Le 21 juillet 2026
- Dessinateur : Amaury Bündgen
- Genre : Fantasy , Aventure
- Editeur : Casterman
- Famille : BD Franco-belge
- Date de sortie : 8 avril 2026
Un aventure de Dark Donjon Fantasy, à la fois vintage et intemporelle
Résumé : Guerrier émérite, seul rescapé d’une mission commando, Deter revient au Donjon pour récupérer son dû. Malheureusement, le seigneur qui l’a embauché ne compte ni le payer, ni même le recevoir. Il va devoir se frayer un chemin jusqu’au dernier étage...
Critique : Faire une bande dessinée qui pourrait être une courte campagne de Donjon & Dragons à l’ancienne, voilà une belle initiative portée par Amaury Bündgen. Après Le Rite, l’auteur continue donc dans un univers de dark fantasy, avec une emphase sur le "dark" puisque les couleurs (mais nous y reviendrons) mais aussi le sujet sont clairement sombres. En effet, le héros est un anti-héros, assassin mercenaire taciturne à l’aura d’un John Wick qui serait tombé dans la Terre du Milieu. Après une petit prologue sur les alentours du Donjon, ce sont bien les différents niveaux qui attendent le héros, avec leur lot d’ennemis en tout genre : gobelins, orques, morts-vivants et boss, dans un long cheminement que n’aurait pas renié un jeu vidéo de type Baldur’s Gate. La fin y est d’ailleurs particulièrement soignée, avec des rebondissements que la violence crûe du début ne laissait pas vraiment soupçonner, entrelacs de complots et de factions qui laissent même envisager une suite, ou plutôt une exploration de de ce monde développé ici.
© Casterman / Bündgen
Dans une atmosphère qui n’est pas sans rappeler celle de Dionnet et ses Armées du Conquérant, Bündgen laisse la part belle au clair obscur, à l’image de son protagoniste enfant de l’ombre, qui souhaite toujours y rester, mais va à chaque fois prendre toute la lumière des planches, au fond d’un puits ou dans les recoins d’une bibliothèque. Les décors sont forcément soignées, les pierres n’y sont jamais égales et propres, car le donjon semble décrépi, les alcôves plutôt saumâtres et les pièges parfois défaillants. Ils servent de cadres à des créatures jamais ragoutantes, toujours violentes, et si le lecteur parvient à faire fi de cette impression : la laideur est ici une force, une constante recherchée et mise en exergue par une volonté d’originalité bienvenue, prouvant que l’on peut faire un album entier sur des créatures généralement exclue des quêtes principales (même si Warcraft, Heroes of Might and Magic V ou Un gentil orque sauvage avaient déjà prouvé le contraire).
© Casterman / Bündgen
Original dans son scénario et dans l’hommage pour son esthétique, Deter est une œuvre singulière, pour un public amateur de D&D mais aussi de fantasy élégante, violente et toujours en constante évolution.
136 pages – 24 €
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Galerie photos
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