Le 11 mars 2026
- Acteur : Élie Semoun
- Distributeur : Saje Distribution
– Sortie en salle : 18 mars 2026
À l’occasion de la sortie du film d’animation David, nous avons échangé avec le comédien Élie Semoun autour de sa passion pour le doublage.
Il nous régale depuis des années avec son interprétation de Sid dans L’Âge de glace. Aujourd’hui devenu un as du doublage, Élie Semoun prête sa voix à l’un des personnages du film d’animation David. L’occasion d’échanger avec l’acteur sur ce film lumineux, mais aussi sur sa passion pour le doublage, et le prochain opus de la saga Ducobu.
Selon vous, pourquoi un film d’animation comme David est-il nécessaire aujourd’hui ?
Nous vivons dans une époque si dégueulasse, si méchante, si anxiogène, où la violence se banalise d’une manière atroce, notamment en raison des réseaux sociaux auxquels j’en veux beaucoup. Dans ce contexte, sortir un film d’animation qui prône la spiritualité et qui rappelle aux spectateurs certains épisodes de la Bible, en l’occurence David et Goliath, est quelque chose de positif. Nous avons besoin de trouver du sens dans cette période où la société semble à une période charnière, où tout « part en sucette ».
Comment êtes-vous arrivé sur ce projet ?
Je pense que j’ai remplacé quelqu’un et je crois savoir de qui il s’agit (rires). On m’a appelé au dernier moment et dans ces cas là c’est qu’il y a souvent eu un désistement. Mais plus sérieusement, quand on me propose des doublages, je fonce toujours parce que j’adore ça. L’Âge de Glace demeure l’une des plus belles expériences de ma carrière. Cette saga continue de m’accompagner. Tous les parents et tous les enfants ne cessent de me parler de mon personnage, Sid. Le doublage, c’est une sorte de bouffée d’oxygène, de respiration.

- © Saje Distribution
Pourtant, lorsque l’on « entend » vos prestations, on a le sentiment qu’il s’agit d’un exercice particulièrement physique et intense.
C’est effectivement très physique. D’ailleurs, je suis actuellement en train de finaliser la post synchronisation du nouvel opus de la saga Ducobu avec tous les enfants du film, et je leur dis bien de s’asseoir que lorsqu’ils sont assis à l’image. Pour David, le personnage que je double monte souvent à cheval. Il faut le faire comprendre à la voix. On n’a pas du tout le même phrasé selon si on marche, si on court, si on est debout ou assis. Et lorsque je dis que c’est une respiration, c’est parce que j’ai désormais la technique de cette exercice. Dès lors, chacun de mes doublages ne représente qu’une demie-journée de travail. Une fois que l’on a saisi la technique de l’exercice, on peut l’exécuter très rapidement. De plus, c’est formidable de ne pas apparaître à l’image. On comprend alors qu’on peut retranscrire tant d’émotions avec sa voix.
Vous décrivez le doublage comme une expérience unique. Y-a-t-il néanmoins une petite part de frustration ?
La seule frustration du doublage, c’est qu’on le fait seul. Pour L’Âge de Glace, je n’ai jamais croisé ni Gérard Lanvin, ni Vincent Cassel au studio d’enregistrement. On ne se voyait que lors de la promotion. Je précise aussi que lorsque nous enregistrons nos prestations, nous n’avons jamais vu le film en amont. Nous ne voyons que nos scènes. On découvre toujours le film à la sortie. Il nous faut donc beaucoup d’imagination et un bon directeur de plateau pour nous guider dans nos intentions de jeu. D’ailleurs, lors des enregistrements, les films ne sont pas encore finis. Parfois, on enregistre la voix avant même que le projet ne soit conçu, puis les animateurs calent l’animation sur notre performance. C’est ce qui s’est passé lorsque j’ai fais Pollux : Le Manège Enchanté.
Pour en revenir à L’Âge de glace, il s’agit d’une franchise qui a débuté au début des années 2000. Vous n’êtes donc plus du tout le même homme, ni le même artiste que lors de la sortie du film original. Pourtant, vous parvenez à chaque fois à retrouver l’intonation particulière de votre personnage. Comment faites-vous ?
Je ne suis effectivement plus le même mais la voix de Sid est si particulière et unique dans son intonation que je la retrouve immédiatement. Cette saga est légendaire. Il y a tant d’humour, d’aventure, d’émotion. Elle plait aux adultes comme aux enfants. Les créateurs ont su se renouveler à chaque film. J’ai même eu de la chance de me rendre dans les studios de Blue Sky à New York et c’était passionnant de regarder les équipes techniques et artistiques travailler sur l’animation du film. Ils avaient aussi fait Robots dont j’avais doublé le personnage initialement incarné par Robin Williams. Même si je m’étais assez éloigné de sa prestation car je tenais à apporter ma couleur, mon univers.
Comme vous venez de l’évoquer, vous sortirez cette année votre nouveau film, Ducobu et le fantôme de Saint-Potache. Une saga que vous accompagnez depuis quinze ans. Que pouvez-vous nous dire sur cet opus ?
C’est le sixième film de la franchise… et mon quatrième en tant que réalisateur. Cela paraît fou, une telle longévité. J’ignore comment la saga va évoluer, mais peut-être va-t-il falloir envisager de la conclure et passer à autre chose. Pour celui-ci, c’est le fait de me confronter à l’univers d’Halloween qui m’a motivé. J’avais dis au producteur Romain Rojtman que j’étais prêt à faire un autre film, mais en ayant la sensation d’en faire un nouveau. Et c’est le cas. Il est vraiment très différent des autres. Il y a des monstres, des effets spéciaux, l’histoire se déroule principalement durant la nuit. Nous n’avons tourné qu’une semaine dans l’école alors qu’habituellement, nous y restions un mois et demi. Je suis assez confiant. Nous avons réussi un vrai film familial.

- © Saje Distribution
Et vous y incarnez une nouvelle fois Monsieur Latouche. Comment parvenez-vous à renouveler votre interprétation ?
Justement, c’est ça qui est le plus compliqué et me donne le sentiment que j’arrive au bout de cette aventure. C’est complexe d’interpréter un même personnage dans six longs métrages. Même si à chaque fois, j’essaie effectivement de lui apporter des choses nouvelles. En l’occurrence, ici, il devient papa et s’installe avec sa famille dans une maison qui va s’avérer être hantée. Le fait qu’il soit père le rend un peu différent même s’il reste toujours aussi fou, radin, nul, peureux, misogyne… Il déménage avec sa femme enceinte mais c’est elle qui porte les affaires (rires).
Vous pensez donc avoir conclu cette saga ou un ultime et dernier volet sera-t-il nécessaire ?
Ici, le film se conclut sur la naissance de l’enfant… donc cela peut encore ouvrir sur d’autres histoires. Mais honnêtement, si je devais écrire un nouveau Ducobu aujourd’hui, j’en serais incapable. Je pense d’ailleurs complètement à autre chose puisque j’écris actuellement une comédie sur la maladie d’Alzheimer dont mon père est décédé il y a quelques années. C’est une maladie terrible mais qui peut aussi engendrer beaucoup de drôlerie car nous sommes parfois confrontés à des situations ubuesques.
Et enfin, vous venez de remonter sur les planches à l’occasion de votre nouveau one-man-show,Cactus. Pourquoi ce besoin de retrouver la scène ?
J’ai fait beaucoup de cinéma au cours des dernières années et réaliser un film demande énormément de temps, d’énergie. C’est quelque chose de très technique. Mais je suis né sur les planches et, comme tout le monde, je vais mourir entre quatre planches (rires). Pour moi, le seul en scène, c’est le plus beau des métiers. Cela me manquait énormément. Et j’ai beaucoup de choses à dire dans ce spectacle. Notamment sur notre époque où l’on ne peut plus rire de tout, où il n’y a plus de second degré. Moi, je ris de tout : pédophilie, djihadisme, EHPAD, religion, handicap… Et ça fait du bien.
Propos recueillis par Nicolas Colle
NDLR : Élie Semoun est sur la scène de L’Européen jusqu’au 1er avril
Galerie Photos
aVoir-aLire.com, dont le contenu est produit bénévolement par une association culturelle à but non lucratif, respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. Après plusieurs décennies d’existence, des dizaines de milliers d’articles, et une évolution de notre équipe de rédacteurs, mais aussi des droits sur certains clichés repris sur notre plateforme, nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe. Ayez la gentillesse de contacter Frédéric Michel, rédacteur en chef, si certaines photographies ne sont pas ou ne sont plus utilisables, si les crédits doivent être modifiés ou ajoutés. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.






































