Le 5 avril 2026
- Genre : Drame, Science-Fiction
- Editeur : Kinaye
- Famille : Comics
- Date de sortie : 10 avril 2026
Une petite touche d’amitié et de simplicité dans une monde d’IA.
Résumé : Pour finir ses études et un projet qui doit lui ouvrir les portes d’un job de rêve dans une grande entreprise de robotique, Mari est rentrée vivre dans la maison de ses parents décédés, à la campagne. Pour l’aider, elle créé un robot intelligent, qu’elle nomme Joy...
Critique : Ce one-shot traite d’un sujet qui semble à la fois d’actualité et rebattu, l’IA. Toutefois, Joy a su mettre en évidence des émotions que l’on pourrait qualifier de base : épuisement, dépression, deuil, regret et amitié. Cette lise non-exhaustive paraît longue, mais chacune de ces émotions ne s’inscrit pas dans un chapitre mais bien dans l’oeuvre dans son ensemble, tous dilués et jamais abordés de manière frontale, si ce n’est l’amitié qui justement s’impose par la violence, à la fin de cet ouvrage jusque là plutôt lent. Cette lenteur mérite d’ailleurs des éloges, tant l’autrice ne cherche jamais à précipiter les choses, mais plutôt à les imposer sur le long terme. Le temps d’un été, dans un village qui fait penser au Japon rural, on côtoie donc Mari qui s’épuise à travailler, peu à peu soulagée des tâches domestiques par le robot Joy se révèle très rapidement plus qu’attachant. La dépression latente - entre deuil mal achevé et surménage professionnel - que l’héroïne subit est un prétexte pour à la fois évoquer ce que pourrait être l’IA (un facilitateur du quotidien plus qu’un remplaçant des métiers créatifs) et l’humanité des robots (thème cher à la science-fiction, même s’il n’y a pas de Blade Runner dans cet album...)
© Kinaye / Cirillo
Dans un style à la Calvin et Hobbes, Serena Cirillo laisse vivre son duo de la même manière : petites scènes quotidiennes, avec un intérieur rassurant et un extérieur propre aux courtes aventures, mais surtout des traits furtifs, qui proposent beaucoup avec peu. La tête du robot est d’ailleurs une réussite, avec ce look qui n’aurait pas dépareillé sur un bon jeu vidéo du début des années 2000, mélange de fun et de kawaï qui impose ce protagoniste aussi bien dans le coeur de Mari que dans celui du lecteur. Doux grâce à des traits teinté de bleu ou de rouge, le dessin veut faire la part belle au soleil, à l’espoir et aux petites attentions de la vie, ce qui est en décalage avec l’univers froid et morbide qui entoure généralement les robots et l’IA dans la science-fiction.
© Kinaye / Cirillo
Science-fiction chaleureuse ou anticipation positive, Joy est un court récit qui va un peu à l’encontre des présupposés du genre pour créer une histoire pas si éloignée de nous, dans le temps et dans le cœur.
176 pages – 12,90 €
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Galerie photos
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