Le 11 mars 2026
Le portrait tout en mélancolie et humour d’un entraîneur de tennis rongé par la maladie mentale. Andrea Di Stefano réalise peut-être là le meilleur film de sa carrière.
- Réalisateur : Andrea Di Stefano
- Acteurs : Edwige Fenech, Pierfrancesco Favino, Paolo Briguglia, Valentina Bellè, Tiziano Menichelli, Giovanni Ludeno, Dora Romano, Chiara Bassermann
- Genre : Comédie dramatique, Film de sport
- Nationalité : Italien
- Distributeur : Universal Pictures France
- Durée : 2h05mn
- Date de sortie : 11 mars 2026
- Festival : Festival de Venise 2025
L'a vu
Veut le voir
Résumé : Années 1980. Un ancien joueur de tennis devient l’entraîneur d’un jeune talent timide, écrasé par les attentes de son père.
Critique : Qu’est-ce qui a pris à ce père de confier son fils, Felice, à cet entraîneur de tennis, ex-sportif de haut niveau, afin de le transformer en champion international ? Car si Raul Gatti a connu ses heures de gloire, il dépérit aujourd’hui dans un asile psychiatrique, assommé par le lithium qui le maintient à peu près debout. À moins que cette mission d’accompagner le jeune garçon dans les championnats juniors de l’Italie n’ait un effet radical dans la carrière de l’adolescent ?
Les films sur la bipolarité sont nombreux. On pense à l’immense Les intranquilles de Joachim Lafosse qui décrivait les ravages des troubles du comportement dans une famille. Andrea Di Stefano aborde la question avec à la fois un sens aigu de la mélancolie et de l’humour. Son héros est l’inverse d’un coach accompli, épanoui. Il est plus attiré par les conquêtes féminines que vraiment intéressé par la mission qui lui est donnée. Le pauvre Felice subit alors échecs sur échecs sur les courts de tennis, qu’il doit taire à son père. Il Maestro n’est donc pas un film clinique. Le réalisateur s’attache à dépeindre le portrait d’un homme sur le fil de sa vie, et qui se perd dans les méandres de sa maladie. À aucun moment le scénario ne cherche à émouvoir outre mesure le spectateur, ni à excuser le comportement à la limite de la maltraitance de son personnage. La mise en scène s’amuse de l’extraversion du héros, tour à tour détestable, attachant et bouleversant.

- Copyright Universal Pictures
Une fois de plus, comme de plus en plus au cinéma, le long-métrage aurait mérité quelques coupures. En effet, dès le moment où l’on comprend les raisons qui poussent le personnage à autant d’extravagances, le long-métrage s’étire dans une série de scènes, écrites comme un road movie, qui n’apportent plus vraiment de surprises dans la narration. La dernière séquence, absolument nécessaire à la cohérence de la fiction, arrive sur le tard, même si elle permet en réalité de cerner les blessures du personnage qui tente, à travers le jeune sportif qu’il coache, de reconstruire sa vie dans une forme de parentalité.
Il Maestro permet de découvrir une Italie des bords de mer absolument magnifique. En effet, le récit est rythmé par le passage de villes en villes où se tiennent des compétitions de jeunes tennismen. La fiction dénonce d’ailleurs la pression qui pèse sur les jeunes sportifs de haut niveau que les parents rêvent en haut de l’affiche. Les jeunes athlètes se dépensent moins pour eux-mêmes que pour plaire désespérément aux adultes qui les entraînent. Cette compétition permanente les rend détestables, en écho d’ailleurs au récent Christy qui décrivait une jeune femme d’une redoutable ambition, au mépris de ses partenaires de sport. Le jeune Felice est à ce titre un protagoniste très intéressant, tant il est hanté par le désir à tout prix de réussir, ce qui le rend à la fois détestable et touchant. Mais le spectateur ne peut qu’éprouve de la compassion pour ce garçon que son coach maladroit conduit à l’échec dans ses performances sportives.

- Copyright Universal Pictures
Voilà encore un film qui fait la démonstration de l’importance de l’étalonnage. En effet, et ce dès la première image qui déroule le logo du distributeur, la photographie a pour ambition de reconstituer le style des films d’il y a presque cinquante ans, que l’on découvrait au cinéma ou à la télévision. Le grain est volontairement grossier, permettant au spectateur de se glisser avec facilité dans l’ambiance et l’esprit des années 80.
The Maestro ne parvient pas totalement à gommer les maladresses de la mise en scène. Pour autant, la prestation de l’acteur principal, Pierfrancesco Favino, dans la peau de ce coach bipolaire, donne à l’ensemble une dimension attachante et sensible.
Galerie Photos
Votre avis
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.
aVoir-aLire.com, dont le contenu est produit bénévolement par une association culturelle à but non lucratif, respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. Après plusieurs décennies d’existence, des dizaines de milliers d’articles, et une évolution de notre équipe de rédacteurs, mais aussi des droits sur certains clichés repris sur notre plateforme, nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe. Ayez la gentillesse de contacter Frédéric Michel, rédacteur en chef, si certaines photographies ne sont pas ou ne sont plus utilisables, si les crédits doivent être modifiés ou ajoutés. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.























