Le 9 septembre 2026
- Plus d'informations : Le site de Netflix
- Festival : Festival du Film Francophone d’Angoulême 2026
– En VOD sur Netflix le 10 septembre 2026
Nous avons échangé au Festival du Film Francophone d’Angoulême avec le producteur du film de plateforme probablement le plus attendu de cette rentrée.
Après avoir été présenté sur grand écran et en avant-première mondiale lors de la clôture du Festival du Film Francophone d’Angoulême, Dix pour cent, le film arrive enfin sur Netflix où il sera diffusé dans 190 pays simultanément. Nous avons échangé avec le producteur Aurélien Larger (Mother Production) autour de cette grande aventure.
Quel bonheur de retrouver tous ces personnages ! On imagine que c’était aussi l’envie de toute l’équipe mais que cela n’a pas été facile à concrétiser puisque l’agence ASK avait fermé à la fin de la série ?
Nous avions envie de conjurer cette fermeture de l’agence ASK. C’était une conclusion un peu sombre et mélancolique. La période du Covid qui nous a tous percutés a aussi permis à la série d’être découverte par le public international sur Netflix. Elle avait un succès public et critique en France mais c’est devenu un hit populaire dans le monde entier. Et là-dessus, nous avons reçu notre prix aux Emmy Awards à New York il y a cinq ans. Avec la scénariste Fanny Herrero et le producteur Dominique Besnehard, nous pensions qu’il fallait essayer de faire revenir tous ces personnages mais sous une forme nouvelle. L’idée d’un film s’est imposée à la fois par envie et par nécessité. Par envie car on ne voulait pas se répéter. On savait que ce format allait amener quelque chose de neuf, non seulement en termes de format mais aussi en termes d’histoire puisque l’agence avait fermé. Il fallait donc tout réinventer. Et par nécessité car tous les acteurs sont devenus des stars et sont donc désormais plus difficiles à rassembler en même temps. Or, un film reste moins lourd et moins long à tourner qu’une série.
Qu’est ce qui diffère le plus en termes d’écriture entre une série et un film ?
Une série consiste à écrire en étoile. C’est quelque chose de très choral. Cela part dans tous les sens. Un film, c’est tout l’inverse. On concentre l’histoire autour d’une intrigue principale et d’un ou deux personnages principaux. Ici, en l’occurrence, tout s’est bâti assez naturellement autour des personnages de Camille Cottin et Laure Calamy. Elles forment un nouveau duo de comédie qui était déjà très écrit mais a été renforcé par l’interprétation et l’improvisation de Camille et Laure. C’est d’ailleurs ce que permet le tournage d’un long métrage : laisser un peu plus de place à l’inattendu. C’est grâce à Netflix qui nous a donné les moyens de le faire.

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Et en termes de tournage ?
Un film nécessite davantage d’ambition artistique… même s’il y a aussi davantage de pression économique qui nous incite à tourner dans une certaine épure. Il est complexe de tourner avec des réductions budgétaires un peu partout. Mais grâce à Netflix, nous sommes parvenus à produire une œuvre qui donne toute sa place à chaque personnage. C’était le défi de ce projet en termes d’écriture et de réalisation car cela reste un film choral. Le rêve qu’on peut avoir pour ce film, c’est qu’on arrive à combiner l’immense talent d’écriture de Fanny Herrero à celui de la réalisatrice Émilie Noblet, qui nous a rejoint avec toute son équipe. Elle ajoute une dimension hautement cinématographique avec de l’imprévu, de l’improvisation. Je pense qu’on a su mêler l’exigence d’écriture de la série avec une esthétique riche et propre à un grand film de cinéma.
Comment se sont déroulées l’écriture, la production et la réalisation de ce film ?
Nous avons développé un scénario avec Fanny Herrero que nous avons soumis à Netflix qui a fait preuve d’un enthousiasme immédiat et a souhaité nous accompagner dans la concrétisation d’un projet ambitieux, destiné au grand public international. Rendez-vous compte : le film va sortir simultanément dans 190 pays. C’est unique dans une carrière de producteur, d’auteur, de créateur, d’acteur. Cela n’existe nulle part ailleurs. Nous avons bénéficié d’une grande liberté de création, même s’il y a eu des débats comme il y en a toujours avec un diffuseur. Pour autant, ce film reste une production indépendante, portée par Mon Voisin Productions et Mother Production. France Télévisions demeure notre partenaire et diffusera le film dans deux ans sur ses antennes. Même si le long métrage est largement financé par Netflix, il a néanmoins reçu le soutien du CNC ainsi que des régions Île-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Nous avons bénéficié d’un budget d’environ 14 millions d’euros. Nous tenions à réaliser un vrai film de cinéma, avec du spectacle, beaucoup de figurants. Il s’y passe des choses extraordinaires que nous n’aurions pas eu les moyens de tourner pour la télévision. Ce qui différencie aussi le cinéma de la télévision, c’est qu’un film doit rester en vous et vous accompagner. J’espère qu’il y aura une petite musique de ce film qui reviendra dans la tête de chacun.
L’aventure Dix pour cent est donc définitivement terminée ?
On ne sait jamais. Tout s’est tellement bien passé. On s’entend tous si bien. Et ce n’est pas de la langue de bois. Je ne voudrais pas annoncer que c’est la dernière fois au cas où l’on remettrait le couvert dans quelques années si ce film a du succès et où nous aurions une bonne histoire à raconter. Toute cette aventure artistique et professionnelle a été incroyablement fondatrice pour nous tous. Nous y avons mis toute notre exigence et notre obsession du public.
Propos recueillis par Nicolas Colle
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