Le 24 juillet 2026
- Scénariste : Patrick Horvath>
- Dessinateur : Patrick Horvath
- Genre : Thriller, Horreur, Internet, Amérique du Nord
- Editeur : Ankama
- Famille : Roman graphique
- Date de sortie : 3 juillet 2026
Quand une épicière serviable se révèle être une tueuse en série, sadique et méthodique, une bande dessinée animalière qui fait froid dans le dos !
Résumé : Woodbroock est une petite bourgade d’Amérique du Nord, rendue tristement célèbre quelques années plus tôt par une série de meurtres. Depuis, le calme semble revenu. Samantha Strong mène une existence tranquille derrière le comptoir de sa quincaillerie. Elle avait su, à l’époque, mener l’enquête et retrouver l’assassin, ce qui lui vaut l’estime générale. Pourtant, elle dissimule un secret glaçant : elle est elle-même une tueuse en série. Huit ans après l’un de ses crimes, elle découvre que Monica Brewer, sœur d’une de ses victimes, s’acharne à retrouver la trace de son frère. Pour tromper son ennui, Samantha prend contact avec elle, prétendant l’aider. En réalité, derrière cette main tendue, elle entraîne Monica dans un jeu de piste macabre et perfide. Une bande dessinée d’horreur destinée à un public averti.
Critique : Cet album est la suite de Beneath the Trees Where Nobody Sees ], traduit et publié en 2025 par Ankama. Si les deux ouvrages peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre, la lecture du premier éclaire néanmoins celle du second et permet de mieux saisir les enjeux qui traversent les personnages imaginés par Patrick Horvath.

- Beneath the Trees where nobody sees. Rite of spring – page 6
- Tous droits de reproduction réservés ©Ankama Éditions, 2026, Horvath.
Critique : Le récit s’ouvre sur un prologue consacré à Monica Brewer : une femme au regard triste, au sourire éteint. Depuis la disparition de son frère Daniel, elle s’est installée dans la ville où il vivait. Elle n’a plus vraiment d’espoir de le retrouver vivant, mais refuse d’abandonner l’enquête : elle veut comprendre. Désabusée mais déterminée, elle mène une vie réduite à une routine morne : dormir, travailler, et faire la tournée des commissariats du secteur. Lorsqu’elle reçoit un message d’un inconnu lui conseillant de chercher du côté de Woodbrook, l’espoir renaît. Nous sommes au printemps : une nouvelle saison commence. Dans la ville où arrive Monica, les habitants ne s’inquiètent plus des meurtres passés, mais de l’irruption d’animaux sauvages dans leurs rues.
Or, détail essentiel : eux-mêmes sont des animaux. Premier contraste déroutant, qui renvoie à nos propres sociétés humaines et à la peur de ce qui est différent. Horvath parvient, ici comme ailleurs, à faire émerger les zones d’ombre de nos communautés. Il excelle à mettre ses lecteur·ices mal à l’aise par des scènes dérangeantes. La physionomie des personnages y contribue : des animaux anthropomorphes aux têtes rondes, légèrement disproportionnées, qui accentuent leur étrangeté.
Si Samantha et Monica sont les protagonistes, elles évoluent au milieu de personnages secondaires aux existences paisibles mais tristes. Par exemple, Bertie, tortue solitaire et casanière, découvre grâce à Internet qu’il peut échanger sans sortir de chez lui. Ou bien, Lewis Burrow, qui travaille à la quincaillerie, est un adolescent vivant seul avec une mère dépressive, dépendante aux benzodiazépine.

- Beneath the Trees where nobody sees. Rite of spring – page 36
- Tous droits de reproduction réservés ©Ankama Éditions, 2026, Horvath.
Le dessin de Horvath est minutieux, doux, réalisé à l’aquarelle, tandis que le récit est implacable, dur et macabre. En attirant Monica dans sa ville et en l’aidant à découvrir la vérité sur la mort de Daniel, Samantha se délecte d’un nouveau jeu cruel. Plusieurs flashbacks évoquent les anciens meurtres commis par Samantha. Ils surgissent dans le récit, violemment, de manière profondément dérangeante. La construction est subtile, et la bande dessinée permet à Patrick Horvath de juxtaposer des cases dont les contenus sont très différents l’un de l’autre. Par exemple, une case montre une tasse qui se remplit de thé et de l’autre un cadavre qui se vide de son sang (cf page 72, ci-dessous). Comme dans le précédent album, il montre les corps des victimes en recourant à l’esthétique du body horror. Le visage atonique de Samantha est tout aussi déstabilisant : jamais, alors qu’elle manigance un plan sordide, elle ne laisse transparaître la moindre émotion.
Avec ce nouvel album, Patrick Horvath signe un thriller psychologique autant qu’un récit social perturbant. Si les intentions de Samantha sont loin d’être angéliques, la société qui l’entoure n’est pas vertueuse non plus. Par différents fils narratifs, l’auteur parvient à faire ressentir les mal êtres profonds de nos existences contemporaines.

- Beneath the Trees where nobody sees. Rite of spring – page 72
- Tous droits de reproduction réservés ©Ankama Éditions, 2026, Horvath.
La couverture est explicite : ce livre est sanguinolent et ne s’adresse pas à tous les publics. La vérité sur la personnalité de Samantha sera-t-elle enfin révélée ? Monica parviendra-t-elle à obtenir justice pour son frère ? La lecture vous apportera les réponses, mais il est presque certain aussi qu’elle vous troublera.
160 pages – 20,9 €
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Galerie photos
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