été la Première guerre mondiale n’a pas de sens. En plus, le récit se heurte à des invraisemblances de taille comme ce spectacle encouragé par les autorités pour remonter le moral des troupes et qui circule de lieux en lieux, ou la possibilité laissée aux jeunes gens de dormir dans de bons lits, pendant qu’à côté d’eux des blessés souffrent le martyr. Cette complaisance du réalisateur est une faute de goût évidente qui pourra heurter.
Lukas Dhont en rajoute dans la démonstration romanesque. Il accompagne son histoire d’une musique symphonique censée accentuer le drame qui se joue sur l’écran. L’effet produit est le contraire. Le spectateur se lasse de ces grandes joutes mélodramatiques, absolument pas à la hauteur du traumatisme laissé par la guerre. Il se crée une dissonance quasi insupportable entre la guerre et ses morts, et le romantisme guilleret de cette histoire d’amour. Rajoutons qu’à l’époque l’homosexualité était réprimée, ce qui ne semble pas du tout le sujet dans le film. Lukas Dhont, dont Close était d’une très grande force, verse dans un romantisme assez malvenu, à l’inverse même de ses talents de conteur incisif qui caractérisaient ses œuvres précédentes. Les acteurs font consciencieusement le job, avec leur beau visage lisse et angélique, là où on imagine dans le contexte de guerre des figures fatiguées, salies par le sang et la boue.
Il n’est pas contestable que Coward aura des défenseurs passionnés. Pour notre part, nous préférons attendre le prochain long-métrage de Lukas Dhont, dont on espère qu’il retrouve l’éclat rageur de Girl et Close.
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