Le 1er avril 2026
- Scénariste : Jérôme Lavoine>
- Dessinateur : Jérôme Lavoine
- Genre : Drame, post-apo
- Editeur : Sarbacane
- Date de sortie : 4 janvier 2026
Un récit âpre qui convoque le thème du survivalisme pour traiter de la liberté et de l’emprise.
Résumé : Le Sanctuaire est le nom donné à la zone forestière située à flanc de montagne où vit en autarcie Gemma, sa jeune June, et leurs parents. La famille obéit aux ordres du père, patriarche survivaliste qui a emmené sa famille dans cet espace dont il a défini les frontières, pour échapper à un virus transmis par les oiseaux, qui aurait tué une partie de l’humanité. Le père impose à sa famille une discipline de fer. Adolescente, Gemma est douée au tir à l’arc et pour pister les animaux. Elle est donc la chasseresse du groupe et elle a ordre d’abattre tous les oiseaux qu’elle croise. L’harmonie qui règne en apparence au sein de la famille s’effrite bientôt : plus âgée que sa sœur, June se remémore le monde d’avant, et leur mère Alex est mentalement instable. Lors d’une absence du père, parti chercher des provisions à l’extérieur, Gemma découvre qu’un autre individu vit à la lisière du Sanctuaire. Celui-ci a apprivoisé un rapace, qui fascine l’adolescente. Dès lors, elle est prête à transgresser l’interdit…
Critique : Le Sanctuaire est l’adaptation du roman éponyme de Laurine Roux, récompensé en 2021 par le prestigieux Grand Prix de l’Imaginaire, qui récompense une œuvre issue des littératures de l’imaginaire. L’adaptation est signée Jérôme Lavoine, dont c’est le premier album. Et cette première est une véritable réussite.
Le récit, qui épouse le point de vue de la jeune Gemma, prend la forme d’un roman initiatique. L’héroïne est une adolescente qui n’a connu que le « monde d’après » le mystérieux virus qui aurait décimé l’humanité. L’album ne montre à aucun moment les effets de ce virus, si ce n’est à travers les propos du père, véritable patriarche qui façonne la réalité qui l’arrange. Gemma subit moins que sa sœur aîné June les effets de cet isolement imposé par le père. Mais de nature curieuse et intrépide, elle finit par transgresser les règles, et rencontrer un autre homme. Ce dernier, qui vit seul dans les décombres d’une ancienne mine, incarne à la fois le danger et une forme d’altérité à laquelle la jeune fille n’est pas habituée, n’ayant toujours connu que le cercle très restreint de sa famille nucléaire. Cet homme lui apprend à aimer les rapaces, qui fascinent l’adolescente. Dès lors, elle transgresse un tabou familial. C’est le début de l’effondrement de ses repères, et d’une montée en tension…

- © Jérôme Lavoine / Sarbacane
Le lecteur ne peut qu’être saisi par le sentiment de malaise, et parfois d’angoisse, que provoque la vie recluse de cette famille : la nostalgie de June pour son enfance, l’attitude effacée et parfois à la limite de la folie de la mère, le caractère ingénu de Gemma, véritablement façonnée par le père. Personnage clé de l’intrigue, le père est un personnage manipulateur aux sentiments ambigus, que l’on découvre progressivement capable d’une grande violence. Le récit est fort bien séquencé, et l’atmosphère de huis clos devient de plus en plus étouffante, jusqu’à l’acmé de l’histoire.

- © Jérôme Lavoine / Sarbacane
Les planches de Jérôme Lavoine donnent vie à cet espace forestier et montagneux enneigé, et bien peu accueillant, comme la cabane dans laquelle la famille vit recluse. Son dessin semi-réaliste repose sur un trait noir et un encrage soutenu. Les planches sont réalisées en bichromie, avec une teinte bleue qui donne cette atmosphère froide au récit. Le dessinateur s’est montré attentif aux décors, facilitant notre immersion dans l’histoire, ce qui ne l’empêche pas de laisser respirer ses planches.
Huis clos situé en pleine nature, Le Sanctuaire est un beau récit sur l’emprise et l’émancipation, finement mis en scène par Jérôme Lavoine, dont le trait parvient à donner toute son atmosphère à ce récit angoissant.
160 pages – 25 €
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