Le 2 novembre 2026
- Dessinateur : Gilad Seliktar
- Genre : Historique
- Editeur : Éditions çà et là
- Famille : Roman graphique
- Date de sortie : 16 octobre 2026
Le dessinateur Gilad Selitkar est allé à la rencontre d’un survivant la Shoah, qui raconte l’histoire méconnue de l’hôpital juif de Berlin pendant la Deuxième Guerre mondiale.
Résumé : Né en Allemagne 1932, Klaus Zwilsky est un enfant juif qui grandit sous le joug nazi. Son père, pharmacien, est affecté à l’hôpital juif de Berlin, seul établissement en Allemagne où les médecins juifs ont le droit d’exercer. La famille est contrainte d’y résider – avec d’autres – durant les années de guerre. Cet établissement accueille des malades dont le « statut » racial n’avait pas été déterminé par les nazis. Klaus et ses parents survivent ainsi pendant la guerre, non sans craindre l’arbitraire des autorités nazies. Leurs proches, eux, figureront parmi les victimes de la Shoah. C’est cette histoire que Klaus Zwilsky raconte au dessinateur Gilad Selitkar depuis la Californie.
Critique : Nous ont-ils oubliés ? est un album conçu dans le cadre du projet de recherche universitaire Survivor-Centred Visual Narratives, qui utilise la bande dessinée pour recueillir les témoignages de survivants de crimes de masse. C’est dans le cadre de ce projet que le dessinateur israélien Gilad Seliktar s’est rendu à Palm Springs pour rencontrer Klaus Zwilsky. L’album s’inscrit dans une double temporalité avec, d’un côté, le récit touchant de la rencontre transgénérationnelle sous le soleil californien et de l’autre, l’histoire de la jeunesse berlinoise de Klaus Zwilsky sous le joug nazi.

- © Gilad Seliktar / çà et là
- En haut de la planche, le présent du récit. En bas, KLaus enfant pendant la guerre.
Ces deux temporalités sont figurées sur le plan graphique par l’emploi de deux techniques distinctes. Gilad Seliktar use d’une palette colorée, avec l’emploi d’une teinte orangée qui donne de la chaleur et de la douceur au récit et à la rencontre avec Klaus Zwilsky. Les remémorations de Klaus sont représentées par un dessin monochrome bleu qui donne l’impression d’une image d’archive, et par moment d’une forme d’effacement, manière de figurer graphiquement l’évanescence des souvenirs – tout n’est pas représenté en détail – en conservant certains éléments qui ont marqué le témoin. Cette ambiance graphique s’avère particulièrement convaincante, et permet à l’auteur de passer sur une même planche d’une temporalité à l’autre avec une grande fluidité.
Difficile de ne pas être frappé par le témoignage de Klaus Zwilsky et le destin de cette famille juive qui a échappé à la Shoah en raison de l’emploi du père dans cet hôpital juif de Berlin. S’il a survécu, Klaus Zwilsky n’en éprouve pas moins le syndrome du survivant, d’autant que le reste de sa famille a été frappée par les persécutions nazies. Il garde en particulier en mémoire le souvenir de ses deux cousines.

- © Gilad Seliktar / çà et là
Fruit d’une recherche scientifique, l’album est complété par un texte de Charlotte Schallié, qui explicite le projet et donne ses impressions sur la rencontre entre le témoin et le dessinateur. Un livre qui met en lumière l’importance de donner la parole aux derniers témoins vivants de l’horreur nazie.
176 pages – 27 €
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Galerie photos
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