Le 20 avril 2026
- Scénariste : Bianca Schaalburg>
- Dessinateur : Bianca Schaalburg
- Genre : Drame, Thriller, Espionnage
- Editeur : L’Agrume
- Famille : Roman graphique
- Date de sortie : 26 mars 2026
Un récit politique et d’espionnage réaliste et incarné entre Paris et Berlin, sur fond de menace terrorisme et de montée de l’extrême-droite.
Résumé : Allemand d’origine irakienne, Amir est témoin d’un attentat à la voiture piégée qui frappe Berlin sur la Karl-Marx-Strasse. Les soupçons se tournent immédiatement vers Yusuf, son ami d’enfance et journaliste, dont les papiers sont retrouvés sur le véhicule ayant servi à l’attentat. Amir est lui-même soupçonné de complicité lorsqu’il quitte précipitamment les lieux du drame. Dans sa fuite, il croise Emma, une jeune femme intrépide qui se présente comme une détective privée. Celle-ci se propose de l’aider à mener l’enquête pour innocenter Yusuf et comprendre le mobile des commanditaires. Les deux compères, qui finissent par former un couple, marchent à Paris, sur les traces de Yusuf. Leur enquête les mènent sur les traces d’une organisation d’extrême-droite, qui utilise la peur comme levier pour prendre le pouvoir.
Critique : Dessinatrice venue tardivement à la bande dessinée, Bianca Schaalburg s’est fait remarquer par la critique pour L’odeur des pins, fresque familiale et autobiographique qui reconstitue la destinée de la famille de l’autrice allemande depuis les années 1930. L’autrice revient cette fois avec une fiction politique enlevée qui résonne puissamment avec nos inquiétudes contemporaines : la menace du terrorisme islamiste et, en regard, la montée de la haine raciste. Comme Bianca Schaalburg le stipule dans un court avant-propos, « cette histoire est inventée et ne repose pas sur des faits réels. Pourvu que ça dure ». L’enquête menée par les deux personnages éponymes révèle une machination politique, qui utilise la menace terroriste et le caractère inflammable des réseaux sociaux.

- © Bianca Schaalburg / L’Agrume
Les premières pages du récit présentent les deux personnages éponymes, qui fréquentent les mêmes lieux – différentes piscines de Berlin – sans se connaître, jusqu’au jour de l’attentat. Emma et Amir ont des caractères bien différents, voire opposés : lui vit seul avec son chien – mort quelques jours avant l’attentat qui fait basculer sa vie –, elle est une aventurière qui ne tient pas en place. Lui vit cet événement comme une tragédie intime, avec la perte d’un être cher. Elle persiste dans sa volonté d’avancer et de découvrir la vérité derrière le drame. Leur quête commune menée entre les deux capitales scelle leur union, qui se joue des stéréotypes ethniques et de genre, comme un pied de nez à l’actualité anxiogène du récit – lorsqu’ils séjournent à Paris, ils apprennent que d’autres attentats frappent les grandes villes européennes – qui fait bien entendu écho à la nôtre.

- © Bianca Schaalburg / L’Agrume
Bianca Schaalburg opte pour un dessin au trait stylisé aux contours arrondis, qui emprunte quelque peu à la tradition franco-belge de la caricature. La dessinatrice rend également un bel hommage graphique aux deux capitales française et allemande. Les gardes de la couverture présentent d’ailleurs un plan de Berlin et de Paris, avec l’itinéraire des personnages, comme une invitation à la flânerie. On sent que Bianca Schaalburg connaît bien les deux villes, dont elle représente les bâtiments et les vibrations avec soin.
Avec son intrigue et son dessin dynamique, Emma & Amir nous captive jusqu’à la dernière page. Bien qu’il nous interpelle par son sujet politique, le récit ne nous offre pas moins une note d’espoir à travers cette histoire d’amour improbable, incarnée par des personnages attachants. Après un premier album déjà très réussi, Emma & Amir confirme le talent de Bianca Schaalburg.
168 pages – 22,90 €
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Galerie photos
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