Le 2 août 2026
- Scénariste : Charles Ducal>
- Dessinateur : Olivier Deprez
- Genre : Expérimental
- Editeur : CotCotCot Editions
- Date de sortie : 16 juin 2026
- Durée : 4
Charles Ducal a écrit ce poème publié en 2014 lors de son mandat de poète national belge. Olivier Deprez s’inspire de ce texte et crée des gravures avec lesquelles il compose les pages de ce cahier. Le collectif de Passa Porta, à savoir Katelijne De Vuyst, Pierre Geron, Danielle Losman et Bart Vonck, traduit ce poème. Ce cahier nous pousse à réfléchir et à interpréter les images et le texte de ce recueil.
Résumé : {Chant du travail} commence par un poème racontant les déboires des cueilleurs face aux volontés de leur Seigneur. Puis arrivent les images gravées issues du monde du travail, du cinéma, de comics...
Critique : Le court poème de Charles Ducal semble intemporel mais il nous renvoie parfaitement aux problématiques du travail d’aujourd’hui. Ce texte a la saveur d’une parabole biblique que nous pouvons tous saisir. Perte d’emploi, exploitation des travailleurs, délocalisation, le profit comme but premier, tout cela est raconté à travers ces cueilleurs qui récoltent les fruits sur les arbres pour leur Seigneur, et n’en profitent finalement jamais. Ces cueilleurs ne possèdent rien, pas même l’arbre sur lequel ils effectuent leur récolte et sont donc à la merci des décisions de personnes qui semblent bien loin d’eux. Echelle, arbre, panier, fruit, seigneur, cueilleur, tout cela peut sembler bien loin de nous, mais on percute tout de suite sur la modernité du message.
Avec douceur, Charles Ducal dépeint derrière ces images bucoliques notre monde industriel, voire même toute l’évolution du monde capitaliste depuis la révolution industrielle. Quel travail de fond le poète a-t-il dû mener pour arriver à cette simplicité apparente, à cette concision toute en douceur ? Nous ne le saurons sans doute jamais. En tout cas, le résultat est là, porteur d’un message fort.

- Une partie du poème de Charles Ducal
Inspiré par ce poème, Olivier Deprez a réalisé des gravures sur bois, qu’il a imprimées pour illustrer ce cahier. Le texte cède la place à la représentation du monde du travail. Aucun mot n’est plus donné pour vous aider dans votre lecture. Les images s’enchaînent, de page en page. Parfois, la grille permettant d’établir la mise en page est utilisée aussi comme objet graphique, incluse dans une planche. Et la palette de couleurs est également présente. Ainsi se mélange la représentation du travail, réelle, par des images d’usine, de personnes au travail, et symbolique, des oiseaux morts, des statuettes. À cela s’ajoute donc la grille et la palette de couleurs, outils de travail d’olivier Deprez qu’il intègre dans ses compositions de pages.

- Une double page graphique extraite du Cahier avec les gravures de Olivier Deprez
Olivier Deprez mélange ainsi les niveaux de lecture. On suit les images, en gardant le poème de Charles Ducal en tête et on construit soi-même sa propre interprétation. Le réalisme des traits s’oppose à la simplification des couleurs. Les images monochromes silencieuses mêlent aussi des extraits de vieux comics, où les dialogues des bulles ont été remplacés par la fameuse grille. Ainsi, plus aucun mot n’intervient, le silence pèse devant ces gens en plein labeur, ces sites parfois vides, ces images muettes. Elles sont issues du cinéma, d’extraits de films, de livre sur Freud, des aventures de Popeye, tout se mélange selon un ordre établi par Olivier Deprez.
Quel sens donner à tout cela ? Un monde du travail vide de sens, porteur de notre propre mort à long terme ? Un moloch qui nous dévorera, des grilles comme des prisons empêchant le dialogue, nous séparant d’une autre vie ? Là, tout est entre vos mains. Libéré de tout guide autre que le poème de Charles Ducal, vous aurez à construire votre propre interprétation des gravures que vous verrez au fil des pages de ce cahier.
Une expérience étonnante, qui rompt avec toute forme de narration classique. Vous trouverez dans ces pages certes ce que les deux artistes y ont mis, mais aussi, et surtout, ce que vous y amènerez de votre sensibilité, de vos émotions, de votre état d’esprit au moment de la lecture. Vous serez presque, en quelque sorte, le premier interprète et le troisième auteur de ce recueil. Il s’agit bien là d’une exploration des possibilités du neuvième art.
Chant du travail nous offre une lecture expérimentale. À partir d’un poème et de gravures sur bois, le lecteur sera seul pour trouver un sens, une interprétation à ce cahier.
40 pages – 22 €
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Galerie photos
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