Critique

CINÉMA

Peu m’importe si l’histoire nous considère comme des barbares - la critique du film

Le 18 février 2019

A travers un dispositif fictionnel original, Radu Jude évoque le massacre d’Odessa, perpétré par l’armée roumaine, alliée aux nazis. Un film engagé qui traque les refoulements de l’histoire officielle.

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  • birulune 18 février 2019
    Peu m’importe si l’histoire nous considère comme des barbares - la critique du film

    J’ai pas vu le film mais l’article m’intrigue (en fait j’ai rien compris) c’est la réalisation d’un film dans le film qui pose problème ??? Ça m’échappe. Le film dans le film a-t-il un nom (le docu-fiction sur la reconstitution du génocide ukrainien-juif) ?
    En fait il est là le film. Au lieu de projeter dans les cinémas un film qui se serait appelé LE GÉNOCIDE UKRAINIEN-JUIF, avec les images filmées par les fausses caméras mettant en scène la reconstitution elle-même, celle qui nous est présentée est plutôt une reconstruction de l’histoire, où le personnage fictif qui réalise un docu-fiction sur le génocide ukrainien-juif subit des pressions et doit se battre pour faire reconnaître son œuvre, fictive donc, en cours de tournage.
    C’est presque compréhensible.
    Antonescu est un peu j’espère le vrai héros de ce film. Va savoir. L’âme d’un pays, ça ne se discute pas. "On n’a pas tous eu la chance d’avoir un De Gaulle" aurait fait un mauvais titre, mais il y a forcément bonnes intentions cachées dans le processus. Chez nous personne n’a discuté la valeur d’un La Rafle du Vel’d’Hiv, très poignant au demeurant, mais romancé, avec des méchants collabos et des gentils juifs,et entre les deux la populace parisienne écrasée sous le joug nazi(c’est beau ça passera sur TF1). C’est compliqué de montrer la valeur réelle d’un crime de guerre j’imagine. La mise en abyme serait, dans Peu m’importe si l’histoire (etc), un moyen de nuancer les choses et de se faire une opinion sur le sujet. Sans dramelet. Sans s’identifier aux victimes uniquement mais à chercher la cause de ce qui a entraîné la boucherie qui a eu lieu en Ukraine pendant l’été 1941.
    Avec La Rafle du Vel’d’Hiv (le film, et non l’événement historique du même nom qui désigne l’acheminement des juifs parisiens vers les camps d’extermination en territoire nazis) on essaie de balayer sous le tapis la réalité du drame (on les a laissé partir vers une mort certaine) alors que Peu M’importe Si l’histoire (etc) fait l’inverse : on sort les vieux squelettes du placard et on le jette à la face des générations d’aujourd’hui : leur pays, leur mère-nation, avec tout ses manuels d’histoire et son drapeau sans tâche, souffre aussi d’avoir plier sous le joug de l’opresseur nazi, mais ils n’ont pas collaborer pour faire pire, c’est à dire faire eux même ce que les nazis projetaient de faire, sans chambre à gaz ni camp de la mort.
    Je ne discute pas la valeur morale d’une ou l’autre manière de faire (collaborer et laisser massacrer ou faire le massacre soit même) mais je pense que le film répondra sans doute à la question.

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