Le 3 janvier 2026
- Scénariste : Michael Sanlaville>
- Dessinateur : Michaël Sanlaville
- Genre : Drame, Thriller
- Editeur : Glénat
- Famille : BD Franco-belge
- Date de sortie : 7 janvier 2026
Un thriller mené plein gaz qui vire au drame familial, réalisé par Michaël Sanlaville, co-auteur de Lastman.
Résumé : Août 2023. Une famille de vacanciers, composé d’un couple et de leurs trois filles – l’adolescente Jolène, la turbulente Samantha et la petite Mila – avale les kilomètres d’autoroute pour descendre vers leur lieu de villégiature. En voiture, la famille tue le temps comme elle le peu, jusqu’à ce que tout bascule. Après avoir franchi une série de tunnels, le GPS du véhicule ainsi que les téléphones ne répondent plus. Tout à coup, un bolide noir les dépasse à toute vitesse, et le conducteur casqué les interpelle avec une étrange verve, sans que quiconque puisse le comprendre. Puis un deuxième véhicule les dépasse tout aussi vite, avant d’être renversé par un autre véhicule. Apeurée, la famille ne comprend plus rien, et s’arrête sur ce qui semble être une aire de repos pour faire le point. Ce n’est que le début du cauchemar…
Critique : Véritable thriller qui se lit d’une traite, Tunnels rapproche les univers a priori assez éloignés de la course automobile et du récit de vacances pour livrer une histoire en huis clos, où les principaux personnages sont les cinq membres de la famille, piégés dans une boucle spatio-temporelle infernale. Le récit va crescendo : la première scène représente la famille en train de casser la croûte sur l’aire de repos d’une autoroute, l’occasion pour le lecteur de faire connaissance avec les personnages : la petite Samantha apparaît bagarreuse, Jolène préfère rester sur sa console plutôt que de faire les kilomètres nécessaires à la validation de sa conduite accompagnée, etc. Mais c’est lorsque la situation dramatique se noue que les personnages se révèlent véritablement : le père panique et s’avère incapable de prendre de véritable décision, quand Jolène – apparemment assez fade – se décide à conduire sur cette route infernale… Tunnels met sous tension ses personnages – et le lecteur – sur ces routes qui semblent ne jamais finir jusqu’à ce que le récit bascule à nouveau. Michaël Sanlaville surprend par cette rupture – que nous ne révèlerons pas pour ne pas gâcher la lecture – et nous entraîne en dernier lieu sur la route plus intime du drame familial.

- © Michaël Sanlaville / Glénat
Le dessin de Sanlaville repose sur une ligne claire avec un trait fin, des personnages expressifs représentés de façon réaliste – la représentation des émotions est vraiment réussie – et des aplats de couleurs. La vitesse est essentiellement représentée graphiquement par le son qu’émettent les bolides. Les voitures s’entrechoquent, sortent de piste et prennent feu, ce qui donne lieu à plusieurs scènes assez spectaculaires. L’inspiration des courses automobiles est totalement assumé, avec un relent de Mad Max, le désert et la poussière en moins.

- © Michaël Sanlaville / Glénat
La dernière partie du récit, beaucoup moins mécanique, s’arrête sur la question de la perte d’un être cher, et donne une dimension de parabole à cette histoire, qui pourra satisfaire certains lecteurs ou, au contraire, les laisser sur leur faim. En effet, si la situation familiale trouve une résolution, rien n’explique la situation dans laquelle la famille s’est subitement retrouvée. Ce n’est pas le propos de l’auteur, qui préfère la mise en scène à l’explication cartésienne des événements. Tunnels n’en reste pas moins une lecture plaisante grâce au sens de la mise en scène de Michaël Sanlaville.
168 pages – 24 €
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