Kerouac’s road
Le 2 septembre 2024
Une satire sociale à l’esthétisme épuré d’un Gus Van Sant, délicate, parfois distante, mais jamais complaisante, sur l’errance et la quête d’un avenir meilleur.


- Réalisateur : Kelly Reichardt
- Acteurs : Michelle Williams, Will Patton, Will Oldham, John Robinson, Larry Fessenden
- Genre : Drame, Road movie
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Épicentre Films
- Durée : 1h20mn
- Date télé : 22 mars 2025 20:50
- Chaîne : TCM Cinéma
- Titre original : Wendy and Lucy
- Date de sortie : 8 avril 2009
- Festival : Festival de Cannes 2008
Résumé : Wendy, accompagnée de son chien Lucy, a pris la route de l’Alaska dans l’espoir de trouver un petit boulot et commencer une nouvelle vie. Sa voiture tombe en panne dans une petite ville de l’Oregon...
Critique : Pendant de longues minutes, nous suivons une jeune femme traverser une forêt. Timide, la caméra reste à distance de cette inconnue (dont nous n’apprendrons le prénom - Wendy - que bien plus tard). Il faudra attendre le retour à la civilisation pour découvrir le visage de la demoiselle. Habillée à la garçonne, elle voyage en compagnie de sa chienne vers l’Alaska. C’est d’ailleurs pour délier les pattes de cette dernière que Wendy a garé sa voiture qui ne redémarrera jamais. S’ensuit alors pour elle une longue errance, qui n’est pas sans rappeler le point de départ de Gerry de Gus Van Sant, dans lequel deux hommes quittaient leur voiture pour s’enfoncer, loin des sentiers battus, aux fins du désert.
- © Epicentre Films
L’empreinte du cinéaste est forte. La solitude, la remise en question des personnages ignorant tout de leur passé et des raisons qui les ont conduit à de telles situations, sont des leitmotivs familiers dans une œuvre également habituée aux longs panoramiques. La réalisatrice de Old Joy utilise également beaucoup ce procédé pour insérer son héroïne dans un contexte social et culturel défavorisé. Des questionnements sociologiques que l’on retrouve également dans les premières œuvres de Gus Van Sant, à l’instar de Drugstore Cowboy ou My Own Private Idaho, où les protagonistes sont conditionnés par leurs origines. Mais, Kelly Reichardt ne plagie pas l’auteur d’Elephant, elle s’approprie certaines de ses thématiques pour créer une œuvre touchante et personnelle.
En effet, si la narration tient en quelques mots, la réalisatrice se concentre sur une distillation discrète mais efficace de l’émotion, reposant sur la peinture de personnages attachants. Wendy porte les mêmes affaires des jours durant, compte sa monnaie pour survivre, tente de faire réparer sa voiture à moindre coût... Sur son chemin, un policier hirsute lui tend la main et l’aide à garder dignité et courage. Les personnages que l’on croise sont profondément humains, jusque dans leurs maladresses. C’est pour cela que l’on peut être décontenancé par les plans larges utilisés en grand nombre, qui créent une certaine distance vis-à-vis de ces héros de la vie ordinaire. Il existe un paradoxe entre la sensibilité dont ils font preuve et la froideur avec laquelle ils sont filmés, mais qui peut néanmoins être interprété comme une manière de présenter la société dans tout ce qu’elle comporte d’injustice et d’indifférence envers les plus démunis.
Wendy et Lucy est une œuvre délicate, qui appelle le spectateur à se laisser guider par la contemplation des plans, sans chercher d’explications ou de surprises. Happé par la mélancolie, il n’est pas impossible d’en ressortir désarçonné et ému.
gaspar508 10 mars 2009
Wendy et Lucy - Kelly Reichardt - critique
Sélectionné à Cannes dans la sélection Un certain regard, ce film est superbe, très émouvant. L’interprétation de Michelle Williams participe beaucoup à la réussite de ce film. A voir absolument si vous aimez les road movies...
roger w 16 avril 2009
Wendy et Lucy - Kelly Reichardt - critique
Jolie déambulation, ce nouveau film de Reichardt est toutefois plus décevant que son très beau "old joy" car on a du mal à saisir l’intérêt du film. Certes, on est touché par le destin borderline de cette jeune fille en rupture de tout, mais c’est tout de même un peu longuet (un comble pour un film très court). Un peu plus de rebondissements ou de dialogues auraient été bienvenus.