Le 19 mai 2026
Un film totalement décevant par le réalisateur d’Onoda : 10 000 nuits dans la jungle qui, au mieux, ressemble à une expérimentation vaguement fantastique.
- Réalisateur : Arthur Harari
- Acteurs : Valérie Dréville, Léa Seydoux, Niels Schneider, Lilith Grasmug, Victoire Du Bois
- Genre : Drame, Fantastique, Thriller
- Nationalité : Français, Italien
- Distributeur : Pathé Distribution
- Durée : 2h20mn
- Date de sortie : 26 août 2026
- Festival : Festival de Cannes 2026
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– Festival de Cannes 2026 : Sélection officielle, En compétition
Résumé : David Zimmerman a bientôt quarante ans, il est photographe mais personne ne le sait. Alors qu’il ne sort presque jamais de chez lui, des amis le traînent dans une fête insensée. Il y repère une femme dans la foule, ne peut en détacher le regard, la suit… Quelques heures plus tard, David se réveille : il est dans le corps de l’inconnue.

- © 2026 Festival de Cannes
Critique : Il y a des films qu’il est impossible de classer. S’agit-il d’une œuvre fantastique, d’une comédie dramatique ou d’un drame policier ? L’inconnue est situé à l’interface de tous ces genres, sans qu’hélas aucun ne soit très convaincant. L’histoire est simple et complexe : celle d’un homme qui, après une relation sexuelle avec une inconnue, se retrouve dans le corps de cette dernière. S’engage alors pour elle/lui une enquête à la recherche de son double disparu. On connaît pourtant le talent du réalisateur, et aussi du scénariste dont on a encore en tête le formidable Anatomie d’une chute. Ici, rien de tout cela. Le long-métrage, poussif à souhait, s’enlise dans un récit qui ne tient pas debout et dessert ses comédiens, enlaidis pour l’exercice.
Il est certain que les acteurs ont dû accepter une certaine transformation physique notamment, Léa Seydoux, presque méconnaissable. Dans ce sens, le long-métrage tient lieu d’expérimentation de rôles de composition pour les interprètes mais dont le talent n’est absolument pas mis en valeur. Au contraire, le jeu s’enferme dans un rythme déconcertant, des scènes absurdes, et une vision du monde pour le moins désenchantée. On ne trouve aucune cohérence dans le déroulement du récit, qui passe d’une ville à l’autre, d’un personnage à l’autre, résolvant des mystères sans pour autant en donner la compréhension véritable. Le spectateur ressort avec l’impression que les comédiens s’ennuient, le film le lasse tout autant pendant plus de deux heures qui semblent quatre.

- © 2026 Pathé Films. Tous droits réservés.
Certes, L’Inconnue fait preuve d’originalité dans la sélection officielle cannoise 2026. Il s’agit sans doute du film le plus surprenant et le moins conventionnel de la programmation. Pour autant, le propos est très déconcertant et peine à tenir l’attention. On pense de très loin au cinéma de Polanski qui savait, du moins au début de sa filmographie, jouer avec l’étrangeté, comme dans Le locataire où il avait osé enlaidir Isabelle Adjani. Arthur Harari a osé casser l’image lisse de Léa Seydoux pour une femme grossie, malheureuse et mal fagotée. On salue à ce titre le courage de la comédienne pour avoir accepté cette transmutation, si l’on peut dire ainsi. Niels Schneider est montré quant à lui côté maigre, sévère, et sans charme.
Arthur Harari déconstruit donc le cinéma du rêve pour une œuvre abrupte, sans respiration. On peut comprendre que certains crieront au génie pur. Pour notre part, nous y voyons un vague exercice fantastique qui tente de concurrencer un cinéma déjà reconnu à travers la marque de réalisateurs comme David Lynch, Leos Carax ou, dans un tout autre registre, Gaspar Noé. Arthur Harari n’est pas vraiment à la hauteur de ces auteurs dont il semble inspiré, réduisant son film à une forme de récit prétentieux et sans saveur.
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