Le 20 octobre 2024
Le film de John Carpenter donne ses lettres de noblesse au slasher movie. Efficace et minimaliste, il montre que la peur ne nécessite pas une débauche d’effets.


- Réalisateur : John Carpenter
- Acteurs : Jamie Lee Curtis, Donald Pleasence, Brian Andrews, P.J. Soles, Charles Cyphers
- Genre : Épouvante-horreur, Slasher, Film culte
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Splendor Films , Warner Columbia Film, Opening Distribution
- Durée : 1h31mn
- Date télé : 16 mars 2022 23:15
- Chaîne : RTL 9
- Reprise: 24 octobre 2018
- Titre original : John Carpenter's Halloween
- Âge : Interdit aux moins de 12 ans
- Date de sortie : 14 mars 1979
- Voir le dossier : La saga Halloween
Critique : La matrice du slasher movie se distingue dès le début par une séquence d’anthologie. Les tâcherons du film d’horreur s’en inspireront, usant et abusant du procédé pour susciter l’angoisse. Filmée en caméra subjective, l’exploration d’une maison de la middle-class américaine, jusqu’au meurtre inaugural, frappe par son évidente efficacité, d’autant que le crime est accompli par un tout jeune garçon : Michaël Myers. L’un des plus célèbres croque-mitaines de l’histoire du cinéma est né, nanti d’un masque impénétrable que sa fixité marmoréenne rend terrifiant, comme le symbole du mal accompli par un sociopathe. Face à elle, la virginale Laurie Strode, interprétée par la débutante Jamie Lee Curtis, figure l’incarnation d’une jeune fille rendue disponible par une existence solitaire. Rien ne vient s’interposer entre elle et le tueur, ni perturber une relation qui, d’abord à distance, se mue en face à face, le film ménageant une graduelle montée d’adrénaline (il s’écoule presque une heure entre le premier crime et le second).
Des scènes de poursuite en montages alternés, dont la construction sera là encore dupliquée par une quantité impressionnante de slashers bas de gamme, transforment l’indicible angoisse en un combat beaucoup plus manichéen, au terme duquel le vainqueur ne sera pas déclaré, annonçant une suite à la franchise. Mais l’essentiel n’est pas dans cette configuration : elle s’incarne plutôt dans une façon très efficace de susciter la peur, très redevable à l’art hitchcockien de retarder l’acmé, d’en différer la manifestation visuelle et spectaculaire. Un rideau qui se soulève, une porte qui s’ouvre, une ombre que l’on croit discerner derrière l’épaisseur d’une haie, nous agréent bien plus que de sanguinolentes mises en scène auxquelles les épigones de Carpenter n’arriveront pas à se soustraire, croyant pourtant égaler le maître.
Ces moments impressionnants existent dans Halloween, mais ils ne sont pas réduits à leur seule nécessité scénaristique : ainsi, le meurtre du petit ami, après un ébat sexuel (puritanisme américain oblige) est une crucifixion en règle, visuellement mémorable, l’étranglement de sa partenaire via un fil de téléphone est accompli par un psychopathe, déguisé en fantôme d’opérette. De bout en bout, le chef-d’œuvre de John Carpenter parvient à métisser l’angoisse qu’il suscite avec des invariants de l’inconscient collectif, où s’entremêlent pulsions de vie et pulsions de mort, angoisses propres à l’enfance, plaisir impur à les retrouver, par le truchement du cinéma.
Frédéric Mignard 16 novembre 2008
Halloween, la nuit des masques - John Carpenter - critique
Le classique du slasher. Pesant, posé, impeccable. Malgré les décennies qui passent, il donne toujours froid dans le dios. Le thème musical et les plans rigoureux de Carpenter y sont pour beaucoup.