Le 9 mai 2026
- Scénariste : Sylvain Escallon>
- Dessinateur : Sylvain Escallon
- Genre : Famille, Enfance, Imaginaire
- Editeur : Sarbacane
- Famille : Roman graphique
- Date de sortie : 4 mars 2026
Sylvain Escallon nous entraîne dans l’imaginaire d’un enfant, un monde fascinant et sublime qui dissimule pourtant une réalité triste et brutale.
Résumé : Au lendemain de la guerre, un couple et leur fils s’installent dans la maison de la grand-mère disparue. Le père, ancien dirigeant d’une entreprise d’aviation militaire en déclin, est accaparé par ses affaires. Autoritaire, violent, il est incapable d’accorder la moindre attention à sa femme, effacée, ou à son fils. Pour échapper à cette atmosphère étouffante, l’enfant se réfugie dans la forêt voisine. Là, presque seul, il invente des histoires, croise des silhouettes étranges, rencontre des êtres fantastiques qui prennent peu à peu corps et réalité. Une plongée dans l’imaginaire d’un garçon qui, pour survivre à la dureté du quotidien, se construit un monde parallèle.
Critique : Avec Saperlache, Sylvain Escallon signe chez Sarbacane un nouvel album d’une grande intensité : troublant, sombre, et graphiquement très beau.
L’enfant, dont le prénom n’est jamais donné, grandit dans un foyer où il n’est ni aimé ni considéré. Pour ses parents, il n’est qu’un poids. Alors il fuit. Dans la forêt, il rencontre un vieil homme solitaire, aux lunettes rondes, passionné par la nature. Puis viennent les créatures : de petits êtres innombrables, guidés par un éventail animé nommé Saperlache. Dans ce monde parallèle, l’enfant devient enfin quelqu’un. Saperlache, figure ambivalente, oscille entre bienveillance et menace.

- Saperlache – page 26-27
- Tous droits de reproduction réservés ©Sarbacane, 2026, Sylvain Escallon.
Au sein de cette petite société des bois, le garçon trouve une place, un rôle. Pour la préserver, il n’hésite pas à voler dans les fermes et maisons alentours, ce qui ne fait qu’aggraver sa situation auprès de son père et inquiéter les habitants du coin. Seule une jeune fille s’intéresse à lui sans jugement. Mais l’enfant, déjà englouti par son univers intérieur, peine à reconnaître la simplicité et la sincérité de cette amitié naissante. Sa carapace est devenue trop épaisse.
L’album est structuré en chapitres, chacun précédé d’un conte issu d’un mystérieux recueil que le garçon et le vieil homme semblent connaître intimement. Ces contes, écrits dans une typographie élégante, ajoutent une tonalité à la fois mélancolique et fantastique, et renforcent la profondeur du récit.
© Sylvain Escallon / Sarbacane
Le dessin d’Escallon est singulier, presque impressionniste. Les visages, parfois à peine esquissés, n’en sont pas moins d’une forte expressivité : la terreur sourde du père, l’aura maléfique de Saperlache, la fragilité du garçon. Le noir et blanc, omniprésent, est rehaussé d’un sépia qui brouille les repères temporels, comme si l’histoire flottait entre l’après-guerre et le temps immobile des contes. Lorsque, dans les dernières pages, le noir et blanc s’impose seul, tout s’éclaire et pourtant tout est sombre.
Saperlache est une bande dessinée admirable : un récit qui marque durablement, une narration graphique captivante, des images qui restent en mémoire. Une œuvre dérangeante, mais importante, qui rappelle combien la fiction peut nous aider à affronter la complexité du réel.
192 pages – 26 €
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