Le 16 septembre 2026
- Acteur : Marion Barbeau
- Plus d'informations : Le site du Festival
- Festival : Festival de Deauville 2026
Marion Barbeau, actrice et danseuse, membre du jury de la Révélation au 52e Festival du cinéma américain, a accepté de répondre à nos questions depuis Deauville.
Marion Barbeau a commencé sa carrière par la danse. Elle a été première danseuse à l’Opéra de Paris. En 2022, Cédric Klapisch lui propose le premier rôle pour son film En corps. Parallèlement à la danse, commence alors pour elle une nouvelle carrière au cinéma.
AVoir-ALire : Est-ce votre première participation à un festival de cinéma comme jurée et comment est organisé le jury de la Révélation ?
Marion Barbeau : J’ai déjà participé à des jurys de festival, l’un de danse et l’autre de danse et cinéma. Mais c’est ma première participation à un festival aussi majeur. Et j’adore ! C’est foisonnant et riche à la fois. Je trouve que les films proposés, issus d’une sélection aiguisée, sont très chargés émotionnellement. Mais je connaissais déjà le festival pour y être venue comme invitée pour un week-end il y a quatre ans. J’ai eu la chance de voir ce merveilleux film de Charlotte Le Bon, Falcon Lake qui avait reçu le Prix D’Ornano-Valenti. J’ai pu aussi en voir quelques autres : je me souviens tout particulièrement d’Aftersun, que je suis d’ailleurs retournée voir une seconde fois après.
AVoir-ALire : Êtes-vous particulièrement cinéphile ?
Marion Barbeau : Oui, tout à fait. Malheureusement, je suis très rarement en France pour mon métier. J’ai donc raté beaucoup de films au cinéma ces derniers temps. Ici à Deauville, c’est agréable de se plier à la rigueur d’être jurée et de voir autant de films. Cela fait vraiment du bien. C’est aussi très riche en rencontres.
AVoir-ALire : Comment se déroule les travaux du jury de la Révélation ?
Marion Barbeau : Pour l’instant, c’est plutôt informel. On échange librement. Et justement aujourd’hui, comme nous sommes au milieu du festival, on se disait qu’il serait temps d’organiser une réunion pour faire un point. Il faut préciser que pour le prix de la Révélation, tous les films en compétition sont éligibles, et pas seulement les premiers films.
AVoir-ALire : Connaissez-vous déjà d’autres membres de votre jury ou de l’autre ?
Marion Barbeau : Non, je ne connaissais pas personnellement les autres. J’avais juste croisé une fois Noée Abita. Dans l’autre jury, j’avais rencontré Simon Abkarian par l’intermédiaire de Cédric Klapisch. Cela ne fait pas longtemps que je fais du cinéma, et ici, il y a une belle occasion pour se faire de nouveaux amis dans la profession.
AVoir-ALire : Comment passe t-on de la danse au cinéma ?
Marion Barbeau : C’est vraiment Cédric Klapisch qui est venu me chercher pour participer, comme d’autres, au casting de son film qui se situait dans le milieu de la danse. C’est un habitué de l’opéra. Il avait déjà fait quelques captations de spectacles. C’est comme cela qu’il a rencontré le chorégraphe Hofesh Shechter pour l’une de ses créations dans laquelle je dansais. Et c’est comme ça qu’au final j’ai été choisie pour le premier rôle d’En corps. Ce qui était pour moi carrément énorme ! C’est d’ailleurs Hofesh Schechter qui a assuré la chorégraphie du film. Ce qui est bien dans cette histoire, c’est que je n’avais conscience de rien du tout ! J’ai eu le privilège d’avoir des partenaires très généreux, sympathiques et accessibles. Cédric Klapisch installe une bonne ambiance et sait s’entourer d’une équipe aussi joyeuse que formidable. C’est par ce film que j’ai découvert le cinéma... et vraiment, j’ai eu beaucoup de chance.
AVoir-ALire : Comment s’est poursuivie votre carrière ?
Marion Barbeau : Depuis longtemps, je me questionnais sur mon avenir à l’Opéra. Depuis ma rencontre en 2018 avec Hofesh Scechter, la danse contemporaine m’attirait de plus en plus, ce que ne permet pas souvent l’Opéra, qui demande de la polyvalence et évidemment privilégie le classique. J’avais très envie de travailler avec des chorégraphes contemporains qui émergeaient au moment où le cinéma est arrivé. C’est avec une certaine évidence que, petit à petit, j’ai quitté l’Opéra pour la danse moderne, et afin de me rendre plus disponible pour le cinéma. J’avais fait un clip avec Bastien Bouillon qui s’était très bien déroulé, et c’est ainsi que j’ai passé le casting pour Un homme en fuite de Baptiste Debraux dans lequel il a le rôle principal.
AVoir-ALire : Et Gourou ?
Marion Barbeau : Au vu du casting, je n’ai pas du tout hésité. J’étais très curieuse de voir comment travaillait Pierre Niney. Il y avait aussi Christophe Mortenez et Anthony Bajon, qui sont aussi pour moi des acteurs d’exception. De plus, j’ai beaucoup apprécié Boîte noire, du même réalisateur, Yann Gozlan. Effectivement, cz fur un bonheur de jouer avec Pierre, qui est très professionnel, très constant. Il est généreux de la première à la dernière prise tout en changeant plein de détails à chaque fois. À mon niveau, j’apprends tout le temps, et ce film a été une belle leçon de cinéma. J’ai pu enchaîner avec À voix basse de Leyla Bouzid qui est mon dernier film en date.
AVoir-ALire : Vous continuez toujours la danse et quels sont vos projets notamment au cinéma ?
Marion Barbeau : Beaucoup de danse, oui ! J’ai très envie de travailler avec des personnes qui m’intéresse, que ce soit dans le cinéma ou la danse. Je ne veux pas perdre le spectacle vivant. Être sur scène est une chance et un privilège, et j’ai même des perspectives de théâtre. J’ai dû, pour des raisons personnelles, décliner un projet avec la metteuse en scène Pauline Bureau, mais ce n’est que partie remise.
Tout est lié très fort. Pour moi, le cinéma, la danse, et le théâtre bientôt, se répondent. On trouve toujours toujours le mouvement, ainsi que l’écoute et l’entente avec le partenaire, ce qui en danse est évidemment vital.
Pour des motifs personnels toujours, je n’ai pas de projet immédiat de cinéma. Je danse jusqu’en novembre et après on verra !
Propos recueillis par Fabrice Prieur

- © Festival de Deauville
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