Le 13 septembre 2026
- Dessinateur : Maëlle Reat
- Genre : Drame, Roman graphique, Milieu artistique, Vie d’artiste
- Editeur : Casterman
- Famille : BD Franco-belge, Roman graphique
- Date de sortie : 26 août 2026
Une mise en abîme troublante de l’histoire des muses à l’aune de #MeToo.
Résumé : Lorsqu’elle monte à Paris avec le bac en poche, Dana a à peine 17 ans et compte bien intégrer le monde des arts, par la porte des muses. Espiègle, intellectuelle et prête à tout, elle fait l’unanimité, jusqu’à ce qu’un moment difficile la plonge dans la face sombre du métier de muse...
Critique : Avec cette autofiction dont le titre frise l’insolence, avec ce style de dessin qui a quelque chose de la caricature, de l’humoristique, mais aussi avec ce ton léger pour démarrer, il n’était pas aisé de soupçonner toute la profondeur de l’œuvre que Hannah Erell et Maëlle Reat ont créée. De fait, au-delà de la simple excursion satirique dans le monde de la création artistique, ce roman graphique apporte deux éléments cruciaux et originaux : le premier, des rappels factuels, historiques, des destins tragiques des muses célèbres (Dora Maar pour Picasso, Teha’amana pour Gauguin...) qui ont été oubliées, voire discréditées ou enfermées par les hommes qu’elles servaient. Le second, en lien avec l’actualité, est une profonde et adroite dénonciation de la condition féminine dans le monde de l’art, lorsque l’on songe aux femmes de peintres écartées (Joséphine Hopper, Emilie Flögge...), à l’heure d’un #MeToo qui non seulement dévoile les agressions, viols et autres violences physiques, mais dont la fin de cet ouvrage veut aussi montrer la violence verbale, la toxicité psychologique d’individus - mais aussi d’un système - qui a appris à maîtriser les femmes pour son bon plaisir, et à leur voler leur mérite.
© Casterman / Reat
Pour y revenir, le dessin de Maëlle Reat a lui aussi largement cette profondeur, cette épaisseur qui fait passer l’album de naïf, presque gentil, en tout cas sympathique aventure, à pamphlet tranchant, sensible et accusateur. Le meilleur aspect réside dans la transition qui se fait sans heurts, l’humour continuant, les traits de l’héroïne ne se modifiant pas, les couleurs restant présentes... Cette transition est parfaitement exécutée, révélant ainsi que ce monde de l’art sait insidieusement cacher sa vraie nature, sous quelque forme que ce soit, alors que sa violence est toujours en elle, présence parfois insondable, parfois seulement dissimulée.
© Casterman / Reat
Oeuvre à la fois de vulgarisation historique et culturelle, aventure d’autofiction initiatique mais aussi pamphlet satirique proche de l’esprit des Lumières, Quand j’étais petite je rêvais d’être muse est un récit d’illusions perdues, d’espoir maintenu et de rire contenu.
192 pages
25€
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Galerie photos
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