Le 10 mai 2026
- Scénariste : Jean Harambat >
- Dessinateur : Jean Harambat
- Collection : Charivari
- Genre : Récit de vie, Nature, Ruralité, Transmission
- Editeur : Dargaud
- Famille : Roman graphique
- Date de sortie : 10 avril 2026
Retour à la terre : un album introspectif où vie, travail et dessin s’entrelacent dans un récit profondément ancré dans le réel.
Résumé : Jean Harambat décide de retaper une vieille ferme gasconne, proche des terres de sa jeunesse, de son père et de son frère. La Bouyrie, comme elle s’appelle, est une ferme pluriséculaire, isolée, au bout d’un chemin entre forêt et zone agraire. Avec l’aide de son père et d’amis qu’il va, au fil des saisons, se faire dans la région, il la restaure, elle et son grand domaine accueillant des arbres, des prés, des ruches, des espaces pour les bêtes, des potagers et des fleurs. Patiemment, il apprend les gestes de celui qui travaille la terre, le bois, le bâti… Des gestes qui se répètent, qui s’appuient sur son regard, son attention, des travaux menus et grands dans lesquels il met du sens. Par eux, il interroge le rapport de l’homme au paysage, au temps, aux saisons, mais aussi à la vie dans les campagnes, où les relations sociales diffèrent de celles des villes. Un ouvrage où le sensible irrigue le fond comme la forme.
Critique : Ce livre se lit comme un journal de bord. Il est composé de multiples chapitres de deux pages à quelques pages supplémentaires. Il est truffé de références à la littérature, de Montaigne à Jane Austen, à la mythologie et au fantastique, de Laërte à King Kong en passant par le Golem, ainsi qu’au cinéma et au dessin.

- J’ai toujours rêvé d’être un fermier – p.10
- Tous droits de reproduction réservés ©Dargaud, 2026, Jean Harambat.
Les couleurs sont délicates, empreintes de douceur et de lumières tapissées… de l’aquarelle qui laisse transparaître la matière du papier utilisé et que l’impression de qualité ne gomme pas. Le choix du crayon, du pinceau et du papier, l’usage d’outils propres au dessinateur, ne sont sans doute pas sans lien avec ceux que l’auteur prend en main, emploie et apprend à connaître pour tous les travaux qu’il a à faire.
La narration graphique est très belle : elle nous invite à la contemplation, à l’observation. Elle nous invite, là encore, à prendre le temps. Une multitude de scènes se succèdent, celles d’un quotidien à la campagne où il y a toujours quelque chose à faire, à vivre, à ressentir. Un quotidien marqué par le silence, mais aussi par le bruit des outils et de la faune, dans un lieu isolé mais habité. Jean Harambat s’y est installé avec sa compagne et ses filles, que l’on découvre parfois et que l’on devine à travers quelques scènes où elles aussi s’approprient ce nouveau lieu de vie.

- J’ai toujours rêvé d’être un fermier – p.6
- Tous droits de reproduction réservés ©Dargaud, 2026, Jean Harambat.
Une vie qui ne s’inscrit pas dans l’autarcie, car elle se renforce par l’entraide, l’une des caractéristiques du lien social à la campagne, ou du moins dans cette campagne : l’un possède la machine que l’autre n’a pas, l’un a du temps qui manque à l’autre… et entre services donnés et services rendus se développe une vie sociale singulière.
Enfin, nous retrouvons dans ce livre l’une des caractéristiques de certains récits d’Harambat : parvenir à offrir aux lecteurs un espace de réflexion et d’introspection ouvert. Lui-même, au fil des pages et des mois qui se succèdent, se pose des questions, découvre quelques réponses, interroge sa manière d’être et d’habiter les lieux. À travers cette installation, c’est aussi un retour à son enfance. En s’installant ici, il se rapproche de son père, qui est le premier à venir l’aider, lui transmettre ses connaissances et ses savoir-faire. Plusieurs chapitres portent sur cette relation père-fils, faite d’humilité et d’attachement, mais aussi de respect et de simplicité. C’est enfin une réflexion sur les origines, les racines, autant que sur le mouvement et le temps qui passent, sur la place de l’homme dans la nature.

- J’ai toujours rêvé d’être un fermier – p.14
- Tous droits de reproduction réservés ©Dargaud, 2026, Jean Harambat.
Un album à la fois simple et dense, qui peut se lire et se relire. Un récit qui nous appelle à être pleinement et modestement vivants.
112 pages – 22,95 €
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Galerie photos
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