Le 30 août 2026
- Scénaristes : Sergio Hernandez>, Richard Matheson>
- Dessinateur : Toni Caballero
- Genre : Adaptation, Anticipation
- Editeur : ActuSF
- Famille : BD Franco-belge
- Date de sortie : 17 septembre 2026
Sergio Hernandez écrit cette adaptation moderne du roman de Richard Matheson mise en image par Toni Caballero. Ils nous dépeignent un Robert Neville se battant contre les monstres, mais aussi contre lui-même pour garder l’envie de survivre au jour le jour. Une solitude lourde à porter.
Résumé : {Je suis une légende} débute dans une ville dévastée, une voix {off} résonne lourdement alors qu’un homme arpente ce qui reste de Los Angeles. Robert Neville semble le seul survivant. Le jour, il se ravitaille et la nuit venue, il se barricade chez lui car les monstres sont de sortie et veulent la peau du dernier humain...
Critique : Les deux auteurs se sont attaqués au classique de Richard Matheson (paru en 1954) qu’ils ont découvert après avoir vu son adaptation au cinéma par Francis Lawrence avec Will Smith. Ils ont apporté un regard moderne, déplaçant l’œuvre à Los Angeles, transformant les contaminés en vampire, faisant de Robert Neville un jeune homme tatoué. À côté de cela, ils ont gardé ce rude combat, ce témoignage de la survie quotidienne, ces angoisses profondes, cette lutte contre soi. La BD nous dévoile un Robert Neville au bout du rouleau. Alcoolique, sans but, il avance pourtant au jour le jour, tenu par un besoin instinctif, presque indépendant de lui, de survivre. Mais pourquoi ? A quoi sert de vivre quand on est seul au monde, quand vos journées sont invariablement les mêmes, quand vos nuits sont hantées de cauchemar ? Cette tension psychologique est très bien rendue tout au long de ce récit à la première personne. Car Robert Neville est cette voix off qui dépeint un quotidien sinistre. Au fil des pages, on découvre le passé du personnage, ce qu’il a perdu. Et on le comprend.
La BD demeure oppressante, car on sent la situation se refermer autour de Robert. Et chaque lueur d’espoir semble être amenée à s’éteindre. Pourtant, il avance et nous aussi, nous avançons dans la lecture, jusqu’à l’inévitable final qui laisse pantois. Un récit sombre, dans un graphisme travaillé.

- © Sergio Hernandez, Toni Caballero / ActuSF
Toni Caballero dessine cet environnement vide le jour et peuplé de monstres la nuit. Son dessin oscille entre le comics et le manga, nous servant des personnages stylisés, au look de notre époque, dans des décors très réalistes, travaillés d’après photos. Les planches sont sur fond noir, de jour comme de nuit, mais quand les cauchemars reviennent, les cases aux contours rectilignes se font envahir par le noir, lentement et semblent prêtes à être englouties, comme Robert Neville par ses angoisses.
Mais Toni Caballero rehausse son trait avec l’utilisation de couleurs vives, presque claquantes, qu’il manie avec brio pour les costumes ou les décors. Parfois, les personnages entourés d’un trait bleu ou rose, comme un halo de couleur, capte inconsciemment notre attention. Le dessinateur joue aussi des flous, des premiers plans pour faire ressortir Robert dans le fond de l’image, ou bien du décor d’arrière-plan pour focaliser notre attention sur le personnage. L’ensemble de ce travail nous livre une sorte d’immense huis-clos à l’échelle... d’une ville ! Un cadre plus que large mais étouffant, même en plein soleil.
La BD se finit avec de nombreux bonus, une lettre des auteurs qui racontent leur rapport à Matheson, leur projet, comment ils en sont arrivés à cette adaptation, quelques pages sur leur méthode de travail, du scénario à la planche finalisée, les recherches de conceptions des personnages, les couvertures des différents chapitres de la BD et bien sûr leurs biographie. De quoi nous remonter le moral après la lecture de ce récit sombre, que l’on pourrait presque qualifier de gothique moderne. Des ruines, une nuit malsaine, des monstres, une personne déchirée par les tourments, une plongée psychologique dans la solitude et la perte d’espoir.
Je suis une légende propose une nouvelle adaptation du roman de Richard Matheson, sombre et violente, avec un graphisme presque pop qui nous tient captif jusqu’à la dernière page.
168 pages – 21,90 €
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