Le 28 janvier 2026
- Scénariste : Florence Dupré la Tour>
- Dessinateur : Florence Dupré la Tour
- Genre : Chronique sociale, post-apo, Humour
- Editeur : Casterman
- Famille : BD Franco-belge
- Date de sortie : 7 janvier 2026
Florence Dupré La Tour met le récit post-apo au service du politique pour concevoir une histoire tragi-comique piquante dans laquelle les êtres humains sont devenus des proies.
Résumé : Vampire dans un monde post-apocalyptique ravagé par une épidémie de morts-vivants – appelés les moribonds –, Gabriel erre dans la région de Charleville-Mézières, où il règne sur un troupeau d’humains. Ces derniers constituent l’indispensable source d’alimentation pour Gabriel, qui ne peut pas se nourrir de zombies. Quand aux êtres humains, encerclés par les Moribonds qui ont envahi les villes, ils ont bien du mal à survivre, et sont contraints de se mettre sous la protection de celui qu’ils appellent leur « seigneur » et qui leur suce régulièrement le sang. Mais dans cette relation d’interdépendance, le rapport de force ne peut-il pas s’inverser ? C’est la question que se posent certains membres du « troupeau » de Gabriel, désireux de renverser la domination du vampire...
Critique : Bien connue pour ses bandes dessinées autobiographiques (Cruelle, Pucelle, Jumelle sans compter Jeune et fauchée qui sort en même temps que Les Moribonds), Florence Dupré La Tour fait un détour par le genre post-apocalyptique pour parler de sujets bien ancrés dans notre contemporain : les rapports sociaux de domination et le travail, dans un monde qui va mal. La métaphore fonctionne particulièrement bien. Le vampire est une allégorie du noble ou du grand patron qui suce le sang des employés placés sous sa dépendance. Dans le récit, les êtres humains auraient bien du mal à survivre sans l’intervention du vampire, capable de tuer aisément les Moribonds et d’apporter de la nourriture au petit groupe. Toutefois, et comme le sait bien tout communiste, la force du patron-vampire ne tient qu’à la force de travail (ici, la force vitale) des personnes placées sous sa domination. Sans son troupeau, Gabriel sait qu’il est démuni, car la région ne recèle plus vraiment de survivants humains : il est donc contraint de protéger son « troupeau », même lorsque celui-ci lui désobéit, ou tente d’instaurer un rapport de force…

- Les Moribonds, DUPRE LA TOUR ©Casterman, 2026
Si Les Moribonds est éminemment politique, c’est également un récit très drôle, marqué par un comique de caractère – des états d’âme du vampire à la bêtise de certains hommes en passant par la vieille dame sage qui fait office de psychologue à Gabriel – et de situation. Florence Dupré La Tour s’en donne à cœur joie et invente des situations cocasses : ingurgité par les êtres humain, le sang de vampire stimule la sexualité et conduit à des orgies (le troupeau peut donc se reproduire). On retient également le caractère jouissif de l’inversion des rôles, lorsque le puissant Gabriel est réduit à faire les travaux des champs à la place de son troupeau tire-au-flanc qui comprend que le « seigneur » est en réalisé dépendant d’eux…

- Les Moribonds, DUPRE LA TOUR ©Casterman, 2026
Sur le plan graphique, Florence Dupré La Tour joue sur les clichés de la bande dessinée de genre dans ses décors – zombies, château médiéval, vampire avec sa cape et ses crocs acérés – et propose un dessin stylisé (les personnages sont aisément reconnaissables mais peu détaillés) porté par des aplats de couleurs vives.
Allégorie des rapports de domination sociale, Les Moribonds est également un récit drôle mené avec un réel sens de la mise en scène par Florence Dupré La Tour, dont on connaît désormais bien le talent.
96 pages – 21,95 €
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Galerie photos
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