Critique

CINÉMA

Dead man’s shoes - la critique + test DVD

Le 1er mai 2015

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Le choix du rédacteur

  • Frédéric Mignard 23 septembre 2009
    Dead man’s shoes - la critique + test DVD

    Dead man’s shoes avec son titre et sa promo britannique assez violente promettait une œuvre choquante et viscérale. Pourtant, loin du shocker gore traditionnel d’Outre-Manche, cet inédit dans nos salles sorti en DVD en mai dernier cherche son inspiration dans la misère sociale du cinéma de Ken Loach, pour raconter une histoire de vengeance sordide, enracinée dans un drame de paumés. Quelques acides, des dealers, une vraie raclure de bidet et un pauvre môme simple d’esprit, tête de turc des bourrins locaux... tous les éléments sont là pour que la fête tourne à la tragédie avec un mort à l’arrivée.
    Sean Meadow, bien avant This is England, commençait avec Dead man’s shoes son entreprise d’introspection de la lie de l’Angleterre. Des laissés-pour-compte dans la galère qui noient leur ennuie dans la booze et la drogue. Le constat n’est certes pas aussi virulent et provocateur que Carmichael, ni même bâti sur les mêmes formules à suspense que le survival Eden lake, mais il en vient à une conclusion similaire, la toute petite Angleterre, qui coule sous le poids de la misère sociale et intellectuelle n’est pas bien belle à voir. Le cinéaste nous la montre sans concession, mais sans gratuité, avec une certaine poésie atavique, qui n’est pas sans rappeler un certain cinéma folk américain. Le thème de l’errance est ainsi déterminant dans ce récit proche du slasher. Le frère de la victime revient au village après son aparté militaire pour dégommer ceux qui ont joué cruellement avec la vie de son frangin ; aussi paumé que les autres, il erre dans le regret et la repentance (lui-même avait fui la région, car il ne supportait pas l’handicap de son cadet), voire dans la folie, communiquant en permanence avec le défunt. Cet aspect, présenté de manière fantastique au premier abord, ajoute un caractère mélancolique et métaphorique à cette œuvre tout en sustentant la métaphore filée de l’errance - le souvenir, l’image du mort plane chez les vivants, son fantôme, quant à lui, parcourt toujours un no man’s land entre le monde des vivants et l’au-delà.
    Si la mise en scène et le ton du film ne transcende jamais les intentions du cinéaste, si l’on ne ressort que légèrement ému, faute d’avoir été secoué, au final Dead man’s shoe est un slasher intimiste empreinte d’une poésie très folk américaine qui promettait un grand réalisateur. This is England et ont confirmé...

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