Le 23 septembre 2026
- Scénaristes : Dan Houser>, Lazlow>
- Dessinateurs : David Lapham, Chris Anderson
- Coloriste : Lee Loughridge
- Genre : Aventure, Humour, Humour, Satire
- Editeur : Urban Comics
- Famille : Comics
- Date de sortie : 4 septembre 2026
Un récit déjanté et explosif qui caricature les déboires de l’Amérique contemporaine, victime d’une société ultra-polarisée.
Résumé : William Hamilton est un avocat qui travaille depuis le Wyoming pour un grand cabinet d’avocats, au service d’intérêts capitalistiques. Il vit dans une banlieue pavillonnaire sans âme avec sa femme, une républicaine complotiste, et ses deux enfants, une fille woke et un garçon trop occupé à jouer aux jeux vidéos pour saisir la complexité du monde qui l’entoure. William déteste sa vie, sa femme, son addiction aux jeux, et aimerait quitter cette banlieue qui l’horripile, mais il n’en a pas le courage. Sa femme se radicalise sur internet et s’arme en prévision d’une guerre contre « l’État profond ». Les voisins mormons des Hamilton semblent en apparence plus paisibles. Orson Charmers est l’heureux père d’une famille nombreuse et l’époux d’Eliza, une femme blonde que William regarde avec envie. Mais Orson suit dans les faits les commandements d’un homme véreux qui utilise sa foi et sa docilité pour commettre des crimes…
Critique : L’Amérique trumpiste, avec sa post-vérité, ses théories conspirationnistes et ses accents dystopiques, constitue aussi bien une source de crainte que d’inspiration. Dan Houser tire de cette actualité une satire féroce et violente, qui se tient dans le Wyoming, un État conservateur du Midwest où l’amour des traditions et du capitalisme n’a d’égal que la corruption et l’intolérance envers son prochain. L’Amérique contemporaine est un pays violent et, en poussant le curseur, Dan Houser et Lazlow comptent bien le montrer pour en rire jaune.

- © Dan Houser, Lazlow, David Lapham, Chris Anderson / Urban pour l’édition française
Le récit se fonde sur le parti-pris que toute nuance politique a disparue, et que libéraux et conservateurs se haïssent. Cette violence s’insinue même dans la famille : chez les Hamilton, William est un type sans envergure, qui n’a pas la posture d’un véritable conservateur, et c’est que lui reproche son épouse. Cette dernière incarne cette Amérique complotiste qui a perdu contact avec le réel, et vit sa haine essentiellement en ligne… ce qui n’empêche pas d’avoir des effets sur le monde réel. Pour elle, les démocrates violent des enfants, les aliens ont infiltré Washington et l’État profond complote contre l’Amérique, dont il faut restaurer les valeurs. Le garage s’est donc transformé en armurerie pour faire face à la guerre civile qui ne manquera pas d’arriver…

- © Dan Houser, Lazlow, David Lapham, Chris Anderson / Urban pour l’édition française
La narration d’American Caper se construit sur les deux figures-miroirs de William et d’Orson. Ce dernier, derrière son sourire charmeur et son assurance de façade (il ne cesse de répéter qu’il est béni), est en fait un criminel aux ordres d’un homme plus puissant et plus malin que lui. Le monde des deux familles vacille lorsqu’un utilitaire fonce dans l’enclos qui sépare les maisons : du fourgon sort trois criminels et… des migrants illégaux, ce qui déclenche une enquête de police. Au-delà de ce duo peu recommandable, tous les personnages sont détestables, et le scénario manie l’humour noir avec une certaine adresse.
Cynisme, corruption, fusillades, meurtres : American Caper ne lésine pas sur la violence, qui possède ici une dimension cathartique. Car tout est exagéré, y compris dans le dessin : un coup de pelle fait sauter une cervelle, un coup de fusil fait sortir les viscères, les muscles sont protubérants, les publicités représentées dans les planches ou entre les chapitres sont caricaturales… Mais rien n’est pourtant dénué de sens. Il serait faux de dire que l’album ne caricature que le camp conservateur. Les progressistes prennent également quelques « balles perdues », notamment lors d’une séquence qui se déroule à Brooklyn.
American Caper représente avec une certaine astuce une Amérique sans boussole morale, une société où tout est permis car plus personne ne se parle. Si le récit constitue évidemment une caricature, avec sa violence débridée et son humour noir, il dit quelque chose des angoisses outre-Atlantique. En attendant, cette lecture fait l’effet d’une injection d’adrénaline !
136 pages – 14,50 € (prix de lancement
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Galerie photos
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