Le 2 novembre 2026
Long et sirupeux, ce Fantôme de l’Opéra a moins à voir avec le célèbre roman qu’une suite de dialogues pompeux et interminables.
- Réalisateur : Alexandre Castagnetti
- Acteurs : Romain Duris, Miglen Mirtchev, Axel Auriant, Julien de Saint Jean, Laïka Blanc-Francard, Deva Cassel, Dorothée Gilbert
- Genre : Drame, Fantastique, Romance, Remake, Drame fantastique
- Nationalité : Français
- Distributeur : Société nouvelle de distribution (SND)
- Durée : 2h14mn
- Date de sortie : 28 octobre 2026
- Festival : Festival du Film Francophone d’Angoulême 2026
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Résumé : Dans le Paris d’aujourd’hui, Anastasia, jeune danseuse, intègre le prestigieux Opéra de Paris. Alors qu’elle répète « Orpheus », un opéra maudit qui aurait été composé par le Fantôme de l’Opéra, elle tombe amoureuse d’un mystérieux pianiste. À l’approche de la première représentation, entre accidents inexpliqués et révélations troublantes, Anastasia se retrouve plongée dans une histoire d’amour impossible, à la frontière du réel et du fantastique.
LIRE NOTRE INTERVIEW DE JULIEN DE SAINT JEAN
Critique : Le roman est connu. Sans doute moins l’histoire de ce compositeur, Andrew Lloyd Webber, transformé ici, pour les besoins du récit, en Ernest Dupré, revenu hanter les plafonds de l’Opéra Garnier après avoir perdu sa Dulcinée de façon tragique. Le récit se déroule de nos jours, avec des filles qui rêvent de devenir des étoiles et des étoiles, des vraies, comme Guillaume Diop ou Dorothée Gilbert, qui préparent une mise en scène souffreteuse et exubérante d’un livret miraculeusement retrouvé dans l’opéra. Le metteur en scène voit grand : il veut marquer son époque, mais, au lieu de susciter l’enthousiasme, il sème autour de lui la mort et la douleur.
En ce sens, Le Fantôme de l’Opéra est un film sur l’emprise. Le metteur en scène, joué par un Romain Duris exalté, donne à voir tout ce que l’on refuse aujourd’hui : la cruauté, la torture psychologique, qui rappellent certains coachs sportifs ayant défrayé la chronique par leur dureté. Le spectateur voyage à l’intérieur du Palais Garnier, et c’est sans aucun doute ce que le film a de meilleur à offrir. Au-delà des couloirs labyrinthiques que l’on avait découverts dans le puissant documentaire de Frederick Wiseman, La danse, le ballet de l’Opéra de Paris, en 2009, on visite toutes les salles d’entraînement, jusqu’à ce lac artificiel situé sous la scène principale, inaccessible au public, qui est à l’origine du roman de Gaston Leroux.

- Julien de Saint Jean
- Copyright SND - Crédit photo : Emmanuel Guimier
Le Fantôme de l’Opéra en met assurément plein les yeux. La séquence finale, qui donne à voir la représentation du ballet, est assez bluffante. Les décors sont sublimes, les costumes merveilleux. Mais la musique, pompeuse à souhait, ne fait que rappeler les interminables dialogues, où les comédiens se plaisent à réciter des incantations poétiques et vides de sens. Les deux heures quinze n’en finissent pas, en dépit des efforts désespérés des interprètes pour rendre le récit passionnant. Il faut dire qu’aucun des personnages n’est vraiment attachant, à commencer par Anastasia, qui balance sa copine de chambrée pour obtenir le rôle-titre, ou encore ce fantôme romantique aux yeux sublimes.
Le metteur en scène demeure sans doute le pire de tous les personnages. Il n’exprime pas une once de gentillesse. On sait que la carrière de ballerine à l’Opéra de Paris est difficile, mais la cruauté du type dépasse tout entendement. On passe donc à côté de cette ribambelle de personnages, qui semblent moins engagés dans un polar romantique que dans une Fashion Week parisienne, où la superficialité prend le pas sur tout le reste.

- Julien de Saint Jean, Deva Cassel
- Copyright SND - Crédit photo : Emmanuel Guimier
Le réalisateur de Tamara a bénéficie de grands moyens pour réaliser son film, techniquement et esthétiquement soigné. Mais l’orgueil finit par prendre le dessus dans la narration. On n’entend plus que ces longues tirades qui semblent sorties d’une pièce de théâtre d’Eugène Labiche. On sent bien que le cinéaste ne met aucune ironie dans son film. Il pousse ses acteurs à en faire des tonnes, depuis leurs yeux hagards qui s’ouvrent démesurément jusqu’aux scènes de danse, où l’on souffre pour eux.
Cette énième version du Fantôme de l’Opéra n’aura pas grand intérêt en dehors, on l’a dit, de la visite de l’Opéra de haut en bas. C’est aussi l’occasion de s’intéresser à la danse classique et contemporaine, dont on aimerait qu’elle ne passionne pas seulement une certaine catégorie de spectateurs, comme le film nous y invite d’ailleurs à demi-mot.
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