Le 27 mars 2026
Ce film de Werner Herzog, tièdement accueilli à sa sortie, est pourtant une adaptation percutante d’un matériau théâtral, tout autant qu’une œuvre en cohérence avec l’univers de l’auteur.
- Réalisateur : Werner Herzog
- Acteurs : Klaus Kinski, Eva Mattes, Josef Bierbichler, Irm Hermann, Wolfgang Reichmann, Willy Semmelrogge, Herbert Fux, Rosemarie Heinikel
- Genre : Drame, Historique
- Nationalité : Allemand
- Distributeur : Gaumont Distribution, Potemkine Distribution
- Durée : 1h20mn
- Reprise: 22 avril 2026
- Date de sortie : 5 mars 1980
- Festival : Festival de Cannes 1979
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– Reprise en version restaurée : 22 avril 2026
Résumé : Woyzeck est soldat dans une petite ville de garnison au milieu du XIXe siècle. Il vit avec sa femme Marie et son enfant illégitime. Un soir, il tombe dans la folie.
Critique : Woyzeck ressort en salle en avril 2026, à l’initiative du distributeur Potemkine et dans le cadre de la seconde partie de la rétrospective concernée à Werner Herzog. Sept longs métrages sont ainsi présentés dans la programmation intitulée « Les Odyssées de Werner Herzog : le rêve ». Après « La nature » qui scrutait la confrontation de l’homme à des forces le dépassant, et « Le chaos » axé sur les mythes et certitudes, « Le rêve » se penche sur le difficile accomplissement du désir. Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 1979, Woyzeck y fut accueilli tièdement. Il s’agit de l’un des cinq films ayant marqué la collaboration entre Klaus Kinski et le cinéaste, après Aguirre, la colère de Dieu, avant Fitzcarraldo et Cobra Verde. La même année, Nosferatu, fantôme de la nuit avait été mieux reçu. Pourtant, Woyzeck mérite d’être (re) découvert, le film étant cohérent avec l’univers de Herzog et dénotant une belle rigueur de mise en scène. Librement adapté de la pièce inachevée de Georg Büchner, le récit nous transporte dans une petite de garnison, au milieu du XIXe siècle.

- © 2026 Potemkine Films. Tous droits réservés.
Le soldat Johan Franz Woyzeck est le barbier du capitaine et arrondit ses fins de mois en se prêtant à des expériences menées par le médecin militaire. Cela lui permet de nourrir son épouse Marie et son fils illégitime. Marie quant à elle n’est pas insensible au charme d’un tambour-major. Se sentant humilié et mal considéré sur les plans professionnel et conjugal, Woyzeck sombre peu à peu dans la folie... En dépit de longues scènes de dialogues, surtout dans la première partie de la narration, Woyzeck frappe par son épure et le minimalisme apparent de son dispositif (une succession de plans fixes lors de plusieurs passages emblématiques). Le film est sec, aussi tranchant que le couteau qui révèlera les pulsions profondes de son protagoniste : on est loin du lyrisme épique d’Aguirre ou de l’esthétisme nocturne de Nosferatu. Il faut dire que le budget de Woyzeck a été limité, après les moyens confortables accordés à Nosferatu, dont le tournage venait de finir. Celui de Woyzeck ne dura que dix-huit jours et la plupart des scènes ont été filmées en une seule prise, pour une durée totale de quatre-vingts minutes.

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Loin d’avoir l’impression d’assister à une œuvre bâclée, le spectateur appréciera aisément la concision d’un long métrage qui va à l’essentiel, sans fioritures ni digressions. Par ailleurs, Herzog se réapproprie le matériau littéraire de Büchner, Woyzeck étant bien conforme aux personnages tourmentés que l’on trouve dans ses films. Pour incarner cet être tout en démesure, Klaus Kinski, halluciné et profondément investi, ne pouvait qu’être brillant, sans cabotinage ni théâtralité superficielle, dans le prolongement du Nicholson de Vol au-dessus d’un nid de coucou. À ses côtés, Eva Mattes est parfaite en épouse à la fois désirée et sacrifiée. Il est donc temps de considérer Woyzeck comme ce qu’il est, à savoir un jalon essentiel de la filmographie de Herzog, loin de sa réputation d’objet mineur.

- © Potemkine
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