Le 15 avril 2026
- Réalisateur : Jean-Luc Gaget
- Acteurs : Arthur Dupont, Pauline Clément
- Distributeur : Nour Films
– Sortie en salles : 15 avril 2026
Le réalisateur Jean-Luc Gaget et ses deux comédiens, Pauline Clément et Arthur Dupont, se livrent sur leur savoureuse comédie romantique, actuellement au cinéma.
Comédie romantique, estime de soi, poésie, écriture, interprétation, Comédie-Française, tournage, préparation, César... Autant de sujets riches et variés que nous avons abordés avec le cinéaste Jean-Luc Gaget, la comédienne Pauline Clément et l’acteur Arthur Dupont.
Votre film est une comédie romantique qui traite avant tout de l’estime de soi. Une notion qui n’a rien d’inné. Comment résonne-t-elle chez vous ?
Jean-Luc Gaget : Ce qui est certain, c’est qu’il s’agit d’une notion qui parle à tout le monde. À commencer à moi-même qui ai tellement vécu de situations où je me suis senti à côté de la plaque. J’ai travaillé cette thématique en me focalisant d’abord sur mes personnages principaux qui sont clairement des héros de comédie romantique : deux opposés qui s’attirent. Je dirai même qu’ils sont les deux opposés de la même pièce car ils souffrent d’un manque d’estime d’eux-mêmes mais qui s’exprime différemment. Je tenais à ce qu’aucun personnage du film ne soit fonctionnel. Tous sont reliés à cette thématique principale. Elle les rapproche et crée l’univers du film. Cela me permet aussi de proposer des partitions aux acteurs, même sur des rôles plus modestes, où ils vont pouvoir s’amuser et amuser les spectateurs aussi.
Pauline Clément : Pour ma part, je travaille encore sur mon estime personnelle. Je m’améliore mais je reviens de tellement loin car mes notes étaient catastrophiques à l’école. Cette sensation d’être nulle m’a bloquée. Jusqu’à ce que je sois diagnostiquée dyslexique. J’étais également complexée en me voyant à l’écran lorsque je tournais mes vidéos avec le collectif Yes vous aime. Cela me causait une réaction épidermique. Puis j’ai simplement accepté que je n’étais pas celle que je rêvais d’être quand j’étais petite. J’ai juste accepté d’être celle que je suis. N’ayant pas un corps de mannequin, je ne pensais pas pouvoir être actrice. Alors qu’en vérité, tellement de rôles sont possibles.
N’êtes-vous pas habitée par un sentiment de revanche aujourd’hui après avoir subi des railleries de vos enseignants alors que vous triomphez désormais à la Comédie-Française ?
Pauline Clément : Pas vraiment, non ! Je pense souvent à ma grand mère qui me disait que je me débrouillais bien. Cela m’a aidée et m’aide encore. Je n’en ai jamais voulu à mes professeurs ou à qui que ce soit d’autres. Chacun doit suivre son cahier des charges. Aujourd’hui, je fais au mieux et je trace ma route.
Et vous, Arthur, votre personnage a tout d’un connard… mais auquel on s’attache vite finalement tant il cache bien son jeu !
Arthur Dupont : Dans mon travail de préparation, je me projette le personnage tel qu’il est dans la tête de l’auteur. Ici, dès la lecture du scénario, je sentais que ce personnage avait tout d’une tête de con mais qu’il avait aussi des moments de fragilité. Il joue les durs mais on voit aussi son humanité et on entre en empathie avec lui. Il a cette fragilité intérieure qu’il veut cacher. Or la meilleure défense, c’est l’attaque. Cela lui permet de s’invisibiliser. Mais sa rencontre avec Clémence le ramène à ses fêlures. Après, pour l’interprétation, moi qui suis volubile dans la vie ai souhaité faire un travail de composition en m’imaginant un homme très fixe, raide, qui ne sourit jamais ou presque.

- Pauline Clément, Arthur Dupont
- © 2026 Nour Films. Tous droits réservés.
À l’inverse, Pauline, votre personnage rayonne malgré sa maladresse !
Pauline Clément : C’est un personnage très pur, très simple, qui n’est justement animé par aucun sentiment de revanche ou de haine. Elle a un côté sans filtre qui fait qu’elle ne doute de rien. Elle dirait la même chose à son épicier, son patron ou un homme d’État. Elle ne se préoccupe pas du statut de son interlocuteur et dit les choses comme elles viennent. Cela la rend un peu inadaptée… mais sincère.
Votre duo fonctionne à merveille. Comment expliquer cette alchimie ?
Arthur Dupont : À l’origine, mon personnage devait être incarné par un acteur précédemment engagé mais qui a été contraint de se retirer du projet. Jean-Luc doutait que je puisse incarner ce rôle car il me trouvait trop sympathique. J’ai néanmoins passé une audition avec Pauline qui avait été choisie par Jean-Luc dès l’écriture du scénario. Et il s’est passé quelque chose d’immédiat entre nous. J’étais si heureux de la rencontrer, avec son humilité, son talent, son énergie, sa fantaisie.
Jean-Luc Gaget : Leur alchimie a été effectivement immédiate et c’était incontournable car il fallait qu’on ait envie que ces deux personnages soient ensemble. On sentait quelque chose qui fonctionnait dans leur jeu, dans leur physique. Cela se joue à l’instinct. C’est toute la magie des rencontres.
Votre film s’avère assez poétique. Comment créer de la poésie au cinéma ?
Pauline Clément : Jean-Luc a quelque chose de poétique en lui, dans sa douceur, sa façon d’écrire son histoire et de réunir une équipe dans le même état d’esprit que lui. Sa chef opératrice m’a dit qu’elle aimait me filmer. Du coup, je me sentais bien devant sa caméra. J’étais imprégnée par ce sentiment de douceur qui m’a accompagnée durant ce tournage mais qui définit aussi mon personnage. J’ai d’ailleurs souhaité qu’elle ne porte que des costumes très doux, agréables, qu’elle soit toujours à l’aise avec ses vêtements.
Jean-Luc Gaget : Ce film est dédié à Solveig Anspach, avec qui j’ai beaucoup écrit, et s’inscrit dans la continuité de notre travail. Nous avions un goût prononcé pour la fantaisie, la poésie, et essayions toujours de formuler des idées mais sans jamais être lourd. On dit que le style fait l’homme mais l’homme fait aussi le style. Néanmoins, il y a quelque chose qui ne se décrète pas. Cela se fait malgré nous. C’est notre nature. J’aime m’entourer de personnes que j’aime et qui sont sensibles à ce que j’ai envie de raconter. J’aime créer une communauté et cela participe au film lui-même. Un long métrage est aussi un documentaire sur les individus qui le font. D’où l’importance de bien choisir ses collaborateurs. L’avantage d’avoir peu de budget, c’est qu’on bénéficie d’une entière liberté.
Pauline, quelles distinctions faites-vous entre jouer sur une scène de théâtre et sur un plateau de cinéma ?
Pauline Clément : Disons qu’au théâtre, il faut vraiment veiller à nourrir son feu intérieur pour jouer tous les soirs un même rôle. L’avantage, c’est qu’on connaît tellement bien son personnage qu’on peut affiner les choses au fur et à mesure jusqu’à ce que cela devienne hyper fluide. Tout se joue à une seconde près. C’est comme une danse que l’on mène avec le texte, les mouvements et les situations. Au cinéma, tout est dans l’instant. Il faut qu’un moment spécial soit capturé par la caméra. Si ce n’est pas le cas, c’est perdu. Il faut être vigilant à l’instant présent.

- Pauline Clément
- © 2026 Nour Films. Tous droits réservés.
À l’instar de votre partenaire de la Comédie-Française, Denis Podalydès, vous menez une double carrière, entre la scène et les tournages. Comment parvenez-vous à tenir un tel rythme ?
Pauline Clément : Denis a une vie encore plus intense que la mienne car il joue au cinéma, à la Comédie-Française, met en scène ses spectacles, écrit ses livres… De mon côté, tout est très organisé. Mon agenda est millimétré. J’ai besoin d’avoir des moments de rush mais aussi des périodes de relâchement. C’est ce qui me permet de tenir. Si cela s’accumule trop, cela devient préoccupant. Mais le fait de savoir que j’ai des moments de relâchement me permet de me donner à fond lorsque je travaille. Et quand j’ai du temps pour moi, je veille à couper avec le théâtre et le cinéma. Je marche en forêt, je fais de la pâte à sel avec mon fils.
Et comment adaptez-vous vos journées en sachant que vous jouez le soir au théâtre et que vous devez veiller à être dans les meilleures conditions possibles ?
Pauline Clément : J’aime arriver au théâtre en avance. Dès lors, je veille à ne plus avoir de rendez-vous assez tôt dans la journée pour me rendre au théâtre et me préparer. Je mange sur place vers dix-huit heures pour ne pas être en hypoglycémie sur scène. Puis je m’échauffe la voix, le corps. On dispose même de loges pour se reposer si besoin. Et quand je tourne en journée, j’arrive au théâtre en étant très échauffée puis j’enchaîne. C’est un rythme tenable sur quelques jours. Mais pas sur un mois. Je me souviens que Benjamin Lavernhe jouait sur scène tous les soirs alors qu’il tournait Le sens de la fête et c’était très sportif. D’où l’importance de bien récupérer.
Vous avez récemment triomphé au Festival de l’Alpe d’Huez avec De la Comédie-Française que vous avez cosigné avec vos amis de Yes vous aime. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur cette aventure ?
Pauline Clément : C’est un délire de notre part pour montrer les coulisses de la Comédie Française. Nous avons écrit une histoire populaire et accessible au grand public… un peu à la manière de Vénus Beauté qui s’intéressait aux coulisses d’un salon de beauté. Nous nous sommes vraiment inscrits dans cette veine-là mais en montrant les coulisses d’un théâtre, avec ce que cela suppose en termes d’organisation, d’incompréhension, de tromperie : autant de thèmes qui sont universels.
Et comment ne pas revenir sur votre sketch irrésistible de la dernière cérémonie des César…
Pauline Clément : Je connais bien Benjamin Lavernhe depuis nos cours d’improvisation au cours Florent et il m’a demandé si j’étais partante pour tenter quelque chose. Je l’adore et ne peux rien lui refuser… même si le temps pressait car nous n’étions qu’à trois semaines de la cérémonie. Marina Hands et moi-même avons proposé un duo « Comédie-Française ». Nous avions la liberté de proposer notre création et avons donc joué avec cette idée de robes qui se coincent. Mais cela n’avait pas de sens car nous étions censées remettre les César du meilleur second rôle puis des meilleurs décors. Benjamin a donc bouleversé son plan initial et nous a permis de remettre le César des meilleurs costumes afin que notre sketch ait plus d’impact.
Propos recueillis par Nicolas Colle
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