Le 21 juin 2026
- Scénariste : Jim>
- Dessinateur : Laurent Bonneau
- Editeur : Grand Angle
- Famille : BD Franco-belge
- Date de sortie : 1er juillet 2026
Cette BD résulte d’un travail de symbiose étonnant. Parti de planches de Laurent Bonneau issues de souvenirs de voyages et d’un vieux film étudiant, Jim a imaginé un thème à cette histoire d’amitié, il a construit une intrigue et le duo a travaillé de concert, dans l’échange, pour développer le récit, le dessiner, le réagencer et arriver à cette BD de 328 pages.
Résumé : Lors d’un concert, Matteo, Lennon et Victor discutent d’une virée dans le sud, pour aller soutenir une amie pour son oral de diplôme et se donner ensuite la possibilité de vadrouiller. Lennon et Victor sont emballés par l’idée de Matteo. Le lendemain, le groupe se retrouve, après quelques couacs au démarrage, pour descendre dans la vieille voiture de Victor vers le sud...
Critique : Cet été de toutes les surprises transforme le trio, les amenant à mieux se comprendre. L’accomplissement de soi, la réalisation de ses rêves, l’insouciance, le deuil, autant de moments forts traversés par ces trois amis lors de cette descente sur la côte basque.
On adhère immédiatement au trio que forment Mattéo, Victor et Lennon. Ces trois amis, ce groupe de musique qui peine à répéter ensemble, cette bande en vacances estivales fonctionnent bien. Leurs espoirs, leurs vannes, la légèreté et en même temps la force du lien qui les unit, Jim parvient à nous rendre vivant ces personnages, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs espoirs et leurs craintes.
Nous ne rentrerons pas dans l’histoire, car un des plaisirs de cette BD, c’est de ne pas connaître plus que ce départ vers le sud (posé dès les deux premières planches) et de découvrir petit à petit les enjeux qui s’installent. Si vous aimez les histoires humaines, alterner entre le rire et le drame, la légèreté et la gravité, les relations amicales fortes, les questionnements, alors vous êtes prêts à voyager avec Mattéo, Victor et Lennon. Jim sait nous rendre l’énergie de la jeunesse et si certains thèmes ont déjà été traités, si le récit de copains est un genre en soi. Avec Les adieux ne durent jamais, Jim et Laurent Bonneau apportent leur petite pierre au mur du genre. Et ce serait dommage de s’en priver. Jim construit un scénario de l’ordre de l’intime, qui s’interroge sans juger et qui ne stagne jamais, en perpétuel mouvement, le trio semble tourner en rond, errer sur la côte, mais en fait, le récit ne cesse d’avancer. Paradoxalement, dans cette dynamique, il sait aussi prendre son temps, laisser de l’espace au silence, et cela, grâce aux remarquables planches de Laurent Bonneau.
© Jim et Laurent Bonneau / Grand Angle
C’est l’été, une grande chaleur, mais pas de grand ciel bleu découvert. Laurent Bonneau prend le contre-pied de la représentation habituelle de l’été et toute la BD repose sur des couleurs chaudes, orange, jaune, dans différentes teintes. C’est le jeu des ombres qui donne la lumière. Quelques touches bleutées parfois font ressortir un personnage, marquent le soir venant dans ses ombres, pose une fraîcheur de fin de journée.
Le dessin réaliste de Laurent Bonneau s’affranchit d’un encrage classique. Le dessin parait finalisé au crayon, certains traits dépassent, certains plis semblent inachevés, tracés d’une salve de traits nerveux. Cet effet se renforce avec la présence du fusain, ou de cette texture nous rappelant le fusain, posé sur les corps, les décors. Cette technique se rehausse de l’emploi de couleurs là aussi marquant quelques volumes, des fines nappes de rouge dans le soir tombant, du violet sur des maisons dans le paysage de fond, des bandes de jaunes délimitant un volume dans une pièce.
Laurent Bonneau ne pose pas d’aplat de noir, mais travaille au trait pour nuancer ses zones sombres de quelques touches de couleur. La composition des planches joue sur un découpage minimal. Même pour accélérer le rythme, Laurent Bonneau ne décompose pas l’action en de multiples cases. Il prend l’espace nécessaire pour mener la narration construite avec Jim. Cases panoramiques, bandes de deux cases alternant avec des dessins de plus grande ampleur, sur une demi-page ou une page. Nous sommes avec les personnages, que ce soit en gros plan, ou dans une vision d’ensemble alors qu’ils avancent au milieu d’une foule. Nous les suivons pas à pas dans leur doute et leur conviction.
La mise en scène joue sur les plans fixes où les personnages bougent dans le champ, les avancées pour se rapprocher d’un objet ou d’une action en cours, les changements d’angles quand on suit le trio, pour attirer nos regards ailleurs. Les mouvements sont dans la lignée du groupe, qui semble ne jamais s’arrêter et se déplace en permanence, nous emmenant avec eux.
La BD se termine par un cahier, un bel entretien mené avec Jim et Laurent Bonneau qui explique comment ils ont conçu cette histoire, comment ils ont à nouveau travaillé ensemble et ce qu’ils voulaient faire avec cette BD.
Les adieux ne durent jamais propose un beau voyage en compagnie d’un trio d’amis à l’aube d’un été qu’ils n’oublieront jamais.
328 pages – 29,99 €
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Galerie photos
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