Shining - La critique

Johnny est de retour !

Le 24 mars 2014

En abordant un genre parfois confiné à la série B, le film d’horreur, Kubrick laisse sur le spectateur une empreinte marquante, rendue inoubliable et terrifiante par un Jack Nicholson génial de démence.

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© Collection Christophe L.
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Le choix du rédacteur

Vos avis

  • 7 mars 2010, par Charly

    Et si Kubrick n’était pas si fort ?

    http://lesitedelaverite.fr

    Avec Shining, tout semble nous inviter à penser que nous sommes dans le Grand Art. Les effets de caméra ne mentent pas et ils confinent à merveille le climat de surtension.

    Nous pensons ici au suivi chaotique dans les couloirs de l’hôtel, agrémentant le jeu musical des roulettes du vélo, les plans de cette hache sauvage défonçant une porte, les avancées claudicantes vers une chambre maudite, la donne claustrophobique d’un bain de sang etc. Tout cela est purement magnifique c’est indiscutable !

    Du point de vue psychologique, là encore, c’est du très lourd.

    Nous sommes en 1980 et pour la première fois, l’effroi vient se carner en bloc sur un enfant. Et ce, avec une telle magistralité qu’elle en devient un pilier essentiel de l’angoisse suscitée chez le spectateur.

    On pourrait objecter que l’entreprise à déjà vu le jour dans d’autres films tel l’Exorciste. Mais il ne s’agissait là que de simples possessions de corps. Ici, c’est une âme pure et innocente qui est ensevelie toute entière par la terreur. Une terreur muette d’où ne sort aucun cri. Seulement la lune d’un visage pale et d’un battement de coeur sous une respiration haletante qui nous regarde sans même pouvoir nous appeler au secours.

    La folie surgit également à pied levé : Un père artiste qui s’éprend soudainement d’une folie meurtrière gratuite et implacable. Nous sommes en plein désir d’infanticide ! Et le réalisateur nous mène majestueusement, en sus des réalités fantomatiques, sur le terrain très ondulé de ces deux obscurités de l’âme humaine. L’Oedipe est ici quasi achevé : le Phallus venant hacher, séparer et détruire de manière obsessionnelle les liens qui l’unissent à la mère (exprimé dans les scènes de jalousie) qui va finir par déborder sur l’enfant lui même.

    Aveuglé par ces puissances, le père en vient à nier les dons innés de son rejeton que pourtant il pressent.

    Et oui ! On peut maintenant imaginer les difficultés que rencontra Stanley en ayant pour paternel un médecin qui tentait désespérément de forger ses ambitions ! A 17 ans celui-ci cessait ses études pour se lancer dans la photo... Le talent pour tout bagage !

    Shining est tout cela, et par conséquent, Shining revêt les atours d’un sans faute.

    Cependant....

    Nous pouvont néanmoins regretter certains aspects fondamentaux de cette œuvre :

    Tout d’abord, le manque d’ambivalence de cette folie paternelle. En effet, afin d’y céder totalement, d’être porté par elle, il aurait fallu sans nul doute que soit approfondie la nature de sa démence ! Même si l’arbitraire crée indéniablement un point fort, cela aurait pu étoffer un peu ce personnage que l’on trouve en définitive assez creux et monocorde dans son expression.

    On peut également objecter le surjeu de Nicholson dès les premières scènes : en effet, sa folie latente est pour ainsi dire manifeste dès l’introduction et cela rend évidemment la suite des événements assez prévisible. La trame scénaristique nous surprend donc assez peu en définitive...

    Repensons ensemble cette scène ou il prend l’enfant dans ses bras, où il répète hystériquement ce « never ». Combien aurait gagné en suspense ce qui allait se dérouler si l’on avait pu sentir dans cette parole, un instant, l’amour authentique du père. Sans aucun doute, ce manque de nuances dans le personnage ampute le suspense tant espéré.

    Ensuite, de nombreuses longueurs émaillent le film. Les scènes du vélo sont redondantes et au final peu saisissantes. L’horreur attendu au coin du couloir se fait trop attendre. Là encore, échec de la surprise.

    Que penser de cette « chasse poursuite » qui se réduit finalement à une funeste traque d’une heure quarante neuf où l’enjeu véritable est dessiné dès le premier quart d’heure ?

    De même, l’apparition de ces spectres semi fantomatiques, sans histoire, sans émotions véritables, ou si peu, ne viennent pas rehausser la qualité du scénario.
    Ainsi, la fiction et le manque de profondeur des personnages prend doucement le pas sur « l’effet terreur », uniquement suscité par le jeu d’une violence manifeste et facile.

    Il faut aussi évoquer ces dialogues ; tellement épurés ou plutôt... en purée ! Même si chacun sait à quoi s’attendre lorsqu’il va voir un film de ce registre. Des répliques ciselées de temps à autre enduites d’un semblant de vérité ou d’authenticité n’aurait pas été pour nous déplaire...

    Enfin, et surtout,ce qui à notre sens est plus grave, c’est bel et bien cet infanticide non assumé. On attend désespérément cet accomplissement... qui ne viendra pas. L’apothéose de l’horreur dont se prive ici Kubrick, (j’ose croire qu’il l’a réellement pensé et hésité... ) nous laisse bien évidemment sur notre « fin ». Mais à une époque ou l’enfant-roi se vendait déjà dans tous les kiosques surgelés, il n’est pas sur que le film eu pu traverser les filets de la censure aussi facilement qu’il l’a fait.

    Allons-nous pour autant oser avancer que Kubrick nous a roulé, au final, dans une sorte de mièvre compromission ?

    Celle de la puissance relative des biens établis ??

    C’est à vous d’en juger !

    Mais c’est ainsi que selon nous, cette icône cinématographique, malgré le talent incontestable de l’auteur, se trouve un peu mis à mal... Tel un centurion posté sur un piédestal bancal que la censure apprise aurait rendu trop fragile pour prétendre à l’éloge unanime des membres impartiaux du Site de la Vérité !

    Aux frontières des limites de l’art sans pour autant les avoir dépassées, je me limiterai donc à un : 12/20

    Voir en ligne : Shining

  • 16 avril 2011, par Frédéric Mignard

    1980, l’odyssée de l’épouvante ! A revoir Shining aujourd’hui, on est toujours impressionné par le talent visionnaire de Kubrick qui signe là un vrai film somme en matière d’épouvante. Le jeu outrancier de Jack Nicholson, lui, a pris un sacré coup de vieux.

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