Critique

CINÉMA

L’homme sans passé - la critique

Le 14 avril 2013

Une cette histoire d’amnésie à la Kafka, un individu confronté au monde absurde qui l’entoure.

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  • giridhar 29 janvier 2006
    L’homme sans passé - la critique

    "M", un homme dont on ne sait rien arrive par le train dans les environs d’Helsinki. Il dort sur un banc et se fait rouer de coups par trois petits truands. Il perd la mémoire. Rencontre une femme, Irma, qui oeuvre pour l’armée du salut. Elle va l’aider et, lorsqu’il aura appris que son ancienne femme a obtenu le divorce, l’aimer.

    Le type même du film que je déteste et qui me donne une furieuse envie de quitter la séance au bout d’une demi-heure ! J’ai cependant tenu jusqu’au bout. Il ne s’agit bien sûr pas là d’une quelconque critique de l’oeuvre en elle-même. Il est indéniable que l’on peut lui trouver des qualités fort positives, (pudeur, sobriété, imagerie en harmonie avec la désespérance que génère la pauvreté), ce qui a été apparemment le cas dans divers festivals. De même, bien sûr, il est possible d’ergoter à l’infini sur les supposés messages subliminaux que le réalisateur a peut-être souhaité introduire derrière chaque geste, chaque regard, ou chaque angle de vision. 

    Simplement ce type d’oeuvre et surtout son traitement se situent à l’opposé de la vibration sensorielle avec laquelle je me sens en harmonie. Tout y est froid, aseptisé, glacial, morbide. Le scénario est minimaliste, tout comme les décors, tout comme les dialogues (j’en ai oublié les neuf dixièmes une heure après avoir quitté la salle). Les personnages se promènent tels des spectres avec des visages aussi expressifs que ceux de zombies. Peut-être l’émotion existe-t-elle, quelque part, au fond de leurs entrailles, mais il n’en apparaît aucune lueur sur l’écran. Tout au moins, n’y ai-je pas été sensible le moins du monde. Il faut, je pense, un réel effort mental et cordial pour ressentir la plus petite palpitation devant cette errance désincarnée. J’avoue ne pas en être capable.

  • habiba_s 31 janvier 2006
    L’homme sans passé - la critique

    Kaurismäki possède un univers propre, fait de personnages décalés, d’une image dépouillée et d’un (faux) rythme déconcertant.

    « L’homme sans passé » ne déroge pas à cette triple règle. Cette visite au cœur de la Finlande des désoeuvrés est bouleversante. Le héros, sans nom, sans identité tente de retrouver son passé, puis finira par se reconstruire dans ce drôle d’univers où il trouvera des repères plus stables que dans sa vie d’avant. L’amour sera la pierre angulaire de cette reconstitution de soi.

    « L’homme sans passé » n’est pas un film sans naïveté. Cette naïveté est la force de cette fable paradoxale, où le cynisme point çà et là (ces personnes qui agressent le héros, sa femme qui finit par le retrouver, les SDF qui se tirent dans les pattes etc.) mais où l’idéalisme finit par triompher.

    Markku Peltola est grandiose en Buster Keaton inexpressif (c’est un comble !)

    Kaurismäki continue de creuser le sillon d’un autre cinéma, tout en subtilité et en humanisme.
    Cette chronique sociale mi-enchantée, mi-désenchantée en est une belle illustration.

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