Critique

CINÉMA

Black Swan - la critique

Le 9 avril 2014

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Vos avis

  • 15 janvier 2011, par Norman06

    N’ayons pas peur des mots : c’est déjà sûrement l’un des chefs-d’œuvre du 7e art : scénario époustouflant, art du filmage des corps magnifique, tension dramatique, mélange subtil des genres... Si les références sont nombreuses (Polanski, Hitchcock, Cronenberg, Lynch, Haneke, Ophuls, Buñuel, Visconti...), Aronofsky les transcende par une élégance hors pair. Plus que Vincent Cassel peu crédible en mentor déjanté, Natalie Portman trouve le meilleur rôle de sa carrière, bien épaulée par Barbara Hershey et Winona Ryder.

  • 11 février 2011, par Frédéric de Vençay

    Un coup de force qui retourne le cerveau, comme souvent chez Aronofsky. Le film souffre sans doute de quelques lourdeurs dans sa symbolique et ses démonstrations de mise en scène (musique omniprésente, thématique du double surlignée...), et son côté ultra-référencé ne lui rend pas vraiment service (le comparer au DePalma ou au Polanski des grands jours ne plaide pas en sa faveur). Cependant, il fait preuve d’un certain panache dans ses scènes de danse en caméra portée, inédites et gracieuses. Nathalie Portman se défonce comme jamais, et le dénouement demeure splendide et terrassant. Peut-être pas un chef-d’oeuvre, mais assurément l’un des premiers grands rendez-vous de cette année.

  • 12 février 2011, par Jean-Patrick Géraud

    Black Swan est, à bien des égards, un film brillant. Non seulement la mise en abyme donne lieu à des prouesses de mise en scène (exceptionnel numéro final), mais le film peut carrément se lire comme une adaptation inversée du Lac des Cygnes. La quête de la perfection se substitue ainsi avec grâce à celle de l’amour, seul l’accomplissement du numéro pouvant "briser le sortilège" de Nina. Curieusement, Aronofsky explore des thèmes lynchiens (la rivale, le spectacle, le double) mais avec une mise en scène très personnelle, qui confirme la singularité de son style et l’impose comme un des réalisateurs les plus talentueux de sa génération. Portman est éblouissante, tout comme les rôles secondaires, que la caméra filme avec une précision époustouflante. En définitive, le métrage répond à ses propres impératifs, à la fois "White" (technique presque parfaite, harmonie de l’ensemble) et "Black Swan" (dérapages impromptus, virtuosité dans l’imperfection). Magistral et suffocant.

  • 17 février 2011, par Jujulcactus

    La scène d’ouverture donne le ton, on va assister au ballet de la perfection et de la noirceur... Un cygne blanc et un cygne noir pour une seule et même personne, une seule et même danceuse .. Nina va porter l’espoir de toute sa vie, voire celui de sa mère aussi, pour aller chercher un titre au sommet de la dance classique et des obstacles du milieu. Mais une fois sur le trône, la pression, la concurrence, font sombrer la danceuse dans une torpeur continue qui l’oblige à se battre comme une lionne pour arriver à ses fins, à la perfection... Le nouveau film de Darren Aronofsky dégage une puissance incroyable, par son imparable parade entre l’élégance et les ténèbres de la folie. L’interprétation magistrale de Natalie Portman y est pour beaucoup, à la fois forte et fragile, le réalisateur joue là encore sur les contrastes. Son regard de Cygne noir fait encore froid dans le dos et en dit long sur les motivations du personnage et de l’actrice, elle déploie ses ailes au sens propre comme au figuré, gagnant en intensité à chacune des scènes, c’est sans conteste le rôle de sa vie ! A ses côtés on retrouve un Vincent Cassel correct (son accent m’a au départ dérangé mais c’est au final cohérent car son personnage est français) et Mila Kunis irradiant l’écran de sa beauté et de sa fraicheur. Elle incarne la principale concurrente de l’héroïne, un rôle ambigu en raison du point de vue choisi ... A noter aussi le rôle clef de la mère, spectatrice impuissante des dérives de sa fille. Si on peut reprocher au film ses inombrables effets de style, pour angoisser notamment (musique lourde, caméra qui filme les personnages de dos, grain prononcé de l’image...) il trouve étonnamment sa force dans la surenchère, en rajoutant jusqu’à un final ... Apothéose d’une métamorphose ! Des dernières minutes époustouflantes et cohérentes qui donnent un sens à tout un film et qui tétanisent le spectateur. Assurément un des plus grands moments de cinema. On ressort de cette exprérience différent que lorsqu’on y est entré, et ça c’est du grand cinéma, à la fois gracieux et angoissant qui ne manquera pas de faire sursauter par son ambiance oppressante... Inoubliable ... Une claque !

  • 11 mai 2012, par JIPI

    "La seule ennemie que tu as, c’est toi. Laisse-la sans aller"

    Black Swan est la lutte interne d’un double esprit immature et compétitif emmuré dans une peur de grandir additionné d’une dominance matriarcale l’empêchant de se métamorphoser en acceptant un monde non tel qu’on voudrait qu’il soit éternellement mais tel qu’il est.

    De nos jours afin de réussir dans certains secteurs, être introvertie, craintive, timide et éloignée du sexe ne mène qu’a la destruction de ses ambitions, aux moqueries et à l’oubli.

    Si l’on veut être dans la lumière, il faut se séparer de la chaleur réconfortante d’une armée de doudous, devenir arriviste, jalouse et perverse en se rapprochant d’une concurrence effrénée que l’on gère par sa transcendance, le tout dans des litres de sueur et d’incertitudes.

    Black Swan conflit intense entre deux concepts antinomiques domiciliés dans un même corps démontre le terrible sacrifice qu’il faut effectuer dans certaines disciplines pour ne pas rester un anonyme à perpétuité.

    Le choix final s’effectue sur un visage blême et amaigri dont l’extériorisation et les gestes libérés signifient une découverte du plaisir tissée dans un système de survie hallucinatoire.

    La continuité ne pouvant s’effectuer que dans l’archivage d’une enfance obsolète que l’on conserve dans un corps à son image convoitée par un dominant désirant plus éveiller que posséder.

    Une passion ne se suffit plus à elle même. ll faut lui rajouter la rage de vaincre à l’aide de formules préalablement inconnues.

    Loin d’un visage d’enfant n’espérant plus la dualité d’un instructeur impitoyable mais juste mêlant sévérités et caresses rassurantes

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