Le 29 septembre 2026
- Scénariste : Pierre-Henry Gomont>
- Dessinateur : Pierre-Henry Gomont
- Genre : Famille, Italie, Hippisme, Rivalité
- Editeur : Dargaud
- Famille : Roman graphique
- Date de sortie : 18 septembre 2026
Rivalité, secret, honneur et fierté. Le temps d’un été deux enfants vont vivre dans le haras familial qui leur était jusque là inconnu. Heureux de pouvoir côtoyer et monter des chevaux, ils découvrent aussi de lourds secrets de famille. Un récit trépidant et sensible sur les terres sèches et chaudes de l’Italie.
Résumé : Andréa et Angelo, deux jeunes garçons découvrent la branche paternelle de leur famille. Enchantés de rencontrer Guido, un excellent cavalier, cousin de leur père, ils sont heureux de passer leurs vacances avec lui. Il leur a promis de leur apprendre comment devenir de bons cavaliers. Leur père, quant à lui, n’est pas du tout à l’aise avec la proposition de son cousin. Mais devant l’enthousiasme de ses deux garçons, il accepte de les conduire sur les terres de son enfance. L’été se passe, les enfants s’entraînent pour une course hippique, avec d’autres jeunes apprentis qui se méfient un peu de ces deux garçons débarqués de nulle part. Passionnés par le milieu hippique, ils se donnent corps et âme pour apprivoiser Hermès, un pur-sang talentueux mais devenu farouche. Dans ce haras, ils découvrent aussi le secret d’une famille déchirée où l’argent et l’honneur ont cultivé un mauvais ressentiment et viciés les relations.

- Montefiore – p.10
- Tous droits de reproduction réservés ©Dargaud, 2026, Gomont.
Critique : Le récit débute sur un rythme effréné, celui d’une course de chevaux montés à même la croupe.
Une course au galop qui se joue dans les rues d’une ville italienne. Les cavaliers s’affrontent et tous les coups sont permis pour franchir en premier la ligne d’arrivée. Andréa et Angelo découvrent par leurs amis que le vainqueur est leur oncle. Sur la ligne d’arrivée, ces deux garçons, enhardis par leurs camarades, décident de se présenter au cavalier victorieux. Cette première rencontre se déroule dans le tumulte d’une arrivée de course. Il y a de la poussière, le soleil qui se reflète sur la coupe du vainqueur et puis ce premier échange entre deux parties d’une même famille qui ne se connaissent pas.
La suite se déroule près de Sienne, dans le fief de la famille, là où Guido est resté vivre alors que son cousin Giorgio, le père d’Andrea et d’Angelo, en est parti très tôt. Il y revient pour ses enfants, heureux et impatients de pouvoir passer l’été auprès des chevaux. Pourtant, rapidement, ils vont découvrir une famille taiseuse et stricte. Une famille qui vit encore dans une demeure bourgeoise, mais dont le train de vie est devenu difficile. Guido, ce cavalier insolent, habite encore auprès de sa mère. Cette mère autoritaire qui n’a que peu d’égards pour ses deux neveux. Si l’ambiance est pesante dans la demeure, elle est tout autre dans les écuries et sur le cours d’entraînement où ils se rendent chaque jour. Avec d’autres jeunes, ils apprennent l’art de monter un cheval sans selle. Ambroggio, l’entraîneur de Guido, veille à l’apprentissage de tous ces jeunes cavaliers qui n’ont qu’une idée en tête : battre Guido lors de la prochaine course.

- Montefiore – p.81
- Tous droits de reproduction réservés ©Dargaud, 2026, Gomont.
Rivalité, tel pourrait être le maître mot de ce récit, insolence, le second, et oppression, le troisième. Le climat de pesanteur qui règne autour de ce haras contraste avec l’été et les paysages méditerranéens qui offrent au récit un cadre chaleureux. Dans ce haras, les relations sont faites de tensions, de rapprochements, d’amertume et de distance. Aucun n’est à l’aise à la place qu’il occupe et pourtant tous y restent. L’arrivée d’Andréa et d’Angelo, deux petites têtes blondes qui ne savent rien de ce qui pèse sur leur famille paternelle, fait basculer en partie les choses. Intrigués par l’attitude fuyante de leur père, ils découvrent cette famille qu’il a fui.
Et depuis, il ne voulait plus entendre parler de sa famille, mais l’arrivée de ses deux enfants l’a fait reconsidérer la notion de famille. En cela, ce récit est un fort témoignage d’amour paternel, mais aussi de l’amour des enfants pour leurs parents, et de la force et beauté du lien fraternel . Avec ce nouvel album, Pierre-Henry Gomont nous interroge sur le sens de la famille, sans complaisance ni mièvrerie. C’est également un très beau récit sur le sens et la valeur de l’honneur.

- Montefiore – p.91
- Tous droits de reproduction réservés ©Dargaud, 2026, Gomont.
Le dessin est vif, nerveux, comme le sont les chevaux dessinés par Gomont. Sans être dans un dessin réaliste, l’auteur parvient, avec quelques traits, à nous faire ressentir la pulsation de l’animal sous sa carne et le claquement des fers sur la terre. Les personnages ont tous des personnalités fortes. Leurs corps anguleux ou ronds sont expressifs. Le dessin est vivant, les corps se meuvent sur les pages de façon nerveuse, parfois bagarreuse, mais toujours avec une agilité assez déconcertante. Le dessin exprime aussi merveilleusement bien toute l’énergie des cavaliers et de leurs montures.
Pierre-Henry Gomont fait le choix de convoquer certains souvenirs de cette famille en optant pour un style graphique tout à fait différent de celui du présent du récit. Il opte pour des couleurs froides et un crayonné plus noir et opaque. L’auteur s’empare également des espaces entre les cases pour parfois y glisser du sous-texte qui prend parfois à partie le lecteur et laisse s’immiscer sa voix. Cela peut être déstabilisant, mais c’est un dispositif qui fonctionne et apporte de l’épaisseur narrative à ce récit à la fois tendre et cruel.
Avec Montefiore, Pierre Henry Gomont signe une bande dessinée impétueuse, sensible et haletante.
192 pages – 27 €
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Galerie photos
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