Le 5 avril 2026
- Scénariste : Juliette Hayer>
- Dessinateur : Juliette Hayer
- Genre : Fantastique, Chronique sociale
- Editeur : Sarbacane
- Famille : Roman graphique
- Date de sortie : 4 mars 2026
Le premier album d’une jeune autrice prometteuse, qui explore la question de l’exploitation au travail en mobilisant astucieusement le genre horrifique.
Résumé : Charlotte est une jeune femme qui trouve un job étudiant dans une boulangerie, en attendant d’obtenir une résidence d’écriture pour mener à bien son projet. Elle découvre un travail difficile, au rythme et aux horaires contraignant, avec une manageuse particulièrement autoritaire. Ses collègues, davantage expérimentées, espèrent que Charlotte tiendra plus longtemps que ses prédécesseures. Mais alors qu’elle prend ses marques, la jeune femme assiste à des événements pour le moins étranges : la pâte s’infiltre et dégouline dans les canalisations, comme si elle était vivante…
Critique : Pour son premier album, Juliette Hayer investit avec originalité le thème de la précarité de la jeunesse – Charlotte doit travailler pour vivre, et ce boulot l’aspire progressivement alors qu’elle a d’autres aspirations professionnelles – et de la souffrance au travail. Pour ce faire, elle investit le genre du fantastique avec une pointe d’horreur, pour filer une métaphore graphique efficace. Celle-ci est incarnée par la pâte à pain, qui prend vie sous les yeux de Charlotte (mais pas de ses collègues ?) lorsqu’elle travaille à la boulangerie. Cette pâte qui salit les lieux et attaque les corps représente la souffrance au travail de la jeune femme, que ses collègues ne semblent plus percevoir, tant ils l’ont intériorisée.

- © Juliette Hayer / Sarbacane
Cette idée, intéressante, est bien traitée tout au long d’un album dominé par une élégante bichromie bleue et rouge. Le dessin, réalisé au crayon, possède une véritable « pâte », si l’on ose dire. Les choix de mise en scène s’avèrent également astucieux, avec l’absence totale d’intervalle entre les cases – juste un trait épais – qui renforce la dynamique du récit et la sensation d’oppression dont l’héroïne est victime.

- © Juliette Hayer / Sarbacane
Si le récit aurait pu pousser un peu plus loin le curseur du fantastique pour renforcer la charge dramatique et l’aspect thriller de l’album, Levure s’avère une lecture très plaisante, qui rend compte de façon originale de problématiques sociales, avec une chute bien sentie. Une belle découverte.
112 pages – 22 €
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Galerie photos
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