Critique

CINÉMA

Night watch

Le 24 mars 2006

Le choix du rédacteur

  • gahell 9 septembre 2005
    Night watch

    Une lutte secrète entre le Bien et le Mal, une prophétie, un Elu...
    Un schéma classique, ça fleure bon le blockbuster américain remplis d’effet spéciaux, surfant sur la vague Matrix.
    La bande-annonce semble confirmer cela : effets spéciaux à gogo, pouvoirs étranges impressionnants et explosions.
    Mais cette fois, le blockbuster est russe. Et qui plus est une adaptation de roman.
    Voilà de quoi susciter un peu d’intérêt et de curiosité.

    Nightwatch le film est en fait l’adaptation (et non pas transcription) du premier volume de la trilogie Nightwatch, Daywatch et Duskwatch de Sergei Lukyanenko.
    L’univers inquiétant de l’auteur russe est fort bien rendu. L’évolution des Autres dans une société russe actuelle et réaliste confère une touche de crédibilité au film.
    Les décors de la capitale sont savamment choisis et représentatifs, alternant entre monuments historiques/touristiques (au loin), modernisme consumérisme de la "nouvelle économie" (représenté par les Daywatchers) et la pauvreté et la décrépitude des immeubles populaires russes.
    Un autre des bons points de ce film : les héros, les Nightwatchers défenseurs du "Bien", se révèlent pas si lumineux que ça. On sort (un peu) du manichéisme et de l’opposition Bien/Mal, Lumière/Ombre.
    Leur quotidien est comme celui de nombreux russes : pas franchement joyeux et comportant de nombreux problèmes (différences marquées entre riches et pauvres, alcoolisme,etc). On est loin de héros "beaux-gosses" s’habillant fashion et évoluant dans un irréaliste univers propret.
    Le Moscou représenté est vivant, ce qui fait des décors et des scènes de vie les points les plus positif du film, même s’il est du genre "Fantastique".
    L’insertion d’un "underground" secret, vampirique et occulte se passe à merveille.
    Les représentations de l’Ombre (the Gloom), la dimension parallèle inquiétante où peuvent seuls évoluer les Autres, est bien rendue grâce à de très bons effets spéciaux.

    Mais ces effets spéciaux ont aussi une faiblesse.
    Peut-être que le réalisateurs, Timur Bekmambetov, est trop marqué par sa spécialité : la publicité et les clips.
    Il accorde certes beaucoup d’importance au visuel (essentiel pour ce genre de film), mais les plans sont chaotiques, les situations rapides, confuses.
    Cela marque peut être une volonté de crédibiliser le chaos de l’Ombre, la pénibilité des pouvoirs des Autres, mais cela empêche le spectateurs de s’immerger dans le monde décrit et dans les personnages.
    De plus, ceux qui s’attendent à un déluge pyrotechnique ou à des scènes de combat d’anthologie vont être déçut : il y a certes quelques beaux passages mais Nightwatcher n’est pas un film orienté "action". Nul débauche à la Matrix par exemple.
    Une fois de plus, la bande-annonce est trompeuse. D’ailleurs, celle-ci révèle quasiment tous les moments les plus "impressionnants" du film, gâchant la surprise au spectateur.
    La confusion visuelles des scènes d’action n’aide pas non plus. Il est désormais à la mode de filmer les combats de manière confuse, comme caméra au poing. On accentue un pseudo-réalisme mais on y perd grandement en clarté.

    Le monde créer par l’auteur russe est vaste et complexe, malgré un principe de base assez connus dans le monde du fantastique (opposition Bien/Mal, Elu, dimension parallèle caché au commun des mortel).
    Le réalisateur a du mal à nous y faire entrer, voulant trop en faire.
    On sent un monde foisonnant d’idées, intéressant, un scénario qui peut se complexifier à tout instant...
    Mais le réalisateur a choisit le sacro-saint "moins de 2h de longueur" pour son blockbuster.
    Aussi tout va trop vite, on a du mal à s’immerger et à suivre les turpitudes des héros. On a parfois du mal à saisir leur motivation.
    On ne peut introduire un univers tout en développant un scénario en allant à cent à l’heure...

    Et pourtant, malgré cette frénésie, il y a des longueurs.
    Dialogues parfois lourd ou surjoués, plans symboliques qui n’apportent en fait pas grand chose...Il y a de bonnes idées, mais souvent peu développées ou de façon maladroites.

    En bref, Nightwatcher est un film moyen, voire décevant. Les amateurs de fantastique apprécieront l’univers mis en place, tout en pestant contre la confusion et les alternance frénésie/longueurs du film. Mais il reste agréable à regarder. La fin donne envie de connaître la suite (donne opération commerciale).
    Une fois l’univers et l’intrigue posé (vaguement) par Nightwatch, on aura peut être une réussite dans le second volet ?

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