Le 15 juin 2026
- Scénariste : Jean-David Morvan>
- Dessinateur : Pierre Dawance
- Genre : Adaptation, Drame, Historique
- Editeur : Sarbacane
- Famille : Roman graphique
- Date de sortie : 15 avril 2026
Une adaptation élégante du célèbre roman d’Ernest Hemingway sur la guerre d’Espagne.
Résumé : 1937. Robert Jordan, citoyen américain engagé dans la guerre d’Espagne auprès des troupes républicaines, a une mission : dynamiter un pont situé à flanc de collines pour couper le camp nationaliste de ses renforts et favoriser une offensive républicaine. Il rejoint des miliciens dans le maquis pour préparer son coup de main. Là-bas, il rencontre Pilar, la femme du leader Pablo, un homme à la dérive. Mais son cœur bat pour Maria, cette jeune femme qui a subi la guerre dans sa chair et avec qui il noue une liaison amoureuse dont l’intensité est renforcée par la proximité du danger.
Critique : C’est à un monument de la littérature mondiale que s’attaque le duo composé de l’expérimenté Jean-David Morvan (scénario) et du jeune dessinateur Pierre Dawance (dessin). Écrivain et correspondant de guerre, Prix Nobel de littérature en 1954, Ernest Hemingway (1899-1961) s’est rendu en Espagne durant la guerre civile qui a ravagé le pays et s’est achevée en 1939 par la victoire des troupes franquistes. De cette expérience, Hemingway tire Pour qui sonne le glas, roman qui restitue l’ambiance de la guerre d’Espagne et dresse un portrait du camp républicain. L’action se déroule en amont de l’offensive républicaine de Ségovie en 1937. À cet égard, Robert Jordan – un personnage fictif – joue un rôle important : la destruction d’un pont qui doit couper les nationalistes de leurs renforts et faciliter le succès de l’offensive républicaine.

- © JD Morvan, Pierre Dawance / Sarbacane
Robert Jordan est un enseignant étasunien – que les locaux baptisent à tort el inglés – engagé dans les Brigades internationales. Il est présenté comme un homme efficace et déterminé dans sa mission. Il rejoint dans le maquis des hommes désœuvrés, qui oscillent entre courage et désespoir, entre méfiance et confiance envers cet étranger envoyé par une République en laquelle ils croient, mais dont ils comprennent qu’elle vacille. L’espoir de ces hommes est mince : la plupart comprennent qu’ils risquent de mourir dans l’opération dirigée par Jordan. Rongé par la guerre et sa violence, leur leader Pablo a sombré dans l’alcoolisme. Dans ce marasme, ce sont deux femmes qui émergent : Pilar, l’épouse de Pablo, gitane au caractère bien trempé et à la détermination sans faille, et la jeune Maria, dont Jordan tombe éperdument amoureux. Ces figures féminines sont très bien campées dans cette adaptation dessinée à travers les dialogues et les postures. Pilar est représentée vêtue de rouge, bouche ouverte, le plus souvent en mouvement. Maria nous saisit avec ses cheveux courts – elle a été tondue par les troupes nationalistes, qui l’ont également violée… – et ses petites lèvres. Bien vite, le lecteur saisit que la guerre n’est pas qu’une affaire d’hommes, et qu’elle passe au révélateur la détermination de chacun(e).

- © JD Morvan, Pierre Dawance / Sarbacane
Cette adaptation séduit en premier lieu par sa force graphique, qui confère au récit toute son ambiance. Pour sa première bande dessinée, Pierre Dawance propose un dessin entièrement réalisé au crayon de couleurs, offrant une véritable texture aux planches. Le dessinateur s’émancipe du photoréalisme pour proposer une interprétation particulièrement convaincante. Les couleurs sont tranchées sans être pétantes. On baigne tantôt dans la lumière des beaux jours, tantôt dans la blancheur de la neige des montagnes espagnoles. Le jeu d’ombres qu’introduit le dessinateur dans certaines cases, ainsi que les flash-backs réalisés en noir et blanc, sont particulièrement bien réussis. Les scènes d’amour entre Robert Jordan et Maria transporteront le lecteur par leur humanité ainsi que par leur caractère d’urgence : il faut s’aimer avec toute l’intensité dont l’être humain est capable, car demain pourrait être le dernier jour. La chute dramatique du récit est également magnifiquement restituée.
Avec Pour qui sonne le glas, Jean-David Morvan et Pierre Dawance offrent une interprétation particulièrement convaincante d’un grand classique de la littérature mondiale. Un récit émouvant, qui brille encore par son actualité, et se retrouve mis en valeur par cet album.
192 pages – 29 €
La chronique vous a plu ? Achetez l'œuvre chez nos partenaires !
Galerie photos
aVoir-aLire.com, dont le contenu est produit bénévolement par une association culturelle à but non lucratif, respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. Après plusieurs décennies d’existence, des dizaines de milliers d’articles, et une évolution de notre équipe de rédacteurs, mais aussi des droits sur certains clichés repris sur notre plateforme, nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe. Ayez la gentillesse de contacter Frédéric Michel, rédacteur en chef, si certaines photographies ne sont pas ou ne sont plus utilisables, si les crédits doivent être modifiés ou ajoutés. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.












































