Le 15 mars 2026
- Réalisateur : Silvio Soldini
- Acteurs : Max Riemelt , Elisa Schlott, Alma Hasun, Emma Falck, Olga von Luckwald
- Genre : Drame, Biopic, Historique
- Nationalité : Italien, Suisse, Belge
- Distributeur : Destiny Films
- Durée : 2h03mn
- Titre original : Le assaggiatrici
- Date de sortie : 20 mai 2026
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Classique dans sa forme, ce récit a le mérite de mettre en avant un fait historique méconnu, tout en faisant preuve d’une narration fluide et attachante.
Résumé : Durant la Seconde Guerre mondiale, Rosa est recrutée comme "goûteuse" pour le chef du parti nazi, Adolf Hitler. Trois fois par jour, la jeune femme et d’autres camarades doivent manger afin de s’assurer que la nourriture n’est pas empoisonnée. Chaque bouchée sera peut-être la dernière...
Critique : Silvio Soldini est un réalisateur italien qui tourne depuis les années 1980. Ses films ont pourtant été peu distribués en France. On connaissait surtout le délicieux Pain, tulipes et comédie (2000), gros succès transalpin qui avait réussi à traverser les frontières. L’intéressant Ce que je veux de plus (2010) abordait une passion amoureuse dans un traitement documentaire, mais avait rencontré un écho limité. Pour son premier long métrage se situant dans un cadre historique, Soldini a opté pour une coproduction ayant associé l’Italie, la Belgique et la Suisse, et tournée en langue allemande. Il s’agit de l’adaptation de Le assaggiatrici, best-seller de sa compatriote Rosella Postorino, basé sur la biographie de Margot Wölk (1917-2014). Cette dernière avait révélé, peu de temps avant sa mort, avoir été choisie comme goûteuse du Führer, avec d’autres jeunes Allemandes. Un fait historique sans doute mineur, mais révélateur de la manière dont le pouvoir nazi pouvait traiter les femmes en général, indépendamment de l’horreur génocidaire qui avait conduit à la déportation et l’assassinat de millions de personnes. Linéaire et didactique, le récit de Soldini commence donc en 1943.

- © 2025 Luca Zontini / Busch Media Group. Tous droits réservés.
Rosa quitte Berlin pour rejoindre ses beaux-parents, dans un petit village de Prusse-Orientale. Elle pense y trouver sécurité et réconfort, en attendant le retour de son mari, soldat sur le front russe. Mais sitôt arrivée, elle est réquisitionnée pour un travail bien particulier : goûter les plats préparés pour Hitler, dont le quartier général est à quelques kilomètres. Le film est habile dans sa description d’un rituel qui effraie les jeunes femmes réunies autour d’une table avant chaque repas préparé par un grand cuisinier. Des plats raffinés et végétariens, des desserts onctueux, mais on se doute que Rosa et ses collègues seront moins promptes à apprécier une dégustation qui aurait davantage convenu, dans un autre contexte, aux vieillards conviés au Festin de Babette... Un mini-suspense maintient donc en éveil l’attention du spectateur, mais le réalisateur n’évite pas les redondances dans son dispositif. Plus intéressants sont le traitement du lien amical entre Rosa et une jeune juive qui cache son identité ; et des rapports entre Rosa et Max Ziegler, un officier SS autoritaire et arrogant, qui traite les semi-prisonnières avec dédain et brutalité.

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Car une relation amoureuse et sexuelle se noue entre ces deux-là, faisant glisser le récit vers une ambiguïté qui n’est pas sans évoquer le sulfureux Portier de nuit de Liliana Cavani. Le dilemme moral qui se posera à Rosa n’est pas la moindre qualité d’un scénario qui fait écho à d’autre longs métrages ayant abordé la situation du peuple allemand hostile au nazisme pendant la guerre, de Sophie Scholl, les derniers jours à Une enfance allemande - Île d’Amrum, 1945 , en passant par Berlin, été 42. Sans doute manque-t-il au film de Soldini, comme aux trois que nous venons de citer, le souffle et la profondeur que le sujet nécessitait. Un Bertolucci ou un Rosi auraient sans doute, naguère, dévoilé de plus hautes ambitions cinématographiques et politiques. Mais tel quel, Les goûteuses d’Hitler mérite le détour et vaut mieux que son titre français racoleur. Il n’est pas superflu d’ajouter que les deux interprètes principaux sont convaincants, à savoir Elisa Schlott, aux faux airs de Cate Blanchett ; et Max Riemelt, déjà remarqué dans plusieurs films dont La vague et La belle affaire.
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