Critique

CINÉMA

Kinatay - Brillante Mendoza - critique

Le 18 novembre 2009

Mendoza filme adapte son style au genre du cinéma d’horreur et filme un thriller audacieux mais déroutant.

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  • Norman06 5 août 2009
    Kinatay - Brillante Mendoza - critique

    Mendoza filme en temps réel une sinistre expédition, situant le road movie dans un univers glauque, sans complaisance et en évitant le voyeurisme. Reste que le film donne beaucoup trop dans l’exercice de style minimaliste et que Mendoza peine à insuffler un véritable souffle à ce non thriller.

  • Charly 7 mars 2010
    Kinatay - Brillante Mendoza - critique

    Pire film de l’année 2009 ?

    http://lesitedelaverite.fr

    Rien de mieux pour exprimer la colère ressentie à la vision de Kinatay que de contrer point après point les qualités vantées ci et là par des journalistes visiblement aveuglés par un prix (honteux) de la mise en scène à Cannes.

    On nous promet un film étouffant, audacieux, trash, dérangeant, j’en passe et des meilleurs. Mais Kinatay, c’est d’abord l’insondable ennui d’une première heure passée en compagnie de philippins pauvres (pléonasme ?), filmés avec une telle neutralité, une telle distance (oui, car comprenez-vous, Mendoza ne se veut surtout pas « moralisateur ») qu’il est impossible de se raccrocher à quelque événement que ce soit (même un mariage qui avait tout pour être burlesque !). Cela est étouffant, sans aucun doute, pesant, certainement. Comme peut l’être l’ennui dans sa forme la plus aiguë. Mais depuis Lost In Translation, l’ennui a bon dos, l’ennui est fascinant, à croire que si tout le monde s’emmerdait, ce serait vachement puissant ! Non. L’ennui, c’est la traduction ici d’une volontaire et exaspérante absence de scénario, tout ça au nom d’une putain de neutralité, d’une forme de réaction anti-Haneke primaire.

    Remettons les choses à leur place. Si Kinatay a (un peu) défrayé la chronique en fin d’année 2009, c’est pour une seule raison : un démembrement intégral de pute en temps réel. Parce qu’il est vu par des yeux (presque) innocents, parce qu’il fait suite à un vide intersidéral (près d’une demi-heure passée dans une voiture, sans un mot, sur un périphérique bouché et sale, moche), il est censé susciter l’horreur, révolter, nous alerter sur la violence du monde. Si si. Mendoza veut « dénoncer les horreurs qui agitent le monde ». C’est lui qui le dit. Il pense qu’en filmant « en temps réel », il fait naître le suspense. Il pense que « plus le traitement est brut, plus il devient efficace. » Et comble du comble, il croit révolutionner le film d’horreur, en faisant intervenir son crime à la fin plutôt qu’au début. Un discours aussi puéril ferait certainement rire Haneke, qui réfléchit (vraiment, lui) sur la violence depuis plus de 20 ans. Il suffit de voir les bonus de tous ses films pour se rendre compte de la profondeur de sa réflexion sur le sujet, que l’on adhère ou non à ses films.

    Mais Mendoza, lui, échoue point par point dans tout ce qu’il entreprend. Parce que quoi ? Il croit que sa petite idée scénaristique arrogante suffit à mettre en abîme tout un genre dont les chefs d’oeuvre, bien moins prétentieux pourtant, ne manquent pas ? Que croit dénoncer Mendoza en nous exposant ce crime gore et gratuit ? Si cette débauche de violence chronométrée a un sens, c’est uniquement celui de libérer un spectateur qui n’en peut plus de se trémousser sur son fauteuil en attendant désespérément qu’il se passe quelque chose. Et on passera rapidement sur les ambitions d’efficacité du réalisateur philippin : on lui conseillera simplement d’aller se mater quelques Carpenter, qui en terme d’horreur laissera une autre trace que ce misérable étron pour cinéphiles snobinards, qui rient certainement en société de Massacre à la Tronçonneuse en étant persuadés que c’est le pire des navets.

    Voir en ligne : Kinatay

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