Le 13 janvier 2026
- Dessinateur : Pierre-François Radice
- Genre : Thriller, Western, Polar
- Editeur : Sarbacane
- Famille : Roman graphique
- Date de sortie : 7 janvier 2026
L’imaginaire de l’Amérique rurale des années 1950 se met au service d’un récit qui mêle la tendresse à la plus grande noirceur.
Résumé : 1954. Nick Corey est le shérif de Panguitch, une bourgade dans l’Utah. Un soir, il découvre une voiture abandonnée au milieu de nulle part, ainsi que les restes d’un avion de chasse sans pilote. Cette soirée marque le début des ennuis pour le shérif. L’affaire de l’avion, qui a décollé d’une base du Dakota du Nord où sont stockés des bombes nucléaires, mobilise le FBI en la personne de Jack White, conseiller spécial du président des États-Unis, avec qui Nick entretient rapidement des rapports particuliers. Quant à l’histoire de l’automobile, elle réveille bientôt un ancien traumatisme pour Nick Corey, dont les parents ont été les victimes d’un horrible tueur en série…
Critique : Les grands espaces américains mobilisent de longue date l’imaginaire des scénaristes, et God Bless America – avec son atmosphère de western – s’inscrit dans cette tradition inépuisable. Adapté du roman Le Cherokee de Richard Morgiève – un titre remarqué par la critique dans la grande presse –, l’album se déroule dans les États-Unis des années 1950, moment où la société de consommation de masse transforme progressivement le pays et où la Guerre froide fait craindre une apocalypse nucléaire. Cette Amérique rurale faite de grandes routes et de paysages à couper le souffle abrite une faune sauvage – des pumas, notamment – et des individus peu recommandables. C’est dans ce milieu qu’a atterri Nick Corey un peu par hasard, après avoir fui la métropole et un chagrin d’amour. On comprend rapidement que Nick Corey n’est pas n’importe quel shérif : ancien membre de l’US Army, c’est un détective brillant et un solide gaillard. Mais c’est aussi un homme sensible marqué par son passé – le double meurtre ignoble de ses parents lorsqu’il était adolescent, dont il fut accusé puis disculpé – et par des troubles intérieurs qui se réveillent lorsque l’agent Jack White débarque à Panguitch.

- © Pierre-François Radice d’après Richard Morgiève / Sarbacane
La double enquête, qui vise à la fois à comprendre la machination derrière l’affaire de l’avion de chasse écrasé et à retrouver le criminel qui a enlevé une jeune femme dans les environs de Panguitch, est menée tambour battant : à cet égard, God bless America est un véritable page turner haletant, qu’il est difficile de lâcher avant sa conclusion. Entre conspiration militaire et tueur sanguinaire, rien n’est épargné à Nick Corey, qui se retrouve dans l’œil du cyclone et doit enjamber de nombreux cadavres pour poursuivre l’enquête. God bless America est un récit sanglant, même si PF Radice fait le choix – à notre avis judicieux – d’édulcorer graphiquement certaines scènes de meurtres, pour ne pas tomber gratuitement dans le gore. Attention tout de même, le lecteur n’est pas à l’abri de voir quelques entrailles…
Ce polar sans concession qui explore les peurs de l’Amérique – du rouge, du martien, du tueur en série… – s’enrichit de la relation entre Nick Corey et Jack White, qui offre au récit une respiration et une humanité bienvenues. Bien vite cependant, la réalité rattrape les protagonistes : comment vivre une histoire commune dans un pays aussi résolument conservateur ? Dès lors, il faut se cacher, au risque d’être découvert.

- © Pierre-François Radice d’après Richard Morgiève / Sarbacane
Les amateurs de belles planches se régaleront devant les dessins de PF Radice, dont le dessin à l’encre et au lavis confère une atmosphère de western, avec sa poussière, ses massifs, ses grandes routes et ses espaces désertiques. Les décors sont traités avec un soin tout particulier, avec une mention spéciale pour les automobiles d’époque. Les planches sont magnifiées par la fabrication luxueuse de l’album, avec un papier épais blanc écru qui colle parfaitement aux dessins.
Thriller aussi efficace que sanglant et récit sensible dans l’Amérique des années 1950, God bless America est une bonne surprise de ce début d’année, à ne pas manquer pour les amateurs de polar et de western.
208 pages – 29,90 €
La chronique vous a plu ? Achetez l'œuvre chez nos partenaires !
Galerie photos
aVoir-aLire.com, dont le contenu est produit bénévolement par une association culturelle à but non lucratif, respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. Après plusieurs décennies d’existence, des dizaines de milliers d’articles, et une évolution de notre équipe de rédacteurs, mais aussi des droits sur certains clichés repris sur notre plateforme, nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe. Ayez la gentillesse de contacter Frédéric Michel, rédacteur en chef, si certaines photographies ne sont pas ou ne sont plus utilisables, si les crédits doivent être modifiés ou ajoutés. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.










































