Critique

CINÉMA

Mon oncle - la critique

Le 25 décembre 2015

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  • JIPI 11 mai 2012
    Mon oncle - la critique

    Hulot tente en vain d’allumer sa pipe avec une allumette. Ce sont les derniers spasmes d’un lunaire essayant désespérément de résister à l’attrait du briquet.

    Vestimentairement déphasé, il montre sa différence par le port d’une gabardine et d’un parapluie par temps clair. Son immeuble est l’image architecturale d’un esprit parvenant au but par l’incohérence d’un parcours toujours incertain. On grimpe quelques marches pour aussitôt redescendre de quelques mètres, un léger parcours plat précède une dernière remontée, l’homme est enfin chez lui après de nombreuses remises en questions.

    A l’extérieur les terrasses de cafés sont animées, les scènes de marchés sont pittoresques, c’est un véritable catalogue de transactions entre vendeurs et clients, l’approche est simple, chacun respecte sa procédure de contact en relation avec le règlement relationnel qu’impose les besoins de chaque participant, c’est le royaume de la cause et de l’effet.

    Non loin de la, c’est un autre monde, le modernisme a envahi les lieux de cette maison complètement fermée sur elle-même. On déclenche le jet d’eau extérieur en fonction de la position sociale du visiteur, les pièces sont d’un blanc peu engageant, les gestes des occupants maniérés, l’électro ménager est imprévisible

    L’imposante voiture sortant du garage est un signe des temps, la naissance d’un nouveau personnage en costume cravate imbu de sa personne, fier de la conception de son logis, recevant ses clients dans des bureaux gris et froids ou les dossiers à traiter sont pratiquement inexistants sur les tables de travail.

    C’est la parade de l’inutile que Hulot essaie de contrer par un vieux vélomoteur imposé dans un espace vert ou chaque pas est réglementé.

    Gérard l’enfant de la maison s’ennuie et se ressource par des blagues ancestrales dans des terrains vagues seuls endroits naturels encore préservés.

    Hulot montre ses limites d’intégration par ses difficultés à gérer des tuyaux prenant subitement l’image de saucisses. Par un geste naturel un chien referme la porte électrique du garage sur la maîtresse de maison et son mari, le symbole est fort, un modernisme anarchique tétanise des disciples décontenancés qui ne savent plus comment s’en sortir.

    Les grosses voitures américaines prennent possession des routes, c’est la monstrueuse parade de l’arrivisme par l’adoration de la tôle. Playtime s’élabore lentement dans ce premier jet prophétique.

    Les seuls éléments non touchés sont les enfants et les chiens qui par leurs ébats respectifs naturels servent de prologue et de conclusion en freinant au maximum ce basculement inévitable de nos sociétés vers le presse bouton.

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