Le 8 novembre 2024
Un écrivain raté étrangle sa domestique qu’il tentait de séduire. Un Fritz Lang longtemps inédit, film noir angoissant, qui mérite d’être (re) découvert.


- Réalisateur : Fritz Lang
- Acteurs : Louis Hayward, Jane Wyatt, Lee Bowman , Will Wright, Dorothy Patrick, Ann Shoemaker, Peter Brocco, Kathleen Freeman
- Genre : Policier / Polar / Film noir / Thriller / Film de gangsters, Noir et blanc
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Théâtre du Temple
- Editeur vidéo : Wild Side Video
- Durée : 1h24mn
- Reprise: 24 avril 2019
- Date de sortie : 9 décembre 2009
– Année de production 1950
Résumé : Stephen Byrne (Louis Hayward) habite une belle maison au bord de la rivière. Médiocre écrivain, il est aussi en panne d’inspiration. Alors que on épouse Marjorie (Jane Wyatt) est absente, il tente, après avoir bu, de séduire Emily (Dorothy Patrick), leur domestique qui vient de prendre son bain.
Critique : Stephen, à priori involontairement, va étouffer la jeune femme pour éviter que ses cris n’alertent la voisine qui s’active dans son jardin. Désemparé, il va vite trouver une idée quand arrive John (Lee Bowman), son frère boiteux qui l’a toujours sorti de nombre de ses ennuis. Bien que réticent, John va aider son frère à glisser le corps dans un sac pour le jeter dans la rivière. Écrivain raté et aigri, Stephen sous des airs charmants, n’est qu’un profiteur et un tricheur, qui se sert des autres pour excuser ses mauvais penchants. Lorsque la disparition d’Emily commence à interroger la communauté, il va imaginer faire porter le crime sur les épaules de John, lui-même rendu impuissant par sa complicité.
Ce film très noir et inquiétant, boudé lors de sa sortie aux États-Unis, est resté longtemps méconnu, notamment en France où il est resté inédit jusqu’à une diffusion à la télévision dans le cadre du Cinéma de Minuit en 1979, et avant une sortie en salle en 2019 seulement.
On peut penser que le fait que le personnage principal soit négatif, et l’absence de célébrité au générique (inhabituel dans la filmographie américaine de Lang), n’aient pas permis d’attirer le public.
Pourtant, si l’histoire en elle-même n’est pas des plus originales, Fritz Lang créé une véritable ambiance de malaise autour de son anti-héros (finalement plus intéressant et complexe qu’un personnage positif), avec notamment une utilisation judicieuse de la maison comme élément déterminant et de la rivière qui inquiète et obsède les riverains.
Un solide film noir autour de la culpabilité, thème cher à Fritz Lang, qui mérite d’être (re) découvert.
- Copyright Fidelity Pictures Corporation
’Boo’Radley 7 février 2010
House by the River - Fritz Lang - critique
Récit atmosphérique où se poursuit l’exploration des thèmes purement "langiens" : la fatalité, la culpabilité, le désir de justice. Découvert tardivement en France (en 1979 au Cinéma de Minuit), "House by the river", méprisé par Fritz Lang, compte pourtant parmi les plus indiscutables réussites de son oeuvre américaine. Il faut donc guetter sa reprise sur le grand écran (il vient d’être montré en projection numérique dans une salle du Quartier Latin) ou bien se procurer le DVD avec la passionnante interview que le réalisateur donna à William Friedkin un an avant sa mort. Sa rencontre avec Goebbels, racontée comme un épisode inédit du Docteur Mabuse, donne le frisson.