Le 30 mars 2026
Un huis-clos condensé sur la fine limite entre amour et amitié.
Résumé : À travers les étages d’un appartement bondé de monde et dans une fête sans fin, Gwen et Noah se perdent et se retrouvent, à la recherche d’un chat et de sentiments qui leur échappent...
Critique : Dans cet ouvrage à la pagination ramassée, que l’on pourrait facilement qualifier de "nouvelle" s’il s’agissait d’un roman, une belle métaphore vient illustrer un sujet généralement évité par les arts en général, et la bande dessinée en particulier. Rares sont en effet les albums à évoquer uniquement le thème de l’amitié, mais pour ce qui est de l’asexualité, La rumeur du chat perché fait bel et bien office de pionnier. De par son format, il fallait donc avoir un cadre posé rapidement, et une conclusion tout aussi hâtive, et force est de constater que Camille Leto n’a bâclé ni l’un, ni l’autre. Les deux protagonistes, Gwen et Noah, ont des personnalités opposées : l’un discret et plutôt taciturne, l’autre solaire et expansive, et tous leurs amis semblent obsédés par une idée : les mettre en couple. Un jeu de chat et de la souris se met en place, rappelé par ce chat qui leur échappe, cette question qui reste en suspens tout au long des planches : vont-ils en effet finir ensemble ? Sans trop gâcher la fin, le thème ayant été dévoilé dès le début de cette chronique, il s’agit d’une réponse négative qui attend le lecteur, et celui-ci va, tout comme les amis, la société et la majorité des individus, plutôt mal le prendre, habitué qu’il est aux happy endings et couples hétéronormés dans les œuvres de fiction. Non, la révélation qui s’ouvre aux deux personnages est autre, celle d’une amitié pure, platonique, sans arrière-pensée, un de ces liens qui existait déjà mais que la fiction préférait jusque là éviter.
© Kinaye / Letouzé
Pour mettre en forme et en couleur ce thème de l’asexualité, c’est donc une fête donnée dans un immeuble, où chaque étage correspond à un niveau d’attente de la société, à une strate dans lequel tout individu se doit de passer pour être sociable, être admis dans la société, pour monter encore et encore les escaliers jusqu’à l’épiphanie d’un grenier tranquille, d’une terrasse ouverte sur l’inconnu. Bien en place, cette métaphore filée est très agréable, même si un étage se révèle pénible, l’endroit et les décors ne sont jamais totalement négatifs, l’ambiance restant positive jusqu’au bout. L’ensemble fait de cet album une belle analogie, à mettre dans le plus de mains possibles.
© Kinaye / Letouzé
Résumer cette œuvre à son thème original et inédit serait dommage, car son graphisme et son déroulé sont également très aboutis, mais il convient de mettre en avant cette volonté de retranscrire une aspiration, celle de l’asexualité.
40 pages – 11,90 €
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Galerie photos
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