Le 24 février 2026
- Scénariste : Vincent Zabus>
- Dessinateur : Valérie Vernay
- Genre : Famille, Deuil, Enfance, Humour
- Editeur : Dargaud
- Famille : Roman graphique
- Date de sortie : 30 janvier 2026
Un petit bonhomme de 10 ans décide d’écrire ses mémoires. Entre mégalomanie candide et fêlure vive, un récit drôle et profond.
Résumé : Germain a dix ans lorsqu’il décide de prendre la plume et d’écrire ses mémoires. Il habite en ville avec ses parents et sa petite sœur, va à l’école et consacre une partie de son temps libre à l’écriture. Installé à son bureau, il rêve de gloire et de célébrité, et sur la feuille il raconte quelques-uns de ses souvenirs, certains heureux et d’autres plus difficiles. Écrire lui permet d’approcher ce qu’il appelle « le gros truc », ce quelque chose qui est si fortement présent dans sa tête et dans coeur mais dont il ne parvient pas à parler.
Critique : C’est un bel album, très touchant, à la fois plein de vie et d’humour, de candeur de naïveté et gravité. Le scénariste Zabus nous fait faire connaissance avec un petit garçon qui ne veut pas parler d’un « gros truc » mais cette chose plane dans sa petite tête, parmi ses souvenirs et jaillit au-dedans des mots qu’il se retient d’écrire. Germain est de petite taille, le médecin rassure les parents, il est dans les courbes. Mais lui ça lui convient bien d’être petit puisqu’il a décidé temporairement d’arrêter de grandir. Il désire arrêter le temps pour se remémorer les dix petites années qu’il a déjà vécues. Cette bande dessinée commence avec un souvenir de ses sept ans. Un souvenir à la fois cruel et plein d’humanité. Et puis les pages avancent et les souvenirs défilent.

- Mémoires d’un garçon agité – p.5.
- Tous droits de reproduction réservés ©Dargaud, 2026, Zabus et V. Vernay.
C’est un récit à la fois tendre et douloureux, qui nous serre le ventre et nous fait sourire. L’humour est plein de candeur et cette petite tête qui pense a le charme des espoirs enfantins. Mais il y a aussi beaucoup de gravité. Les enfants ne sont pas à l’abri des douleurs et des malheurs. Mais un enfant reste un enfant, et même si les parents de Germain sont aimants, sensibles et attentifs, ils ne comprennent pas tout. Avec les mots, Germain approche ses douleurs et ses angoisses, appréhendent « ce gros truc » qu’il ne parvient pas à exprimer. Et puis il y a ce monde imaginaire, celui où il s’imagine être un grand écrivain célèbre. Il se plaît à évoluer dans ce monde inventé, peut-être pour échapper à ce qui achoppe dans son présent, à ce qu’il ne veut pas comprendre, mais qu’il doit accepter, à la finitude.

- Mémoires d’un garçon agité – p.10.
- Tous droits de reproduction réservés ©Dargaud, 2026, Zabus et V. Vernay.
Ce récit est porté par les dessins de Valérie Vernay. Son trait est délicat, fin, épuré… Il nous rappelle un peu Sempé, peut-être parce que ce Germain à un petit quelque chose du Petit Nicolas. Il partage avec lui, la poésie. Cette histoire est hors du temps, elle semble à la fois appartenir à notre présent et pourtant en semble détachée aussi. Qui donc encore écrit sur une machine à écrire et pas n’importe laquelle une Underwood, comme le fait Germain ? Chacun de ses souvenirs forme une histoire dans le récit et les lecteurs et lectrices, peuvent facilement retrouver un bout de leur enfance.... Peut-être que la nostalgie de l’enfance a quelque chose d’universellement partagé à 10 ans comme à 80 ans ? Au trait fin et noir, du dessin s’ajoutent des teintes de couleurs monochromes, elles diffèrent selon les séquences dessinées par de délicat contrastes et permet de distinguer plus facilement les différents temps et espaces de l’histoire : entre les souvenirs et le présent de Germain, entre sa réalité et son imagination. Les couleurs sont à l’aquarelle et apportent une fois de plus de la douceur et tendresse au récit.

- Mémoires d’un garçon agité – p.51.
- Tous droits de reproduction réservés ©Dargaud, 2026, Zabus et V. Vernay.
Ce livre est touchant. Et la fin est particulièrement émouvante. Il ne s’adresse ni uniquement aux adultes, ni aux enfants, mais au deux simultanément, aux adultes qui ont toujours en eux une part de leur enfance, comme aux enfants qui se demandent quel adulte ils seront.
C’est un beau et tendre récit, fragile comme la vie.
144 pages – 23,95 €
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